Il n’y aura pas de lock-out dans la MLS après l’entente de principe survenue mercredi matin entre la ligue et l’Association des joueurs (MLSPA). Sitôt le dossier de la convention collective réglé, les grands contours de la saison 2020 ont continué à se dessiner avec, pour commencer, un tournoi à l’ESPN Wide World of Sports, en Floride.

Pascal Milano Pascal Milano
La Presse

Les derniers jours ont été particulièrement émotifs pour les joueurs, dont Evan Bush, représentant montréalais à la MLSPA. Dimanche soir, il pensait bien que le dossier allait se régler très rapidement après que les joueurs eurent envoyé leur proposition à la ligue. Quelques heures plus tard, le commissaire Don Garber a plutôt répliqué avec une offre finale assortie d’une menace de lock-out. Du jamais-vu dans l’histoire de la MLS, a rappelé Bush en visioconférence.

La tactique n’a certes pas été bien accueillie, comme en témoigne l’absence des joueurs aux séances individuelles volontaires, mais le contexte appelait au compromis, a reconnu le gardien de l’Impact.

« Comme l’entente [du 6 février] n’a pas été ratifiée avant le début de la pandémie, nous nous sommes retrouvés dans une situation précaire. Mais même si elle avait été ratifiée, nous aurions dû faire des gestes pour aider la ligue d’une façon ou d’une autre. La ligue perd beaucoup d’argent et les clubs perdent beaucoup d’argent », a expliqué Bush. Garber a chiffré à 1 milliard de dollars américains (1,34 milliard CAN) les pertes de la MLS en raison de la pandémie.

Sur quels plans les joueurs ont-ils dû faire des concessions ? D’abord sur le plan des salaires gagnés en 2020 avec une baisse de 5 %, ainsi que dans les bonis remis aux joueurs et aux équipes. Le partage des revenus découlant des droits médiatiques a aussi été au centre des discussions. En 2023, les joueurs ne toucheront que 12,5 % au lieu des 25 % prévus originellement. Ce chiffre reviendra à la normale en 2024 et 2025.

« Nous en sommes arrivés à une entente qui protège les deux côtés, que ce soit nos intérêts pour le reste de la saison et ceux de la ligue qui perd une somme substantielle, philosophe Bush. Nous étions prêts à faire des compromis sur certains aspects tout en nous battant pour en protéger d’autres. Je ne crois pas que nous n’en avons pas trop demandé et, dans notre manière d’agir, nous n’avons pas été insensibles face à la ligue. »

21 matchs de saison ?

L’entente ouvre la voie à un retour sur les terrains avec, tout d’abord, un tournoi qui emprunte les mêmes caractéristiques que la Coupe du monde. Les trois premiers matchs compteront dans le classement de la saison. Ce ne sera pas le cas de la suite, qui prendra la forme de matchs à élimination directe.

« Tout le monde aurait aimé reprendre les matchs dans son marché à huis clos et à la télévision locale, mais ce n’était pas faisable à ce point, reconnaît Bush. Ce tournoi sera intéressant et intrigant. Par exemple, les coups d’envoi des matchs seront parfois difficiles. Tout n’est pas encore finalisé, mais ils parlaient de matchs le matin ou tard le soir, notamment pour atténuer les effets de la chaleur en Floride. »

Les équipes de la MLS, dont l’Impact, prendront le chemin d’Orlando autour de la Saint-Jean-Baptiste pour y faire des entraînements. La durée de ce tournoi, qui pourrait commencer le 1er juillet, et les conséquences sur la vie familiale ont été largement débattues par les joueurs au cours des dernières semaines. Mercredi, Garber a confirmé que la durée de la compétition ne dépasserait pas les 35 jours et que le plan était « deux fois plus modeste que celui [qu’ils avaient] bâti initialement ».

« Que fait-on avec nos familles ? s’est quant à lui demandé le gardien américain de 34 ans. Ce n’est pas comme si on partait dans une situation normale, pendant trois ou quatre semaines de présaison. On les quitte au milieu d’une pandémie et avec une situation plus grave dans certains marchés que d’autres. Dans notre équipe, plusieurs joueurs ont des familles ou même une conjointe qui est enceinte. »

Après le tournoi, le plan le plus optimiste prévoit la tenue de 16 matchs, huit à domicile et huit à l’extérieur, qui permettrait d’avoir une saison de 21 rencontres.

Rappelons que la MLS et l’Association des joueurs s’étaient entendues sur une nouvelle convention collective, le 6 février, sans avoir eu le temps de l’adopter officiellement. La saison a été suspendue le 12 mars en raison de la pandémie de COVID-19.