Ça n’a ni été particulièrement esthétique ni très spectaculaire, mais qu’importe… L’Impact a assuré l’essentiel et validé sa place pour les quarts de finale de la Ligue des champions grâce à un match nul de 0-0 face au Deportivo Saprissa, mercredi au Stade olympique.

Pascal Milano Pascal Milano
La Presse

Devant un peu plus de 21 500 spectateurs, l’Impact a joué avec sa meilleure arme du moment, soit une bonne organisation défensive. Avec le résultat nul du match aller (2-2), il faut dire que l’Impact, de nouveau aligné dans une défense à cinq, pouvait se permettre de laisser l’initiative du jeu à son adversaire.

Alors, certes, ça n’a pas donné de grands feux d’artifice avec un Impact bien regroupé dans son camp et un adversaire qui a eu le monopole du ballon. Mais, malgré ce scénario, les situations dangereuses ont été minces pour le club costaricain. Au total, l’Impact n’a accordé que deux frappes et s’est qualifié grâce au plus grand nombre de buts inscrits à l’étranger.

« Quand on regarde bien, on a souffert, mais, à part une frappe à la fin, ce sont des ballons qu’ils mettaient dans la surface très tôt et des diagonales qu’on a pu gérer, a analysé Thierry Henry. Maintenant, je le redis : Saprissa est une super équipe qui sait manœuvrer la balle. »

« L’Impact a bien joué défensivement. Même si on a eu le contrôle du match, on n’est pas parvenu à marquer. Le seul aspect qui m’a surpris, c’est que je m’attendais à voir l’Impact être plus agressif offensivement », a souligné l’entraîneur costaricain, Walter Centeno.

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Christian Bolanos (2) et Luis Binks (5)

Saprissa a effectivement eu une énorme possession de balle (70,2 %) et a effectué un grand nombre de passes dans le match (663). Derrière ces chiffres, on retrouve une autre histoire. L’Impact, dans un 5-3-2 puis dans un 5-4-1 après la pause, a bien contrôlé un adversaire qui a rarement su accélérer et trouver des espaces dans son tiers offensif.

« Oui, ils avaient beaucoup la balle, mais ils se la passaient souvent en milieu de terrain ou en défense, a précisé Henry. Ce n’est pas un problème. Ça a été beaucoup plus difficile au match aller. On savait quand même que cela allait être difficile, mais c’est là-bas qu’on a réussi à faire ce qu’on avait à faire. »

Et comme là-bas, Bojan a raté un face à face contre le gardien Aaron Cruz qui aurait pu alléger l’ambiance dès la première minute. Et comme là-bas, Clément Diop, bien que très peu sollicité, a su faire la différence au moment opportun. Son arrêt, en fin de match face à Mariano Torres a été crucial.

« Je lui fais pleinement confiance parce qu’il fait des arrêts comme ça à l’entraînement », a indiqué le milieu Amar Sejdic.

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Outre la victoire qui prolonge l’aventure et qui pourrait être le point de départ d’une autre belle épopée continentale, le match aura permis de cerner quelques caractéristiques de l’équipe de Henry. L’Impact ne sera pas l’équipe la plus talentueuse de la MLS, loin de là, ni la plus créative ou la plus spectaculaire, mais elle ne devrait pas pécher par manque de combativité.

« Les résultats montrent l’unité de l’équipe, a estimé Sejdic. Nous sommes en train de bâtir une culture forte et importante. Dans les deux premiers matchs, nous avons obtenu le résultat souhaité dans une ambiance difficile et ici, nous avons montré que nous étions prêts à nous battre jusqu’à la toute fin. »

Le déficit physique par rapport à Saprissa a été moins apparent que la semaine dernière. Il faut dire que, cette fois, Henry n’a pas eu à gaspiller ces changements pour remplacer trois joueurs blessés. Le défenseur Jukka Raitala, qui a pris un coup en première mi-temps, a cependant laissé sa place à Joel Waterman après la pause.

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Amar Sejdic (14) et Johan Venegas (7)

« On a joué contre une équipe qui nous a forcé à aller bout physiquement. À la fin, on a vu Shamit Shome qui s’étirait parce qu’il avait des crampes. Romell (Quioto) n’était aussi pas loin des crampes, a révélé Henry. Je n’ai rien à dire à mes joueurs quand ils terminent un match comme ça et qu’ils se battent comme ça, Même s’il y aura des choses qu’il faudra bien sûr corriger. »

L’aventure de Ligue des champions se poursuivra entre les 10 et 19 mars avec un duel aller-retour contre les Sounders de Seattle ou le CD Olimpia (Honduras). Le match aller aura lieu au Stade olympique. En attendant, l’Impact s’attaque à la MLS dès samedi contre le Revolution de la Nouvelle-Angleterre.