(Londres) L’Angleterre assume les attentes croissantes. Le Danemark est alimenté par la résilience.

Rob Harris Associated Press

Les émotions seront vives au Wembley Stadium avant même le coup d’envoi de cette demi-finale de l’Euro, mercredi.

Il y aura un moment pour se souvenir de l’incident le plus déchirant du tournoi et du joueur qui ne jouera pas pour le Danemark.

L’équipe d’Angleterre a signé un maillot numéro 10 au nom de Christian Eriksen qui sera remis au capitaine du Danemark Simon Kjaer, par son homologue anglais Harry Kane.

Les Anglais étaient dans un autobus se rendant à Londres depuis leur base d’entraînement pour se préparer à leur match initial, le 12 juin, lorsque Eriksen s’est effondré sur le terrain, contre la Finlande. Il a dû être réanimé avec un défibrillateur.

« Nous l’avons vu sur les écrans, a dit le défenseur anglais Kieran Trippier, un ancien coéquipier d’Eriksen, avec Tottenham. Le plus important, c’est qu’il prend du mieux. »

Ce qui est peut-être le plus remarquable, c’est que pendant qu’Eriksen se remet de son arrêt cardiaque, le Danemark a réussi à atteindre les demi-finales pour la première fois depuis sa victoire inattendue au Championnat d’Europe de 1992.

« Ces quatre dernières semaines ont donné assez d’émotions pour toute une vie, a déclaré le sélectionneur danois, Kasper Hjulmand. Nous avons affronté la mort d’une manière que je n’aurais jamais souhaité. »

Après avoir perdu leurs deux premiers matchs, les Danois semblaient au bord de l’élimination. Mais ils se sont habitués au changement de formation de 4-2-3-1 à 3-4-3 et ont battu la Russie lors de leur dernier match de groupe, avant d’écarter le pays de Galles et les Tchèques.

Kasper Dolberg a marqué trois buts, Pierre-Emile Hojbjerg a été excellent en milieu de terrain et Kasper Schmeichel a fait preuve de leadership, bien au-delà des arrêts qu’il a faits.

PHOTO DEAN MOUHTAROPOULOS, AP

Pierre-Emile Hojbjerg

« Avec tout ce que nous avons vécu depuis le premier match, d’être là où nous en sommes maintenant est assez remarquable, a confié le milieu de terrain danois Christian Norgaard.

« Nous avons parfois dû nous pincer pour réaliser ce que nous avons accompli. »

Du côté anglais, on a le sentiment qu’on doit réussir d’une façon inédite depuis la dernière fois où ils ont atteint une finale à la Coupe du monde de 1966.

« Nous avons fait une très bonne progression au fil des ans, a dit Trippier. J’ai parlé à certains des plus jeunes avant le tournoi et je leur ai dit, “n’ayez pas peur. Profitez-en car ces occasions ne se présentent pas trop souvent”. »

La base des progrès de l’Angleterre a été en défense : aucun but encaissé en cinq matchs, dont un seul a été joué à l’extérieur du Wembley Stadium — la victoire de 4-0 face à l’Ukraine samedi, à Rome.

Trippier a dit que se joindre à Atletico Madrid et d’être guidé par Diego Simeone l’a aidé à s’améliorer en tant que défenseur.

« Simeone veille à ce que vous agissiez comme défenseur avant tout. Sinon, vous le saurez dans le vestiaire, a mentionné Trippier. J’ai dû me battre beaucoup dans ma carrière, j’ai eu beaucoup d’adversité. Il s’agit de rebondir et de se mettre au défi. »