Thierry ne tape pas du pied dans sa nouvelle résidence de Montréal, en attendant la reprise des activités de la Major League Soccer.

Mathias Brunet Mathias Brunet
La Presse

« Le plus important, c’est l’état de santé de tout le monde, a-t-il répété mardi après-midi lors d’une conférence vidéo organisée par la MLS. Le foot devient secondaire. Quand j’ai appris la décision d’interrompre la saison, j’ai dit à mon staff : peu importe le temps que ça va prendre, faudra serrer les dents. C’est la pure et stricte vérité. Il faut respecter les règles. La santé avant tout. »

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Thierry Henry lors du match retour de la Ligue des champions de la CONCACAF contre Deportivo Saprissa au Stade olympique le 26 février 2020.

Ce légendaire footballeur français de l’AS Monaco, d’Arsenal, du FC Barcelone et des Red Bulls de New York venait d’entamer sa carrière d’entraîneur avec l’Impact de Montréal lors de la naissance de la crise. Il a quitté l’hôtel où il a passé ses premiers jours ici et vit donc le confinement dans son nouveau chez-soi, dans sa ville d’adoption.

Je suis en train de vivre ça ici, je serai attaché à cette ville à jamais. Tu te sens vraiment petit quand tu vois tout ça. Le foot est ma passion, ma vie, j’aimerais que ça reprenne, mais il faut essayer de rester calme et penser à ce qui se passe.

Thierry Henry

Thierry Henry se tient occupé comme un peu tout le monde. « Je suis à la maison, je m’entraîne le matin, je cuisine, je m’entraine l’après-midi, je relaxe, je cuisine. Je ne sais pas pour vous, mais on dirait qu’il faut nettoyer la maison aux deux minutes parce qu’on cuisine davantage chez nous. »

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L’entraîneur en chef Thierry Henry s’adressant au nouveau joueur de l’Impact Victor Wanyama durant un exercice le 4 mars 2020 à Montréal.

Je pense aussi aux stratégies à venir. Je fais des appels avec mon staff, avec l’équipe, pour m’assurer que les joueurs restent en forme. Ça semble un peu terne, mais la situation en est ainsi.

Thierry Henry

Notre homme ne se fait pas de mauvais sang même si l’équipe a vu un début de saison interrompu par la pandémie. « Il y avait des signes encourageants, l’aller vers l’avant, la combativité, mais on ne va pas s’enflammer sur cinq matchs. Je ne me suis pas dit qu’on était en train de monter en puissance. Il faudra reprendre et continuer. Je me suis dit restons à la maison, les gens en première ligne font un travail extraordinaire pour l’essentiel, la santé des gens. »

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Thierry Henry lors du match contre le Revolution de la Nouvelle-Angleterre à Montréal le 29 février 2020.

Thierry Henry ne veut commenter aucun scénario possible, ni une saison écourtée, ni des matchs à huis clos. « Je sais que le Commissaire travaille très fort pour la suite. Tout ce qu’on peut faire, c’est de se préparer en prévision de ce qui nous attend. Je dois m’assurer que l’équipe et le staff soient prêts. On s’adaptera.

Ce n’est pas à moi ou aux joueurs de donner ou non notre accord. Quand la Ligue aura trouvé la solution, on appliquera les règles. »

Les joueurs de l’Impact doivent respecter les consignes du préparateur physique de l’équipe. « Tu espères qu’ils respectent les consignes. Tu veux qu’ils reviennent déjà à un certain niveau de forme. Il y aura des tests pour mesurer leur forme. On n’a pas de temps à perdre parce qu’on ne sait pas combien de temps nous aurons au moment du retour. Il faut leur faire confiance, c’est le mot clé. »

Thierry Henry prend régulièrement des nouvelles de sa famille en France.

Évidemment, j’essaie de savoir ce qui se passe avec ma famille en France, mais c’est un problème mondial. On est désormais un seul pays, peu importe où l’on se trouve. On respecte les consignes pour ne pas propager ce vicieux virus. J’essaie d’être en communication avec ma famille le plus souvent possible, mais il faut tous être ensemble à titre d’êtres humains.

Thierry Henry

Quand la vie reprendra son cours normal, Thierry Henry sera au cœur de l’action dans une MLS bien différente de celle où il a fait son entrée à titre de joueur il y a dix ans. « Le plus grand changement, c’est que la Ligue attire des joueurs des ligues mexicaines, argentines et européennes à un plus jeune âge.

Ça n’arrivait pas avant. C’est un signe que la Ligue progresse. Mais il faut aussi de la patience. C’est le 25e anniversaire de la Ligue. Certaines ligues européennes ont 100 ans. D’autres ont 150 ans. Cette Ligue n’a pas de limite, mais il faut du temps. »

Mais d’ici là, Thierry Henry entend respecter sagement les consignes, et il conseille à tous d’en faire autant.