Écarté des séries lors des trois dernières saisons, l’Impact compte sur son illustre entraîneur, Thierry Henry, et un groupe très peu remanié pour mettre fin à cette séquence. Tour d’horizon.

Pascal Milano Pascal Milano
La Presse

Place à Clément Diop

La grande bataille du camp d’entraînement a donc été remportée par Clément Diop aux dépens d’Evan Bush. Le changement de garde que l’on avait vu en fin de saison dernière s’est confirmé lorsque le Français a été préféré à l’Américain pour le duel aller-retour face au Deportivo Saprissa.

Diop n’a pas déçu en se montrant décisif à de multiples reprises lors du match aller au Costa Rica. Moins occupé au Stade olympique, il a cependant effectué les sorties et les arrêts nécessaires afin de permettre à l’Impact de se qualifier pour les quarts de finale.

Son calme et sa présence ont rassuré ses coéquipiers. À 26 ans, l’ancien membre du Galaxy de Los Angeles semble prêt à finalement disputer la première saison complète de sa carrière.

Malgré toutes ses faiblesses dans son jeu au pied, son positionnement ou dans le jeu aérien, Bush a toujours su se relever de matchs ou de passages difficiles. À bientôt 34 ans, il doit, pour l’instant, accepter un changement de rôle sur le terrain, tout en conservant son rôle de leader dans le vestiaire.

Une copie défensive à revoir

Pas de grande révélation ici : à moins d’avoir une attaque explosive pour équilibrer le portrait, il est extrêmement difficile de participer aux séries en accordant 60 buts par saison. L’Impact a notamment encaissé trois buts ou plus dans neuf rencontres l’an dernier. Ce serait réducteur de tout mettre sur le dos des défenseurs, mais la copie devait être revue.

PHOTO PAUL CHIASSON, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

Rod Fanni

En charnière centrale, Rod Fanni, revenu en fin d’année 2019, apportera son expérience et son calme lors des situations critiques. À ses côtés, c’est déjà l’hécatombe avec les blessures de Rudy Camacho (genou) et de Jukka Raitala (péroné). Si l’Impact change de système pour revenir avec quatre défenseurs, Fanni sera donc associé à Luis Binks en charnière centrale.

Âgé de 18 ans, le défenseur anglais, qui pourrait être la belle surprise du printemps, est loué pour son intelligence de jeu, son assurance et la qualité de sa relance. Contre Saprissa, il a aussi montré beaucoup de maturité. Joel Waterman, actuellement troisième dans la hiérarchie, apporte aussi un peu de polyvalence puisqu’il peut évoluer comme défenseur central et milieu défensif.

Sur les côtés, le changement est complet avec les départs de Daniel Lovitz et de Bacary Sagna, le défenseur le plus régulier en 2019. Jukka Raitala, qui a principalement évolué à ce poste en avant-saison, ratera jusqu’à 12 semaines. À défaut d’un grand apport offensif, il représente une valeur sûre. En son absence, Jorge Corrales sera titulaire. À droite, Zachary Brault-Guillard devra absorber les rigueurs d’une première saison comme titulaire au sein d’une équipe première. Il a cependant reçu de belles leçons de Sagna, l’an dernier.

Même recette au milieu

Si un secteur n’a pas évolué, c’est bien celui-là. Samuel Piette connaît bien son rôle dans la récupération et dans la relance, mais il sait qu’il doit parfois se montrer plus offensif dans ses choix.

PHOTO PAUL CHIASSON, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

Samuel Piette

Saphir Taïder a connu quelques périodes plus difficiles l’an dernier, mais son influence reste capitale au cœur du jeu. Shamit Shome a connu une belle progression l’an dernier en termes de temps de jeu (de 249 minutes en 2018 à 1627 minutes), mais son apport offensif reste encore perfectible. En Ligue des champions, on a également vu que Henry pourrait compter sur Amar Sejdic.

Du talent sur les ailes

Ça se bouscule chez les ailiers entre Lassi Lappalainen, Orji Okwonkwo, Romell Quioto et Ballou Jean-Yves Tabla. Même Maxi Urruti a été déplacé sur le côté droit à Saprissa.

Le rapide Finlandais, arrivé au cœur de l’été, a offert de bonnes prestations avec 5 buts en 11 rencontres, dont 8 titularisations. Il devra néanmoins apprendre à mieux gérer ses efforts pour ne pas décliner, comme ce fut souvent le cas, lors des deuxièmes mi-temps.

Okwonkwo, malgré une nette tendance à l’inconstance d’une mi-temps à l’autre, saura-t-il passer un autre palier en atteignant, par exemple, les 10 buts ? Blessé au Costa Rica, il pourrait rapidement revenir au jeu.

Quioto, 28 ans, est le plus expérimenté du lot avec une cinquantaine de sélections avec l’équipe du Honduras et quelques bons moments sous les couleurs du Dynamo de Houston.

PHOTO JOHN DURAN, AGENCE FRANCE-PRESSE

Romell Quioto

Finalement, Ballou, dans le jeu comme dans le comportement, devra se montrer à la hauteur des attentes placées en lui il y a quelques années.

Bojan, un rôle à débattre

Bojan a battu des records offensifs lorsqu’il évoluait dans les catégories de jeunes du FC Barcelone. Il a aussi été particulièrement précoce en inscrivant son premier but, avec l’équipe première, à l’âge de 17 ans et 53 jours. Mais malgré les promesses, il n’a jamais été un vrai numéro 9. Sa maladresse devant le but a été claire contre Saprissa.

C’est en soutien d’un attaquant, un rôle qui met en valeur sa vision du jeu, qu’il a connu ses meilleurs moments en carrière. Il devrait commencer l’année en faux numéro 9, c’est-à-dire qu’il n’hésitera pas à décrocher et à participer activement au jeu.

Ce profil pourrait bien se marier à ceux des joueurs de couloir dont la vitesse peut faire bien des dégâts.

Avec le départ de Piatti, et peu importe si son positionnement évolue au fil de la saison, Bojan est la pièce maîtresse de l’Impact sur le plan de l’animation offensive. Comme Piatti, il n’est pas du genre à haranguer ses coéquipiers, mais il doit faire la différence par son talent brut et son expérience des grands rendez-vous.

Revolution de la Nouvelle-Angleterre c. Impact de Montréal au Stade olympique, à 15 h