(Saint-Pétersbourg) La Pologne de l’attaquant star Robert Lewandowski a chuté pour son entrée en lice face à la Slovaquie (2-1), lundi à Saint-Pétersbourg, une défaite qui compromet son objectif de se qualifier pour les 8es de finale de l’Euro.

Alexis HONTANG Agence France-Presse

À l’image de son équipe réduite à dix durant la dernière demi-heure, la vedette du Bayern Munich risque de longtemps ruminer ce match raté.

Ce revers face à la nation la moins huppée du groupe E contraint les Blanc et Rouge à réussir un exploit contre l’Espagne ou la Suède sous peine d’être éliminés d’emblée.

Le sélectionneur Paulo Sousa, nommé en janvier, devra vite trouver une solution pour faire briller Lewandowski, qui n’a eu aucune situation favorable à se mettre sous la dent.

« Nous sommes tous déçus. Robert a semblé seul à certains moments du match, surtout en première période, a concédé l’ancien entraîneur de Bordeaux. Il faut rester positif, il y a encore six points à prendre. »

Mais son équipe quitte la Russie avec plus de doutes que de certitudes.

La Slovaquie lui a donné une leçon de réalisme et de solidarité, avec une organisation qui lui permet d’envisager à nouveau les 8es de la compétition, comme en 2016.

Sifflets à la mi-temps

« Pour moi, ce n’est pas le résultat le plus important, mais plutôt montrer de quoi on était capable. On a joué un football de grande qualité, avec humilité », s’est réjoui le sélectionneur Stefan Tarkovic.

Le défenseur de l’Inter Milan Skriniar (69e) a scellé sur corner le succès de la « Repre », qui a ouvert le score sur un but contre son camp du gardien polonais Wojciech Szczesny (18e), à la suite d’un slalom de Robert Mak.

Entretemps, les Blanc et Rouge ont égalisé par Karol Linetty (46e), à contre-courant de la rencontre.

Pour résumer les 45 premières minutes des Polonais, il suffisait d’entendre les huées qui ont accompagné le retour au vestiaire d’une équipe loin des attentes de ses supporters.

Avec Marek Hamsik en chef d’orchestre inspiré, la Slovaquie a développé le jeu à sa guise, en neutralisant Lewandowski d’un côté, et avec des contres rapides de l’autre.

Mak y a ajouté une touche de glamour, avec un petit pont sur Bartosz Bereszynski qui lui a ouvert le chemin du but, sur son côté gauche.

Sa frappe, dans un angle fermé, a heurté le poteau avant de ricocher sur le gardien Szczesny, qui a dévié la balle dans ses filets (18e).

D’un tir puissant de trente mètres (27e), juste au-dessus de la barre transversale, Juraj Kucka a laissé passer un nouveau frisson dans le camp polonais, trahi par sa défense.

C’est pourtant celle-ci qui lui avait permis de sortir de son groupe à l’Euro-2016 : la Pologne n’avait alors encaissé aucun but.

Skriniar buteur

Dans le football, l’adage dit que tout va très vite : moins de trente secondes après le début de la seconde période, des joyeux « Polska » ont remplacé les sifflets entendus plus tôt.

Linetty a égalisé sur la première frappe cadrée de son équipe, à la reprise d’un centre de Maciej Rybus.

Mais le regain polonais n’a duré qu’un quart d’heure, jusqu’à l’expulsion de Grzegorz Krychowiak (62e), à la suite de deux avertissements, qui a été le tournant du match.

La Slovaquie a repris l’avantage sur un corner mal dégagé par la défense polonaise : à la retombée du ballon, au point de penalty, Skriniar a fait mouche d’une belle reprise de volée.

« On avait préparé un plan pour contrer Skriniar sur les coups de pied arrêtés. Sur ce corner, on l’a oublié, je ne sais pas pourquoi », a reconnu Sousa.

En fin de match, la Pologne a tenté d’égaliser, mais ni Kamil Glik (87e), ni Jan Bednarek (90e), ni Karol Swiderski (90e + 2) n’ont trompé la vigilance de Martin Dubravka.

Lewandowski n’a même pas eu de ballon à gérer. Lui et son coach Sousa, qui n’a gagné qu’un seul des six matchs de son mandat démarré en janvier, se dirigent déjà vers un flop.