Le CF Montréal renoue avec l’action mercredi soir, après un long – et inhabituel – arrêt de trois semaines et demie au quart de la saison.

Frédérick Duchesneau
Frédérick Duchesneau La Presse

Psychologiquement, la pause dont émerge le CF Montréal était la bienvenue pour tous. Physiquement, toutefois, elle représentait un certain défi pour le personnel. « Un petit casse-tête à résoudre », pour reprendre les mots utilisés par le préparateur physique du club, Jules Gueguen.

Rappelons que la formation de Wilfried Nancy a disputé son dernier match le 29 mai, un gain de 1-0 à Chicago.

La gestion de la suite a donné lieu à « beaucoup de réflexions » à l’interne, en raison du contexte dans lequel se trouve le CF Montréal jusqu’à nouvel ordre.

D’abord, qu’ils rentrent à la maison ou qu’ils demeurent en Floride, combien de temps de repos comptait-on allouer aux joueurs ?

« Entre trois et cinq jours, c’est l’idéal sur le plan physique, indique Jules Gueguen. Mais on s’est dit que les gars avaient peut-être besoin de plus de temps parce qu’on est dans une situation particulière. On est loin, et même si on est dans des conditions confortables à Fort Lauderdale, il y a une espèce de pression psychologique d’être toujours dans un environnement clos. Donc, finalement, on a donné un peu plus de temps pour vraiment libérer de cette pression. »

Quelques jours « sans trop réfléchir foot », donc. Ensuite, chaque joueur avait un plan à suivre. Une transition en vue du retour à plein régime.

« Le but était de donner un programme aux joueurs qui représente de 60 à 75 % d’une semaine type. Par exemple, les gars qui jouent un match courent entre 35 et 42 km dans une semaine type. Donc, de 60 à 75 % de ça, sur trois ou quatre entraînements, pour que quand ils reviennent, il y ait eu un maintien », explique Gueguen.

Même logique pour les autres aspects de l’entraînement, tels les sprints, « pour garder les ischiojambiers bien loadés ».

Sur un match, les Brault-Guillard, Bayiha, Bassong et Kizza vont produire de 300 à 400 m de sprint, environ 650 m pendant une semaine, fait savoir le préparateur physique.

L’idée générale était donc de demander de tout, avec un volume un peu moindre, avant de relancer la machine.

Machine qui a été redémarrée plus intensément depuis le retour des troupes en Floride, il y a deux semaines. Sur le coup, Gueguen n’était d’ailleurs plus sûr de la date exacte…

« Je suis perdu, on dirait que c’est toujours lundi depuis qu’on est ici. J’ai l’impression qu’il n’y a plus de jours dans la semaine. »

Par ailleurs, l’autre partie du défi était d’avoir un œil à distance sur les Piette, Brault-Guillard, Lappalainen et Kizza dans leurs équipes nationales respectives. Sur leur temps de jeu, notamment.

« Pour que quand on revient, on soit tous sur la même longueur d’onde », résume Jules Gueguen.

Un désavantage supplémentaire

Évidemment, on n’est pas repassés par tous les cycles du retour de la saison morte. Une pause de 25 jours n’a pas les mêmes implications qu’un arrêt de trois mois. Les dernières semaines relevaient davantage du recalibrage, disons.

« Ce n’est pas habituel, les circonstances sont un peu particulières, mais les gars savent comment on s’entraîne. On pousse très fort à l’entraînement, donc ils savent aussi que si jamais de leur côté, il y a un truc qui n’est pas fait, ils vont être à risque. Ils sont top là-dessus », affirme le préparateur physique, qui n’a donc pas craint de laisser-aller pendant la pause.

Cela dit, le CF Montréal (3-3-2) redémarrera néanmoins avec un désavantage par rapport à ses opposants. Un autre, devrait-on dire, causé par l’exil.

Les clubs américains auront profité de l’arrêt pour jouer des matchs hors concours. Deux, voire trois, dans le cas du D.C. United (4-5-0), adversaire des Montréalais ce mercredi.

Au contraire, pour les joueurs de Nancy, il n’y aura pas eu de reboot de 60 ou 75 minutes en vraie situation de jeu.

En outre, le club reprend le collier avec deux matchs en quatre jours. « Ça va enchaîner costaud », lance Gueguen.

Au moins, l’équipe entre dans une longue phase de matchs disputés en soirée. En matinée, le taux d’humidité atteint souvent déjà les 97 % à Fort Lauderdale, note le préparateur physique.

À moins de modifications à son calendrier, la prochaine rencontre de jour du CF n’aura pas lieu avant le 12 septembre. Il reste à voir si, rendu là, elle sera disputée au stade Saputo…

Qui est Jules Gueguen ?

Jules Gueguen, 33 ans, est préparateur physique du CF Montréal pour une deuxième saison, après avoir occupé les mêmes fonctions à l’académie du club. Il détient un baccalauréat en intervention en activité physique de l’UQAM, une maîtrise en sciences, science du sport et psychologie sportive de l’Université de Lund, en Suède, et un diplôme universitaire en évaluation et préparation physique de l’Institut national du sport, en partenariat avec l’Université de Poitiers, en France.