(Munich) Le grand patron du Bayern Munich Karl-Heinz Rummenigge est furieux contre l’un des entraîneurs de jeunes du club, dont les propos présumés racistes sur un réseau social ont entraîné mercredi l’ouverture d’une enquête de la police munichoise.

Agence France-Presse

Ces propos « ne correspondent absolument pas avec les valeurs que le club défend », a fulminé jeudi Rummenigge, président exécutif du conseil d’administration de l’équipe de Munich.

Il y aura « des conséquences », prévient le président

L’enquête interne du Bayern est presque terminée et le président de l’équipe a promis que cet incident aurait « des conséquences », juste avant de s’envoler pour Lisbonne où son équipe se prépare à son quart de finale de Ligue des champions vendredi contre Barcelone.

Cette affaire m’énerve, je dois le dire haut et fort, parce qu’il ne faudrait pas oublier que nous sommes un club qui s’est toujours engagé contre le racisme ».

Le patron du Bayern Munich Karl-Heinz Rummenigge

Mardi, la chaîne régionale de télévision WDR avait révélé le contenu d’une discussion en ligne d’un entraîneur d’une des sections de jeunes, dont le nom n’a pas été révélé. L’homme y tenait des propos à connotation raciste.

Le suspect a d’abord assuré que ces extraits étaient des faux, avant d’admettre qu’il était bien l’auteur des messages mis en cause, selon le quotidien Bild.

La police munichoise a ouvert une enquête, après l’envoi au club de quatre lettres anonymes de parents de joueurs depuis 2018, dénonçant des incidents racistes.  

Club fondé par des juifs en 1900, « aryanisé » en 1933

La section jeunesse accueille des joueurs de 9 à 19 ans et aucun détail n’a été donné sur le niveau auquel se sont déroulés les incidents.

Le Bayern Munich, tout comme son rival national Dortmund, fait partie des clubs qui se sont engagés depuis longtemps contre toute forme de discrimination.  

En juin, peu après le décès aux États-Unis de George Floyd, un homme noir asphyxié par un policier, toute l’équipe munichoise était arrivée à l’échauffement avant des matchs importants avec des t-shirts portant le slogan des manifestants antiracistes aux États-Unis « Black lives matter » et l’inscription « Carton rouge au racisme ».

Avant l’affaire Floyd, le Bayern avait déjà lancé en mars une grande campagne antiraciste, à la suite d’incidents isolés dans les stades allemands.

L’histoire même du club est liée avec celle des discriminations. Fondé par des juifs allemands en 1900, le Bayern a été « aryanisé » à l’avènement du régime hitlérien en 1933, tous les dirigeants et joueurs juifs en étant exclus.

Considéré néanmoins par les nazis comme « le club des juifs », le Bayern a périclité pendant la guerre et il lui a fallu attendre deux décennies après le second conflit mondial pour redevenir une équipe de premier plan en Allemagne.