(Montréal) Si jamais il devient possible de jouer des matchs de soccer en Italie d’ici quelques semaines, dans un pays qui a été parmi les plus durement frappés par la pandémie de COVID-19, peut-être existe-t-il un espoir que la MLS puisse relancer sa saison au cours de l’été, à condition de prendre toutes les précautions qui s’imposent.

Michel Lamarche
La Presse canadienne

C’est l’opinion qu’a exprimé le milieu de terrain Saphir Taïder, de l’Impact de Montréal, lors d’une entrevue téléphonique avec La Presse canadienne, lundi.

« L’Italie a prévu de reprendre normalement les entraînements le 4 mai. Je connais des joueurs là-bas, donc on en discute. Sachant que (la COVID-19) a commencé plus tôt chez eux et qu’ils ont été beaucoup plus touchés que nous, je me dis alors : “Pourquoi pas nous, quelques semaines après ?” », a déclaré Taïder.

« Il faudra qu’il y ait des mesures de sécurité, des choses établies avant, ça c’est sûr, a-t-il ajouté. Mais je pense que c’est jouable en respectant certaines règles, que ce soit nous, les joueurs, et le personnel, parce que c’est le seul moyen de pouvoir avancer. On sait qu’à travers le sport, on peut rendre des gens souriants, de bonne humeur. C’est sûr qu’il n’y a pas que nous, il y a beaucoup d’autres domaines qui aimeraient reprendre. Moi, je parle de sport parce que je joue au foot. »

Dans une entrevue accordée à une station de radio de l’Italie il y a quelques jours, le président de la Fédération italienne de football, Gabriele Gravina, a manifesté le souhait de voir des matchs à la fin mai ou au début juin.

Il disait croire qu’il faudrait environ trois semaines après le déconfinement, prévu pour le 4 mai en Italie, pour aller de l’avant. Pour en arriver là, avait-il aussi mentionné, il faudra instaurer une période de contrôle pour garantir la négativité de tous ceux qui participent aux évènements, une initiative avec laquelle Taïder est d’accord.

Les activités de la MLS sont en pause depuis le 12 mars, et pour le moment, aucun match n’aura lieu avant le 8 juin, selon le plus récent délai annoncé par les autorités de la ligue.

Lors de l’annonce du 12 mars, les dirigeants du circuit Garber avaient parlé d’une reprise vers la mi-avril, avant de la repousser une première fois jusqu’au 10 mai.

Or, au moment de la première pause, Taïder avait l’impression que cette trêve durerait un mois, tout au plus.

« En suivant les actualités, en voyant en Europe que la situation ne s’arrangeait pas, on a compris que ça allait durer un peu plus longtemps. J’avoue que pour nous, joueurs de foot, même pour les autres, mais je parle de mon cas, c’est un cauchemar parce que ce qui nous fait plaisir, c’est de se lever le matin et d’aller à l’entraînement, toucher au ballon, jouer dans des stades pleins, etc. »

Si jamais la MLS devait reprendre le collier cet été, il se pourrait qu’elle doive imposer des huis clos dans les différents stades de la ligue. Ce n’est certes pas le scénario idéal, avoue Taïder, mais c’est une idée qu’il n’écarte pas du revers de la main.

« C’est sûr que c’est beaucoup mieux de jouer devant nos partisans, avec un stade plein, parce que ça motive. Mais si c’est le seul moyen pour repartir, on n’aura pas le choix de le faire parce que malgré tout, ça reste du foot. C’est notre métier, c’est notre travail, et ce qu’on aime faire, nous, c’est d’être sur le terrain. Si on a le choix, bien sûr qu’on préférerait choisir avec un stade plein, mais si on ne peut pas partir comme ça, pour la sécurité de tout le monde, au début, sur quelques semaines, je serais partant. »