(Montréal) Avec une victoire vendredi soir face au Toronto FC au stade Saputo, le CF Montréal entamerait le dernier tiers de son calendrier en très bonne position dans sa lutte pour une qualification aux séries éliminatoires dans l’Association Est de la MLS. Cela, malgré une multitude de matchs joués sous grande tension, qui ont parfois mené à des dénouements crève-cœur.

Michel Lamarche La Presse Canadienne

Depuis le 12 mai, alors qu’elle avait blanchi l’Inter Miami CF 2-0, la formation montréalaise a disputé 16 parties d’affilée qui ont pris fin par un écart d’un but ou moins (5-6-5).

La dernière séquence du genre en MLS qui a été aussi longue remonte aux saisons 2013 et 2014. Les Earthquakes de San Jose avaient alors participé à 17 rencontres consécutives se terminant par un écart d’un but ou moins, entre le 8 septembre 2013 et le 17 mai 2014.

La formation californienne avait au moins pu bénéficier d’une pause de quatre mois et demi entre les septième et huitième matchs, un luxe que n’a pas eu le CF Montréal, pour qui le phénomène est une affaire hebdomadaire.

Pour donner une petite idée à quel point leurs matchs sont âprement disputés, les porte-couleurs du CF Montréal ont joué pendant exactement deux minutes avec une avance de deux buts depuis leur victoire du 12 mai contre Miami, et pendant 39 minutes avec un recul de deux buts.

Pour le reste, soit que le score était égal, soit que l’une des deux formations détenait une avance d’un but.

Par ailleurs, le CF Montréal n’a joué que pendant 17 minutes avec une priorité de trois buts cette saison, lors du tout premier match du calendrier, contre le Toronto FC à la mi-avril. En contrepartie, elle n’a jamais fait face à un tel recul en 2021.

Bref, le CF Montréal ne surclasse personne au tableau indicateur, mais il a le mérite de batailler partie après partie et ce, du début à la fin. Avec la pression qui accompagne de tels matchs pour les joueurs et l’entraîneur-chef.

« Il n’y a pas longtemps, je disais aux gars que j’ai hâte de vivre un match où les dernières minutes, on va dire, je peux être tranquille, assis sur mon banc. Non, c’est notre histoire. On doit tout faire à fond, on n’a pas beaucoup de marge », a reconnu Wilfried Nancy lors de sa visioconférence en prévision du duel contre les grands rivaux de la formation montréalaise.

Selon Nancy, ce sont souvent de petits détails qui vont modifier l’issue d’une partie. Il est donc important, jour après jour, de s’attarder avec les joueurs sur le côté psychologique.

« Mentalement, ce n’est pas évident, mais c’est pour ça qu’on essaie d’être dans une énergie positive à chaque fois avec le groupe pour qu’il avance et qu’on fasse quand même de bons matchs », a mentionné l’entraîneur-chef du CF Montréal

« On n’a pas été déclassés par les équipes et je pense qu’on a surclassé quelques équipes par rapport à notre façon de faire malgré qu’on n’ait pas gagné les matchs. Effectivement, c’est quand même éprouvant mentalement, mais ça fait partie du métier. C’est pour ça que ce n’est pas facile, ce métier-là, en tant que joueur. »

De l’avis du défenseur Zorhan Bassong, les joueurs pourraient rendre les fins de matchs plus simples en se bâtissant un coussin qui leur donnerait une plus grande marge de manœuvre.

« En tant que joueur, le meilleur des scénarios serait de marquer le plus rapidement possible, le plus de buts possible pour être capable, je ne veux pas dire de relaxer parce qu’il faut jouer le match pendant 90 minutes à fond, mais de gérer le match un peu mieux. »