Partie en France au cours de l’été 2018, Jessica Silva a déjà gravi quelques beaux échelons du soccer féminin hexagonal. Après un passage à Orléans, où elle occupait deux postes dans l’organigramme, elle a récemment été nommée directrice technique du FC Metz, un club de première division.

Pascal Milano Pascal Milano
La Presse

« Venant de Montréal et du Canada, c’est une fierté d’être en mesure de m’expatrier et de me retrouver parmi des gens hyper compétents. Je suis très fière, mais surtout très humble, indique-t-elle au bout du fil. Je n’ai encore rien accompli. Il reste encore un grand travail devant moi. »

Avant d’ouvrir sa parenthèse française, la jeune trentenaire a occupé une multitude de rôles au Canada. Elle a notamment été directrice technique du CS Longueuil, entraîneuse au Centre national de haute performance, adjointe technique en formation et développement féminin à la Fédération, mais aussi assistante à l’Université McGill et avec trois sélections canadiennes.

C’est en passant son Brevet d’entraîneur de football (BEF) en France, en 2016, qu’elle a rencontré l’entraîneur de l’US Orléans, Farid Kebsi. Ce sera sa porte d’entrée. « Chaque année, il me demandait de venir en France », précise-t-elle. Elle fera finalement le saut, deux ans plus tard, en devenant entraîneuse adjointe de l’équipe senior qui évolue en deuxième division. Parallèlement, elle agissait à titre d’entraîneuse des moins de 19 ans. « Ça rejoignait beaucoup mon poste que j’avais à la Fédération. À Orléans, je formais les joueuses pour le prochain niveau. C’est quelque chose que j’ai toujours apprécié et c’est une étape qui est importante dans le cursus d’une joueuse. »

Le niveau en deuxième division est différent de celui au Canada. Les saisons sont beaucoup plus longues et durent de septembre à mai. Finalement, l’enjeu est différent et la culture est différente.

Jessica Silva

Arrive ensuite le premier contact du FC Metz. En l’espace de deux semaines seulement, celle qui possède également la nationalité portugaise est propulsée comme directrice technique d’un club de première division. À un peu plus de la moitié de la saison, le FC Metz pointe au dernier rang.

« Peu importe ce qui arrive en fin d’année, mon objectif est de solidifier le club pour le long terme. Le travail est à court terme, oui, mais il y a aussi cette envie de se stabiliser en première division pour le long terme. Si on doit reculer d’un pas en arrière pour en faire cinq en avant ensuite, on le fera. On a une belle opportunité de travailler collectivement pour le développement du football féminin. »

Malgré quelques difficultés dans les dernières années, l’équipe masculine du FC Metz fait partie de celles ayant disputé le plus de saisons au sein de l’élite. Son centre de formation a aussi produit quelques noms bien connus comme Sadio Mané (Liverpool) ou Miralem Pjanic (Juventus de Turin).

« Ma plus grande tâche est de prendre les leçons apprises chez les garçons et les adapter au football féminin », reconnaît-elle.

En traversant l’Atlantique, elle cherchait aussi à se retrouver dans un environnement de soccer. Selon elle, la Coupe du monde de 2019, organisée en France, a permis aux médias, mais aussi au grand public, d’être plus ouverts à l’égard du soccer féminin.

« Ça fait du bien de se retrouver dans un monde de foot. Ça se voit dans le professionnalisme, dans la manière dont les organisations sont gérées. Il y a plus de gens qui vivent et respirent le foot, autant chez les femmes que chez les hommes. »