(Rome) Avec le soutien de tifosi privés de stade depuis plus d’un an et une énorme envie, l’Italie a parfaitement lancé son Euro en dominant largement la Turquie (3-0) vendredi soir lors du match d’ouverture à Rome.

Anthony LUCAS Agence France-Presse

Cette Italie renaissante, rebâtie depuis trois ans par Roberto Mancini sur les ruines de la qualification manquée pour le Mondial 2018 qui a traumatisé toute une génération de supporters azzurri, a tenu ses promesses en gagnant à sa façon : avec de l’enthousiasme, celui du capitaine Giorgio Chiellini n’hésitant à pas à attaquer, du jeu et des buts.

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Domenico Berardi (à gauche), Leonardo Bonucci et Giorgio Chiellini (à droite) célèbrent après que le défenseur turc Merih Demiral ait marqué dans son propre but, en deuxième demie.

La Turquie de Şenol Güneş, meilleure défense des éliminatoires (avec la Belgique, 3 buts), était pourtant un vrai piège, mais elle a sans doute été punie par un manque d’ambition dans le jeu, clairement venue à Rome pour tenter de préserver un point.

La tactique a fonctionné pendant 45 minutes, mais la défense turque a craqué au retour des vestiaires, trahie par l’un de ses joueurs évoluant en Serie A, Merih Demiral : le défenseur de la Juventus a trompé son propre gardien (à la 53minute). Sur un centre venu du côté droit de Domenico Berardi, le ballon a rebondi sur le torse du défenseur turc pour tromper son gardien Uğurcan Çakır.

Berardi dans tous les coups

L’Italie, elle aussi libérée, a pris le large avec Ciro Immobile (à la 66minute), pour son premier but en sélection dans ce Stadio Olimpico qu’il fréquente en club avec la Lazio, puis avec Lorenzo Insigne (à la 79minute). Sur ces trois buts, la marque de Domenico Berardi, l’ailier de Sassuolo, qui a été le véritable détonateur d’une Italie qui a marqué pour la première fois trois buts dans un Euro.

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L'Italien Ciro Immobile a marqué le second but des siens à la 66minute.

La soirée est parfaite pour Roberto Mancini : ses trois attaquants ont fait le plein de confiance en marquant, sa défense n’a plus pris de buts depuis désormais 9 matchs consécutifs (pour 28 marqués !) et son Italie reste sur 28 matchs sans défaite.

Voilà une jolie façon de démarrer l’Euro où l’Italie arrive avec la volonté de tester ses ambitions, après des qualifications sans fausse note (10 victoires en 10 matchs), mais peu de matchs contre de grandes nations pour se jauger.

Avec une composition sans surprise, et donc sans Marco Verratti, encore en phase de reprise après sa blessure en mai au genou, l’Italie a rapidement mis la main sur le match. C’était le scénario attendu : des Turcs regroupés derrière, face à des Italiens maîtres du ballon et tentant de trouver un trou de souris pour passer.

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La déception se lisait sur le visage du défenseur turc Kaan Ayhan après la défaite de son équipe.

Berardi, préféré à Federico Chiesa sur l’aile en ce début de tournoi, s’est montré d’entrée : sa délicieuse passe pour Lorenzo Insigne n’a toutefois pas été convertie par l’attaquant de Naples (18e), ni son centre repris de la tête, mais de peu à côté par Ciro Immobile (33e).

Pas de pénalité

Le capitaine Chiellini, très haut pour faire le surnombre au milieu, quasiment dans le rôle de l’absent Verratti, n’a pas non plus économisé ses efforts pour ce qui sera peut-être son dernier tournoi. Et il aurait même pu débloquer le match de la tête, mais il a trouvé les gants du gardien turc Uğurcan Çakır (22e).

Juste avant la pause, les Italiens ont réclamé, en vain malgré l’intervention de la VAR et la bronca de l’Olimpico, un tir de pénalité sur un centre de Leonardo Spinazzola qui a touché le bras écarté de Zeki Çelik. Mais l’arbitre n’est pas revenu sur sa décision.

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Des partisans italiens célébrant la victoire de leur équipe, au Stadio olimpico de Rome

Et la Turquie dans tout ça ? Gianluigi Donnarumma n’a guère eu à s’employer que pour écarter un centre dangereux de Burak Yılmaz (35e) puis une tentative de Cengiz Ünder en contre (51e), juste après son entrée en jeu à la mi-temps. Hakan Çalhanoğlu, lui, a râlé envers sa défense qui a eu trop tendance à balancer sans chercher à construire.

Une fois l’Italie passée devant, la Turquie a tenté de réagir, mais sans avoir les moyens d’exister face à une telle équipe, en confiance, bien décidée à ne rien lâcher.

Berardi, Chiellini et les autres pouvaient s’en aller cueillir les félicitations des tifosi avec le sentiment du devoir accompli : l’Italie est bien de retour.