À force de camper le rôle de nomades dans la MLS, les joueurs de l’Impact de Montréal commencent peut-être à se sentir chez eux sur les terrains adverses.

Michel Lamarche
La Presse Canadienne

Bojan a trouvé le fond du filet sur un penalty à la 74e minute de jeu et l’Impact a renversé le Crew de Columbus, la meilleure formation de la MLS avant le début de la journée, par le score de 2-1 mercredi soir au Mapfre Stadium.

Bojan s’est vu accorder ce penalty grâce à l’assistance vidéo à l’arbitrage, après qu’il eut été accroché dans la surface de réparation quelques minutes plus tôt. Même si le gardien Andrew Tarbell avait bien deviné en plongeant à sa gauche, Bojan est parvenu à loger le ballon tout juste hors de portée du gardien du Crew pour son deuxième but de la saison.

Lassi Lappalainen, avec son 4e à la 24e minute, a réussi l’autre but de l’Impact. Gyasi Zardes, à la 45e minute de jeu, a été le seul du Crew à déjouer Clément Diop, qui a réalisé quatre arrêts devant le filet de l’Impact.

Lappalainen, qui devait quitter Columbus immédiatement après le match en compagnie de Jukka Raitala pour rejoindre la sélection nationale de la Finlande, s’est blessé à une épaule à la 60e minute de jeu et a été remplacé par Maximiliano Urruti. Après la rencontre, il n’a pas été possible d’en savoir davantage sur la gravité de la blessure.

PHOTO KYLE ROBERTSON, ASSOCIATED PRESS

Lassi Lappalainen a marqué le premier but de l’Impact.

Ce gain permet à l’Impact (6-8-2) de rejoindre les Red Bulls de New York au septième rang du classement, avec 20 points. Les hommes de Thierry Henry joueront dimanche prochain contre l’Union de Philadelphie.

Non seulement Bojan a causé la première défaite du Crew à domicile en 2020, mais il a poursuivi son excellent travail des récents matchs, alors qu’il semble avoir trouvé une vitesse de croisière.

« Nous connaissons les qualités qu’il possède », a déclaré le milieu de terrain Victor Wanyama au sujet de Bojan. « Il travaille fort et il sait ce qu’il peut apporter à l’équipe. Il est un joueur très important et depuis les trois ou quatre derniers matchs, il a montré qu’il peut jouer au meilleur de ses capacités. »

L’Impact a de nouveau dû se débrouiller sans Romell Quioto (adducteur), Saphir Taïder (quadriceps), Orji Okwonkwo (ischiojambier) et Emanuel Maciel (hernie sportive). Au moins, les défenseurs Luis Binks, après une absence d’un match en raison d’un carton rouge, et Jorge Corrales (cheville) ont fait partie de la formation de départ.

Dans de telles circonstances, Thierry Henry aurait sans doute eu raison de célébrer une victoire que peu d’observateurs auraient osé prédire. Mais comme il en a vu d’autres dans sa carrière sportive, il essayait de garder la tête froide.

On est en situation où tous les matchs, on a l’impression de les jouer à l’extérieur, même si ce que font les Red Bulls pour nous, c’est vraiment extraordinaire.

Thierry Henry, au sujet de la collaboration de l’équipe du New Jersey pour rendre la vie plus facile à l’Impact

« Mais on ne rentre pas à la maison après les matchs, a ajouté Henry. Ce n’est pas évident. Il y a des blessés qui sont revenus, donc certainement, ça aide quand je peux faire rentrer des mecs offensifs. Qu’on continue à travailler, qu’on essaie de gagner deux matchs d’affilée, ce serait bien aussi. Mais ça fait du bien au moral parce qu’encore une fois, on retourne à l’hôtel. On ne rentre pas à la maison. »

Départ canon

Même s’il était encore une fois privé d’éléments clés en attaque, l’Impact n’a paru nullement complexé dans les premiers instants de la rencontre.

Le club montréalais est venu à un cheveu d’ouvrir la marque avant même que la troisième minute ne soit entièrement écoulée. Amar Sejdič a vu son tir frapper la tige verticale à la droite de Tarbell après que Bojan eut sauté sur un ballon devenu libre près de la surface de réparation, après un revirement du Crew.

L’Impact a continué de donner du fil à retordre à ses rivaux et ses efforts ont porté leurs fruits à la 25e minute. Après une remise en touche de Zachary Brault-Guillard à Lappalainen en zone centrale, le Finlandais a servi une belle passe vers l’avant que Bojan a récupérée avant de décocher un puissant tir qui a abouti sur la barre transversale.

Lappalainen, qui suivait près derrière, s’est emparé du rebond et a effectué un premier tir, de la tête, qui a été bloqué par un défenseur adverse, avec Tarbell hors position. Un autre retour est revenu à Lappalainen qui, cette fois, a logé le ballon dans un filet grand ouvert pour son troisième but à ses quatre dernières sorties.

Le Crew a égalé le score tout juste avant la fin de la première demie, sur une séquence habilement amorcée par Pedro Santos et qui s’est conclue sur un centre de Milton Valenzuela que le défenseur Luis Binks a fait dévier sur le torse de Zardes. Le ballon a abouti dans le filet à la gauche de Diop, qui n’y pouvait rien.

Après avoir joué un rôle important dans les deux meilleures chances de marquer des siens en première moitié de rencontre, Bojan a touché la cible avec un peu plus d’un quart d’heure à jouer au match, pour donner l’avance aux siens.

L’Impact a résisté pendant les 16 dernières minutes du temps réglementaire et cinq minutes additionnelles lors des arrêts de jeu, malgré un bourdonnement incessant du Crew en zone montréalaise.