(Rome) Le forfait de Naples face à la Juventus Turin dimanche, à la suite de deux cas de Covid-2019 dans l’effectif napolitain, risque de lui valoir une défaite 3-0 sur tapis vert et a ouvert une nouvelle crise dans le football italien.

Anthony LUCAS
Agence France-Presse

À 20 h 45 (15 h 45 HE), heure du coup d’envoi maintenue par les instances sportives italiennes, les joueurs de la Juventus étaient là, les arbitres aussi et même une poignée de supporteurs.  

Mais pas les Napolitains, restés à l’isolement chez eux. Le club du sud de l’Italie assure ne pas avoir obtenu l’autorisation des autorités sanitaires locales pour faire le déplacement et avait demandé le report.  

Naples est la première équipe à ne pas se présenter sur le terrain, pour un match maintenu, en raison du coronavirus, dans les cinq grands championnats européens. Il y avait eu un cas de forfait en août lors d’un match de tour préliminaire de Ligue des champions : le club kosovar Drita n’avait pu disputer son match et avait eu match perdu contre Linfield (Irlande du Nord).

Au regard des règles adoptées cette semaine par les instances sportives, Naples pourrait perdre le match sur tapis vert 3-0.  

La rencontre a officiellement été déclaré terminée après 45 minutes d’absence constatée des Napolitains. Le résultat est maintenant entre les mains du juge sportif de la Ligue, qui doit se prononcer mardi.  

Au moins 13 joueurs

Selon la Ligue italienne, le protocole sanitaire actuel devait permettre à Naples d’aligner une équipe, en dépit des deux cas positifs (les milieux Eljif Elmas et Piotr Zielinski). Les mesures, prévoyant des tests réguliers, sont « applicables à la situation du Napoli » et ont déjà permis la tenue d’autres matchs, a-t-elle dit.

La Ligue a endossé cette semaine les règles de l’UEFA prévoyant qu’un match pouvait avoir lieu à partir du moment où une équipe disposait de 13 joueurs sains, dont un gardien. Selon ce protocole, une équipe qui n’est pas en mesure de présenter le nombre de joueurs requis perd sur tapis vert.

Seule dérogation possible : si un club abrite un foyer actif de COVID-19 avec plus de dix nouveaux cas positifs en une semaine, il peut solliciter un report, mais une seule fois dans la saison.

C’était le cas du Genoa, où 17 joueurs ont été déclarés positifs en une semaine et dont le match prévu samedi contre Torino a été reporté. Mais pas celui de Naples.  

Au protocole sanitaire sportif s’opposent toutefois, aux yeux du Napoli, les instructions sanitaires des autorités locales : c’est sur la base d’un courrier de l’autorité sanitaire de la région de Campanie que le club du président Aurelio de Laurentiis, un habitué des coups d’éclat, a décidé de ne pas faire le déplacement.

Bras de fer

Le bras de fer désormais attendu sur l’interprétation des règles sanitaires, entre protocoles sportif et locaux, pourrait avoir de grandes conséquences sur la suite de la saison.

« De Laurentiis m’a envoyé un message avant le match pour demander le renvoi, je lui ai dit que la Juventus s’en tenait aux règlements », a expliqué sur Sky Sport le président de la Juventus Andrea Agnelli.

« Nous avons des protocoles clairs, en cas de positivité, nous les appliquons », a-t-il ajouté, alors que le club turinois a lui-même enregistré deux cas positifs (pas de joueurs, ni de membres du staff technique et médical).

Pour le comité scientifique chargé de conseiller le gouvernement, les autorités sanitaires locales sont compétentes sur le suivi des cas de COVID-19.  

Le ministre des Sports Vincenzo Spadafora a appelé à faire « prévaloir l’intérêt supérieur de la santé », un message qu’il a promis de répéter lundi aux présidents de la Fédération et de la Ligue qu’il doit rencontrer.

Naples avait été placé sous surveillance renforcée depuis l’annonce, lundi, de cas groupés au Genoa, son dernier adversaire. Les joueurs devraient rester à l’isolement deux semaines, selon les médias italiens. Ceux qui devaient rejoindre des sélections pour les matchs internationaux devraient donc rester à Naples.