(Montréal) Il y a deux façons de voir les choses. Si l’on se fie aux statistiques, l’Impact de Montréal disputera, le 20 novembre, son premier match éliminatoire depuis 2016. Sur le plan des émotions, le duel contre le Revolution de la Nouvelle-Angleterre sera son deuxième du genre en 12 jours.

Michel Lamarche
La Presse Canadienne

Pour de nombreux équipiers de l’entraîneur-chef Thierry Henry, ce rendez-vous avec le Revolution sera leur baptême de feu en matchs éliminatoires en MLS. Romell Quioto constitue l’une des exceptions dans le camp montréalais.

Dans un contexte difficile, compte tenu de la catastrophe naturelle qui avait frappé le Honduras quelques jours plus tôt, Quioto a offert une prestation de haut niveau dimanche, à Washington, en obtenant huit des 21 tirs de l’Impact vers le filet rival.

Son but inscrit à la 88e minute, a mené l’Impact à un gain de 3-2 contre D. C. United.

« C’était une finale, c’était tout ou rien, a fait remarquer Quioto en entrevue à La Presse Canadienne.

« C’est ce qui va arriver lors des prochains matchs des séries. Quand tu donnes tout ce que tu as, tu obtiens des résultats et c’est ce que nous voulons répéter au prochain match et, si Dieu le veut, lors des prochains. »

Comme l’Impact, Quioto n’a pas souvent goûté à la fébrilité des éliminatoires au cours des dernières années. En fait, le Hondurien de 29 ans n’a vécu l’expérience qu’une seule fois en carrière en MLS, en 2017, avec le Dynamo de Houston.

Cette année-là, Houston s’était rendu jusqu’à la finale de l’Association Ouest, contre les Sounders de Seattle.

« Ces séries avec Houston ont été une très belle expérience et j’en garde de très bons souvenirs », s’est rappelé Quioto.

« Ce que je veux partager avec mes coéquipiers, c’est la beauté de jouer de tels matchs, avec des enjeux importants. Ce sont des matchs sans lendemain. »

Ceux qui ne croient pas Quioto lorsqu’il parle de la beauté de ces matchs n’ont pas été témoins de sa performance contre D. C. United. Non seulement a-t-il réussi le filet décisif, il a contribué directement aux deux autres.

Sa passe savante a permis à Bojan de se retrouver, ballon au pied, devant un filet grand ouvert et de porter le score 1-1 à la 13e minute.

À la 74e minute, Quioto a récidivé avec un coup de pied de coin que Victor Wanyama a redirigé dans la lucarne, de la tête.

« J’étais vraiment sûr de pouvoir placer le ballon là où un de mes coéquipiers allait en profiter. Quand j’ai vu Victor s’élever pour marquer ce but, ç’a été un moment de grande joie », a-t-il décrit.

Du coup, l’Impact venait d’effacer un autre déficit d’un but et de se donner un deuxième souffle après des moments d’inquiétude.

« Ce but a eu un effet stimulant, au niveau de la confiance, de l’optimisme, estime Quioto. Même que physiquement, ç’a donné de l’énergie au groupe et ça nous a permis de terminer le match en beauté. »

Un anniversaire

Le match contre le Revolution coïncidera avec le premier anniversaire de l’acquisition de Quioto. Moins d’une semaine après l’arrivée en grandes fanfares de Thierry Henry à Montréal, le directeur sportif Olivier Renard annonçait qu’il avait mis la main sur Quioto en retour du défenseur Victor Cabrera et d’un montant d’allocation générale de 100 000 $ US.

La nouvelle n’avait pas tapissé les unes des médias, mais pour Quioto, elle a eu l’effet d’une délivrance. Et pas seulement parce qu’il savait qu’il jouerait sous les ordres de Henry.

« J’ai été très heureux d’apprendre la nouvelle de l’échange à Montréal, et j’ai même eu envie d’en pleurer de joie. Tout ce que je voulais à ce moment-là, c’était de jouer. La destination m’importait peu, je voulais avoir cette chance de prouver ce dont j’étais capable. À ce moment-là, c’était la meilleure nouvelle que je pouvais recevoir. »

Face au Revolution, l’Impact et Quioto retrouveront une équipe qu’ils ont croisée quatre fois déjà en 2020. La formation montréalaise a défait le Revolution 2-1 lors du match d’ouverture au Stade olympique, mais a perdu les trois suivants.

« Ils en savent beaucoup sur nous, nous en savons beaucoup sur eux. Il y a aura de la pression sur les deux équipes, mais je crois qu’il y en aura beaucoup sur eux », estime le défenseur central Luis Binks.

« Ils nous ont battus lors de nos trois derniers matchs, mais il s’agit d’un match de grande importance. Si nous pouvons franchir cette étape, ça nous apportera une grande dose de confiance. »

Il est d’ores et déjà assuré que l’Impact sera privé du milieu de terrain québécois Samuel Piette, qui a écopé un carton rouge dans les derniers moments du match de dimanche. Aussi, Wanyama, un Kényan, et le défenseur finlandais Jukka Raitala pourraient aussi être absents puisqu’ils auront quitté le continent nord-américain dans les jours précédents pour participer à des matchs avec leur sélection nationale.

Par ailleurs, l’Impact se retrouvera face à un rival qui compte un plus grand nombre de joueurs ayant déjà participé à des matchs éliminatoires en MLS.

« Au-delà de la différence d’expérience entre les deux équipes, nous sommes très conscients de ce qui est en jeu et chacun des joueurs va tout donner. À partir du moment où le match commence, c’est tout ce qui importe », a affirmé Quioto.