(San José) Il aurait été facile de comprendre si les joueurs de l’Impact de Montréal, de façon unanime, avaient affiché une mine déconfite après avoir concédé deux buts dans les dix dernières minutes du match aller du tournoi de la Ligue des Champions de la Concacaf mercredi soir. Or, on les sentait plutôt sereins face au portrait global de la situation.

Michel Lamarche
La Presse canadienne

Il y a dix jours à peine, l’Impact voyait Ignacio Piatti, sa pierre angulaire à l’attaque, quitter pour sa terre natale. Privé d’un vétéran de cette trempe, sans les services, en plus, de Saphir Taïder et du rapide Lassi Lappalainen, et ayant perdu Rudy Camacho, Orji Okwonkwo et Rudell Quioto en cours de route — lui qui avait joué un fort match jusque-là —, l’Impact a trouvé le moyen de quitter l’hostile environnement du stade Ricardo Saprissa avec un match nul de 2-2.

Ce verdict nul est d’autant plus méritoire que l’entraîneur-chef Thierry Henry a été forcé d’utiliser deux de ses trois substitutions disponibles avant même que la première demi-heure ne soit écoulée à la suite des blessures à Camacho et à Okwonkwo.

« La première sensation en est une de frustration », a d’abord lancé le défenseur Jukka Raitala, nommé capitaine par Henry en vue de ce duel.

« Mais, si on nous avait dit avant le match que nous aurions un résultat de 2-2, nous aurions été heureux. La première demie a été bonne, la seconde demie a été très difficile. Le Saprissa a causé beaucoup de problèmes. (Un pointage de) 2-2 est un résultat convenable. »

Ce discours était aussi celui du milieu de terrain Samuel Piette et du gardien Clément Diop.

« Sur le plan collectif, on s’est battu jusqu’à la fin, a noté Piette. C’était un premier match ensemble, dans des conditions comme celles-ci, on savait que c’était une place difficile à jouer. Évidemment, tu mènes 2-0 après une demie, tu es bien, tu es super confiant. Après, c’est dommage, les deux buts à la fin. Mais si on m’avait dit qu’on serait venu ici pour faire un résultat de 2-2, je l’aurais pris n’importe quand. Mais c’est sûr que c’est un peu décevant de se faire remonter comme ça. »

Pendant que Quioto, acquis en novembre en retour de Victor Cabrera, a montré qu’il pouvait bonifier l’attaque montréalaise, Diop a un peu repris là où il avait laissé en fin de saison dernière. En deuxième demie seulement, il a fait face à une pétarade de 18 tirs, dont 11 ont touché la cible. Johan Venegas, un ancien de l’Impact, et Ariel Rodriguez l’ont finalement eu à l’usure.

Après le match, Diop a parlé davantage de l’unité au sein de l’équipe que de son travail devant le filet.

« Ils sont chez eux, ils ont un gros public, ils sont poussés, ils savent qu’ils ont besoin de mettre des buts », a décrit Diop au sujet de la tempête qui a déferlé sur l’équipe montréalaise en deuxième demie.

« Nous, on sait qu’on a essayé de tenir. Il y a eu un peu de fatigue qui s’est installée. On a vu que c’était notre premier match officiel, mais je pense que c’est une bonne base sur laquelle il faut travailler. Vous avez vu quand on a mis le deuxième but, tout le monde est parti célébrer. C’est l’union sacrée, on a vraiment un groupe qui était uni ce soir, et ça s’est vu sur le terrain. »

Diop espère voir cet esprit de corps se prolonger match après match.

« Tous les matchs sont importants, et on aura besoin de tout le monde, quoi qu’il arrive, a-t-il souligné. Si on montre qu’on est solidaire entre nous, on pourra faire de bonnes choses et se faire plaisir, à nous et aux partisans, et faire en sorte que tous, on soit heureux de faire une bonne saison. Il faut que l'on continue comme ça, qu’on se batte avec beaucoup d’humilité et de cohésion. »

La prochaine étape aura lieu mercredi prochain au Stade olympique. Pour l’Impact, des scores nuls de 0-0 et de 1-1 lui permettraient de mériter son billet pour les quarts de finale contre le Deportivo Olimpia, une formation du Honduras, ou les Sounders de Seattle, de plus familiers rivaux.

Raitala était d’avis que l’Impact se trouve dans une bonne position à la suite de ce match nul. Reste à savoir, maintenant, si l’enceinte sportive de l’avenue Pierre-de-Coubertin sera tout aussi inhospitalière pour la formation du Costa Rica.

« Souhaitons que nos fans puissent créer la même atmosphère qu’eux (les partisans du Saprissa) aujourd’hui (mercredi). C’est un endroit où il est très difficile de jouer. Je suis heureux du résultat », a répété Raitala.