Maxime Crépeau s’était ennuyé des terrains, des ballons et de ses coéquipiers. Même si le contexte est particulier, avec des séances individuelles et une distanciation physique de trois mètres – ou 10 pieds, le retour à l’entraînement des Whitecaps de Vancouver est le premier pas vers un semblant de normalité.

Pascal Milano Pascal Milano
La Presse

« Ça a vraiment fait du bien de retrouver le terrain même si le centre d’entraînement est fermé en tant que tel, dit le gardien à propos de sa journée de mardi. Juste retrouver le terrain, les ballons, notre équipement… Ce n’est pas optimal, mais c’est la première étape avant de retrouver le terrain avec des petits groupes de joueurs. »

Accompagnons Crépeau au fil de cette journée.

De son logement au sud de Vancouver, tout près de Richmond, il n’a qu’à rouler une quinzaine de minutes pour se rendre aux terrains d’entraînement situés à l’Université de la Colombie-Britannique (UBC). Il doit se stationner en gardant une distance d’une voiture et demie avec celle de ses coéquipiers. En sortant, il enfile un masque aux couleurs du club qui couvre le nez et la bouche.

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À peine arrivé aux terrains d’entraînement des Whitecaps de Vancouver, situés à l’Université de la Colombie-Britannique, Maxime Crépeau doit s’arrêter pour qu’on prenne sa température avant de sauter sur le terrain.

« On monte la côte qui mène aux terrains et là, déjà, on prend ta température. On nous donne une bouteille d’eau qui est déjà désinfectée, on se lave les mains avec du gel, puis on te donne la veste qui comprend le GPS », poursuit-il.

Par la suite, direction la pelouse. Chaque joueur se voit assigner un quart de terrain dans lequel faire des exercices prédéterminés. Il ne peut pas y avoir plus de huit joueurs en même temps sur les deux terrains. Aucune circulation de balle n’est permise entre les joueurs, présents sur une base volontaire. Il est également interdit de prendre un ballon avec les mains ou de faire une tête.

Dans ces conditions, que peut faire un gardien ? « J’ai fait beaucoup de jeu de pied, de coordination et de rapidité pour ne pas trop en perdre. J’en avais fait sans le ballon [durant la pause d’entraînement], mais [mardi] j’ai pu combiner les deux et ça a vraiment fait du bien. On a aussi un gros filet de rebond [rebounder]. Honnêtement, j’étais raqué le lendemain. »

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Une fois sur le terrain d’entraînement, chaque joueur se voit assigner un quart de terrain dans lequel faire des exercices prédéterminés. Aucune circulation de balle n’est permise entre les joueurs.

À la fin de sa séance, Crépeau quitte le terrain sans passer par le quart utilisé par l’un de ses coéquipiers. « C’est là où tu dois remettre ton masque. Tout l’équipement est ensuite désinfecté à 100 % avant que le second groupe n’arrive », précise-t-il.

Peu de sorties

Crépeau est très peu sorti de chez lui depuis que la Colombie-Britannique a décrété l’état d’urgence dans la province à la mi-mars. Il a bien fait quelques courses à pied, mais il réservait surtout ses sorties pour des marches ou pour aller à l’épicerie.

Comme les autres équipes, les Whitecaps avaient mis en place un suivi virtuel.

On a eu des Zoom Workouts [des entraînements physiques par visioconférence] trois fois par semaine pendant qu’on était en confinement. Tout le monde était connecté de 9 h 30 à 10 h 15 pour l’échauffement, puis chacun avait son propre programme à suivre par la suite.

Maxime Crépeau

« Les mardis et jeudis, par exemple on avait des exercices cardiovasculaires, comme la course ou le vélo stationnaire qui nous avait été livré, explique-t-il. On avait le dimanche de congé. »

L’entraîneur Marc Dos Santos a aussi glissé quelques séances tactiques pour que ses ouailles n’oublient pas les principes offensifs et défensifs. Au mois de mars, après une saison 2019 « de misère », l’équipe s’était d’abord inclinée contre le Sporting de Kansas City avant d’obtenir une victoire sur le terrain du Galaxy de Los Angeles.

« Les nerfs ont fait en sorte qu’on n’a pas su être à la hauteur contre le Sporting. Ce n’était pas à l’image de ce qu’on avait fait en présaison et on n’a pas suivi notre philosophie, regrette Crépeau. C’était un peu décevant parce qu’on voulait bien démarrer chez nous. À Los Angeles, on a retrouvé nos bases défensives et offensives. Je pense qu’ils n’ont eu que deux occasions. »

Cet hiver, les Whitecaps ont fait l’acquisition d’une dizaine de joueurs, dont l’attaquant canadien Lucas Cavallini. Les frais de transfert s’établiraient autour de 8,5 millions de dollars canadiens. Un nouveau directeur sportif, l’Allemand Axel Schuster, a également été nommé.

« Les joueurs qui sont restés se connaissent et on sait mieux comment jouer ensemble, indique Crépeau, l’un des éléments les plus constants des Whitecaps en 2019. La qualité du groupe est montée d’un niveau avec les dernières additions. Autant sur le terrain qu’à l’extérieur, ce sont des bons gars qui travaillent et qui ont la bonne mentalité. J’ai hâte que la saison reprenne. »

Il y aura bien des étapes avant la reprise du championnat. En attendant, le déconfinement s’est tranquillement amorcé en Colombie-Britannique. En milieu de semaine, la province avait enregistré 132 décès liés à la COVID-19 et ne comptait plus que 385 cas actifs.

« On voit la lumière au bout du tunnel », positive Crépeau.