Samuel Piette l’avoue sans détour : il s’est posé un certain nombre de questions quand Thierry Henry lui a proposé d’évoluer à une position autre que celle de milieu de terrain la saison dernière. Avec du recul, Piette affirme aujourd’hui que la bonne relation qu’il dit avoir entretenue avec l’ancien entraîneur-chef de la formation montréalaise, ainsi qu’avec ses adjoints, l’a aidé à s’habituer à ce nouveau rôle.

Michel Lamarche
La Presse Canadienne

« Quand Thierry m’a donné ces nouvelles missions, comme le changement de position et le fait de jouer un peu plus haut, c’est sûr qu’au début, tu es un peu choqué en tant que joueur et tu te poses des questions : “Pourquoi moi, pourquoi là, etc.” », a déclaré Piette lors d’une visioconférence qui a suivi la toute première journée du camp d’entraînement du CF Montréal, lundi, au Complexe sportif Marie-Victorin.

« Mais avec la bonne relation que j’ai eue avec lui, j’ai pu discuter, apprendre certains trucs autant techniquement que tactiquement et surtout, de savoir ce qu’il voulait de moi à ce poste-là. Ça n’a pas été une situation où il m’a dit “je te place là et débrouille-toi”. Ç’a vraiment été une évolution tout au long de l’année avec lui, avec Kwame [Ampadu], avec Wilfried [Nancy], d’apprendre de mes matchs, de mes bons coups et mes moins bons coups. [Henry] m’a vraiment appuyé là-dedans, lui et son staff, pour me mettre dans les meilleures conditions possibles, parce qu’au final, s’il m’a mis à cette position-là, c’était pour le bien de l’équipe. Évidemment, il voulait que j’aie du succès », a ajouté Piette.

Le Québécois de 26 ans, qui pourrait bien hériter du titre de capitaine du CF Montréal à la suite du départ du défenseur Jukka Raitala, a eu suffisamment de succès dans ce rôle pour marquer le tout premier but de sa carrière. Il s’agissait de l’éventuel filet victorieux dans un gain de 4-2 à Vancouver, le 13 septembre.

Le but avait comblé de joie Thierry Henry, tous ses coéquipiers et, bien sûr, le principal intéressé. Celui-ci a tellement aimé la sensation qu’il espère la revivre en 2021.

« Avec mon but l’an dernier, ça m’a ouvert l’appétit d’en marquer encore plus, a admis Piette. On verra bien cette année, que ce soit Wil ou un autre entraîneur, à quel point je vais évoluer parce que plus tu es haut sur le terrain, plus tu as de chances et que c’est facile. »

C’est sûr que de marquer encore cette année, peu importe la position, et d’en marquer pas juste un, mais deux, trois, ce serait vraiment une bonne saison en termes de statistiques.

Samuel Piette

Bien sûr, l’objectif fondamental de Piette dépasse le tableau des statistiques individuelles.

« Au niveau collectif, c’est de faire les séries encore une fois cette année. On va voir avec le format, ça va ressembler à quoi. Normalement, ce sont les sept premières équipes dans l’Est. C’est possible de ne pas terminer neuvième, mais septième et encore plus haut. Je pense que ce serait mission accomplie au niveau collectif. »

Plus ou moins surpris

Il aurait été plausible de penser que Piette aurait joué un rôle semblable avec le CF Montréal en 2021, mais le départ de Henry change possiblement la donne. Un départ, soit dit en passant, qui a plus ou moins étonné Piette.

« Évidemment, quand la rumeur est tombée avec Bournemouth, le calcul se faisait relativement bien avec la saison qu’on a eue l’an dernier. Nous, les joueurs, étions au courant qu’il n’avait pas eu la chance de voir sa famille et de passer du temps avec eux. »

Chacun ici, chaque joueur, chaque membre du staff a ses raisons personnelles ; pour lui, c’était la famille en premier. On est vraiment très déçus de le perdre, mais on respecte son choix et on le comprend, surtout.

Samuel Piette au sujet de Thierry Henry

En attendant que le directeur sportif Olivier Renard complète le processus pour nommer un successeur, Wilfried Nancy sera responsable du groupe à l’entraînement. Or, si jamais Renard devait arrêter son choix sur Nancy pour remplacer Henry, on sent que Piette serait un homme heureux.

« J’aime beaucoup Wil. J’ai commencé à travailler avec lui quand j’avais 15 ans avec l’équipe provinciale, il a fait partie de l’académie et avec les jeunes joueurs, il est vraiment capable de voir les forces et les faiblesses et de très bien transmettre le message aux joueurs. Il ne fera jamais de crise à l’endroit des joueurs et il expliquera son point calmement et d’une très bonne manière. J’ai confiance en Wil. Je sais qu’il est en charge présentement, et nous verrons ce que l’avenir réserve, à lui et à l’équipe. Mais je sais qu’il a le respect des joueurs. »

Des 41 joueurs invités à participer au camp du CF Montréal, on en comptait environ 25 lundi, selon la direction de l’équipe. Certains des absents doivent respecter une quarantaine avant de se joindre au groupe.