Après une pause de plus de trois mois causée par la pandémie de COVID-19, la Premier League, le championnat de soccer le plus suivi au monde, reprendra son envol mercredi après-midi.

Pascal Milano Pascal Milano
La Presse

Le match entre Aston Villa et Sheffield United lancera un sprint de cinq semaines durant lesquelles 92 matchs seront joués à huis clos. De nombreux changements ont aussi été apportés sur le terrain comme en dehors.

Un protocole strict

Des mesures strictes seront en vigueur lors des matchs de Premier League. Par exemple, seulement 300 personnes seront admises dans les stades à chaque rencontre.

À l’intérieur, trois zones ont été définies : la rouge, l’ambre et la verte. La zone rouge, qui inclut le terrain, les zones techniques, le tunnel et les vestiaires, sera limitée à 110 personnes ayant été déclarées négatives dans les cinq derniers jours.

Depuis le 17 mai, la Premier League a testé les joueurs et le personnel de chacune des 20 équipes de façon bihebdomadaire. Entre le 1er et le 12 juin, les 4800 tests effectués ont révélé quatre cas positifs.

Lors de leur arrivée au stade, les joueurs devront suivre un chemin prédéterminé vers les vestiaires. S’il est impossible de maintenir la distance physique, les équipes hôtes devront mettre plusieurs pièces à la disposition des deux clubs. Les vestiaires, les bancs, les ballons, les poteaux, les poteaux de corner seront désinfectés avant l’arrivée des joueurs.

Une multitude de changements ont été apportés en marge ou durant le match : utilisation de deux tunnels différents ou entrée successive sur la pelouse, interdiction de se serrer la main, de cracher, de se regrouper après un but ou de s’approcher trop près de l’arbitre. La zone des remplaçants a également été agrandie.

Les entraîneurs pourront effectuer cinq changements au lieu de trois et compter sur neuf joueurs sur le banc plutôt que sept. Contrairement à ce que l’on a vu en Allemagne, le port du masque n’est pas nécessaire.

Un calendrier chargé

Aston Villa, dont la dernière heure de gloire remonte au début des années 80, et Sheffield United seront au centre de l’attention en début d’après-midi (13 h). Ce sont eux qui relanceront la saison de Premier League après un arrêt de 100 jours.

En milieu d’après-midi (15 h 15), l’intérêt montera d’un cran avec un duel entre Manchester City, deuxième au classement, et Arsenal, qui espère se rapprocher des places qualificatives pour la Ligue Europa.

Pour se conformer à la volonté de l’UEFA, qui a déterminé la fin de saison au 2 août, la Premier League ne fera quasiment pas de pause dans les prochaines semaines. D’ici la fin du mois de juin, par exemple, on ne compte que deux jours sans matchs : les 18 et 26 juin.

Il y aura, au total, 92 rencontres disputées en l’espace de 46 jours, soit 9 ou 10 matchs par équipe.

Liverpool bientôt champion

Avec 25 points d’avance sur Manchester City, Liverpool n’est plus qu’à quelques jours de remporter le 19e titre de champion d’Angleterre de son histoire et le premier depuis 1989-1990. Cela pourrait survenir dès dimanche, lors du derby face à Everton, si Manchester City venait à perdre contre Arsenal.

PHOTO ANTHONY DEVLIN, ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE

Le Liverpool FC sera bientôt couronné champion d’Angleterre pour la 19e fois.

Dans le cas contraire, Liverpool pourrait confirmer son titre en battant Everton, puis Crystal Palace le 24 juin.

Le véritable suspense se trouve plus bas au classement avec un peloton particulièrement regroupé dans la lutte aux places européennes. Huit points d’écart séparent le quatrième du neuvième. Ce groupe comprend notamment Chelsea, Manchester United, Tottenham et Arsenal.

En bas de classement, ce sont six équipes qui tenteront de sauver leur place au sein de l’élite, dont Aston Villa et West Ham.

Les autres championnats

D’autres grands championnats européens ont repris depuis quelques semaines.

L’Allemagne a parti le bal le 16 mai, suivie de l’Espagne, le 11 juin. L’Italie suivra avec un retour sur les terrains ce samedi. En quête d’exotisme ? Les championnats turc (12 juin), russe (19 juin) et bien d’autres ligues en Europe ou ailleurs dans le monde ont redémarré.

Et la France ? La saison a été arrêtée dès la fin du mois d’avril, ce qui a soulevé l’ire de plusieurs présidents de clubs, dont ceux de l’Olympique Lyonnais et des clubs relégués en deuxième division. L’affaire s’est rendue jusqu’au Conseil d’État, soit la juridiction suprême de l’ordre administratif.

« Il n’y a pas de doute sérieux sur la légalité de cette décision », a-t-il été confirmé même si la relégation de deux clubs a été suspendue. À défaut de suspense sur le terrain, il y aura du suspense dans les bureaux en France dans les prochaines semaines…