« Il n’y avait aucune solution possible qui nous permettait de faire plaisir à plus de 5 % de nos membres. » C’est ainsi que le président de l’Impact de Montréal, Kevin Gilmore, a relativisé l’annonce de son club, jeudi, voulant qu’un maximum de 250 personnes soit permis au stade Saputo dès le 25 août, en conformité avec les exigences de la Santé publique.

Jean-François Téotonio Jean-François Téotonio
La Presse

Ce faisant, la MLS deviendra le premier sport professionnel au Canada à reprendre ses activités devant un public.

Il n’y avait évidemment pas de solution parfaite, pandémie oblige. Mais cette annonce, au-delà d’une certaine évolution dans la reprise normale des activités sportives, n’a pas fait que des heureux.

C’est que les billets, accessibles en premier lieu seulement aux membres du club et dans un système de mise aux enchères, sont vendus à partir de 50 $. Les abonnés décident alors du prix qu’ils sont prêts à débourser, et le système d’attribution des places les informe des chances d’en obtenir une pour le match. Selon une vidéo mise en ligne par le partisan Benoit Marquette sur Twitter, pour assurer son accès au match, il devait débourser 250 $ pour un billet.

« La réalité est la suivante : on a seulement 250 billets à vendre, explique Kevin Gilmore. Il y a des gens qui disent qu’on devrait prioriser l’ancienneté. On a tellement plus de membres qui sont ici depuis le début qu’on a de billets qu’on est incapables de satisfaire tous nos membres. En effet, 95 % de nos membres ne seront pas satisfaits. »

« C’est un système qui a un prix de base à 50 $ par billet, ajoute-t-il. Mais les gens peuvent miser ce qu’ils veulent. À la fin de la journée, la décision sur le prix, ce n’est pas la nôtre, c’est celle des partisans. »

Nombre de ces partisans ont exprimé leur mécontentement quant à cette façon de faire sur les réseaux sociaux, jeudi après-midi.

Myriam, entre autres, dénonce le fait que, pour deux billets à 225 $, elle paie le prix de ses billets d’abonnement. « Non merci », écrit-elle.

Tout de même, au milieu des insatisfaits, le partisan Alain Beauregard concède que « les circonstances sont exceptionnelles ».

Le président de l’Impact rappelle que la pause forcée des activités de la MLS a fait en sorte que les revenus du club avaient été pratiquement nuls cette saison.

« À part les matchs au Stade olympique [en Ligue des champions de la CONCACAF], on n’a eu aucune source de revenus. Comme vous le savez, on a une entente avec les joueurs [selon laquelle] ils sont payés pour l’année. On a un staff qu’on a gardé jusqu’au début de juillet, après on a fait quelques coupes. À un certain point, on doit regarder l’aspect revenu. C’est quelque chose qui entre en ligne de compte. »

Si les 250 places ne sont pas déjà toutes vendues, le grand public pourra tenter sa chance à compter de samedi, 20 h, jusqu’à lundi midi.

Par ailleurs, l’Impact espère pouvoir élargir éventuellement la capacité permise de partisans. L’expérience de mardi prochain lui permettra pour l’instant de vérifier l’efficacité des protocoles mis en place.

« On a eu des consultations avec la Santé publique pour voir s’il y avait ouverture » pour accueillir plus de partisans, indique Kevin Gilmore. « Ce qu’on s’est fait dire, c’est que, présentement, on était limités à 250, ce qu’on comprend entièrement. De notre côté, c’est aussi une façon de commencer avec 250, de s’assurer que tout ce qui est en place livre ce qu’on doit livrer. »

« Avant d’accueillir plus de gens, il faut commencer par accueillir des gens. »

L’Impact accueillera les Whitecaps de Vancouver le mardi 25 août, puis le Toronto FC le 28 août. Les deux équipes se retrouveront au BMO Field de Toronto le 1er septembre, puis seront de retour au stade Saputo le 9 septembre. L’Impact voyagera en Colombie-Britannique pour y affronter les Whitecaps le dimanche 13 septembre et le mercredi 16 septembre.

Les trois matchs du Bleu-blanc-noir contre son rival torontois seront diffusés au ciné-parc Royalmount, au coût de 65 $ plus taxes par voiture.