Les Whitecaps de Vancouver n’ont vraiment pas dominé ce match contre le CF Montréal.

Frédérick Duchesneau
Frédérick Duchesneau La Presse

Mais la formation de l’Ouest canadien en fait sa spécialité. Elle a marqué sur tir de pénalité, puis sur coup de pied de coin en deuxième demie et c’en était fait. Vancouver a compté ses cinq buts sur phase arrêtée depuis le début de la saison.

C’est une rare maladresse de Kamal Miller dans la surface qui a ouvert la porte aux Whitecaps. Le Colombien Cristian Dájome n’a pas raté cette chance sur penalty, à la 57minute, battant un Clément Diop qui n’avait alors reçu aucun tir depuis plus d’un match et demi.

Wilfried Nancy a alors réagi promptement avec un triple changement. Il a expliqué après le match avoir voulu injecter de la fraîcheur, dans l’espoir d’obtenir plus de courses en profondeur et d’énergie.

« J’ai senti que les gars avaient un peu moins de rythme que d’habitude. En même temps, sur le côté droit, je voulais amener un peu plus de vitesse et de percussion et être un peu plus chirurgical devant le but », a-t-il soutenu.

Mathieu Choinière, qui n’avait pas joué depuis plus d’un an, est rentré pour Clément Bayiha sur la droite, alors qu’Erik Hurtado et Lassi Lappalainen ont remplacé Romell Quioto et Bjørn Johnsen à l’avant.

Mais, une quinzaine de minutes plus tard, Cristian Dájome, encore lui, portait un dur coup à Montréal en piquant une solide tête derrière Diop, qui n’a pu que constater les dégâts.

Joaquín Torres a ensuite disputé ses premières minutes avec le CFM en remplaçant Djordje Mihailovic.

Dans les derniers instants, Lassi Lappalainen a marqué pour Montréal… mais un bras d’Erik Hurtado sur la séquence a engendré l’invalidation du but.

Score final : 2-0 Vancouver, au Rio Tinto Stadium de Sandy, en Utah, résidence temporaire des Whitecaps.

Un arrêt important de Crépeau

Le club montréalais avait pourtant bien entamé la deuxième mi-temps – résultat d’« une bonne discussion avec les joueurs », a fait savoir son entraîneur-chef – après une première demie plutôt tranquille.

Comme deux boxeurs, les clubs se sont longuement étudiés en début de rencontre.

Le premier tir n’est venu qu’à mi-chemin de la demie initiale, tenté par le CFM.

Cela dit, Montréal aurait dû s’inscrire au pointage. Tout juste avant la demi-heure de jeu, Bjørn Johnsen – qui remplaçait Mason Toye, blessé – s’est retrouvé seul devant Maxime Crépeau à la suite d’une énorme bévue défensive des Whitecaps.

Le gardien québécois a volé son ancienne équipe en anticipant parfaitement la manœuvre du grand attaquant, qui aurait toutefois pu faire mieux.

Par la suite, Montréal a lentement pris l’ascendant dans cette demie, sans toutefois pouvoir le concrétiser.

Le CFM est donc blanchi pour un deuxième match de suite. Tracassé, Wilfried Nancy ? Oui et non.

« Bien sûr, ça me préoccupe, mais je dois être juste, on se crée quand même des occasions. Maintenant, il faut les mettre, surtout celles qui sont vraiment claires et nettes. Parce qu’aujourd’hui, c’est sûr que si on met une des occasions que l’on a en première mi-temps, ce n’est pas le même match. »

Aucun doute, une référence ici à Bjørn Johnsen, qui n’a pas fait le travail à son premier départ à Montréal.

« C’est encore trop tôt » pour parler de craintes en ce qui a trait à la production offensive, a toutefois poursuivi Nancy, qui a dit avoir bon espoir de voir les siens « renverser la tendance ».

« Il y a des moments comme ça », a-t-il résumé à ce sujet.

« Je ne dirais pas que c’est une panne. Deux matchs sans marquer, c’est un peu excessif de parler de léthargie, a pour sa part commenté Erik Hurtado. On a marqué six buts en quatre matchs, donc plus d’un par match. Je pense qu’on est OK. »

Conditions défavorables

Wilfried Nancy est un homme calme. Mais sa contrariété était néanmoins perceptible lorsqu’il a été invité à revenir sur les conditions dans lesquelles sa troupe a disputé ce match.

« Ça fait une grosse différence », a-t-il noté à propos du vol de près de cinq heures qu’a dû faire son club vendredi, sans compter les deux heures de décalage horaire. Et l’altitude.

« Ce n’est pas une excuse, mais c’est un fait », a-t-il ajouté, soulignant qu’il ne diminuait pas le crédit de l’adversaire pour autant.

Samuel Piette n’était pas titularisé pour un deuxième de match de suite, ennuyé par une contusion au pied, mais était disponible sur le banc. Amar Sejdic a de nouveau pris son rôle en milieu de terrain.

Le CF Montréal montre maintenant une fiche de 1-1-2.

Question classique : faut-il voir le verre à moitié plein ou à moitié vide ?

À moitié plein : une seule défaite.

À moitié vide : un seul point sur une possibilité de six contre les équipes qui n’avaient pas joué le mercredi précédent…

Mais l’échantillon est encore trop mince.

Le prochain match aura lieu mercredi, à 19 h 30, contre l’Inter Miami CF, au DRV PNK Stadium, où le CF Montréal dispute ses rencontres « à la maison ».

Bref, bien qu’il sera comptabilisé dans la colonne « à l’étranger », ce sera à la fois un match à domicile et sur la route pour le CFM. En quelque sorte.