Thierry Henry lève la tête et balaie les gradins du Stade olympique du regard tout en s’adressant aux médias. « J’ai vu quelques images et quelques vidéos. C’était super rempli en finale [contre Club América en 2015] et j’espère avoir du bruit mercredi. »

Pascal Milano Pascal Milano
La Presse

Face au Deportivo Saprissa, en milieu de semaine, l’entraîneur montréalais ne détesterait pas écrire un autre beau chapitre montréalais en Ligue des champions. Pour l’instant, sa troupe détient un léger avantage après avoir fait match nul 2 à 2 au Costa Rica. Ces deux buts à l’extérieur pourraient peser très lourd puisque les portes des quarts de finale s’ouvriront avec un autre match nul de 0-0 ou 1-1.

Mais ce résultat oblige tout de même l’entraîneur à un travail d’équilibriste dans le vestiaire. La fin de match, au cours de laquelle l’Impact a encaissé deux buts, limite quand même la marge de manœuvre.

« Ce que l’on dit aux joueurs ? Bravo parce qu’ils se sont battus et qu’il reste encore un match. Rien n’est joué et il ne faut pas s’enflammer. Saprissa est une très bonne équipe, comme on a pu le voir en deuxième mi-temps. Soyons contents du match malgré la frustration de la fin. Mais on n’est pas abattus parce qu’on a réussi à inscrire deux buts, ce qu’on n’a pas pu faire en présaison malgré le nombre d’occasions. »

« Ça s’est joué en deuxième mi-temps. Eux ont pu pousser alors que nous avons flanché, a ajouté Saphir Taïder. C’était notre premier match de la saison et on n’a pas pu faire de changements avec les deux effectués en première mi-temps [à cause de blessures]. Le contexte nous a pénalisés, mais heureusement qu’on avait deux buts d’avance. »

Il est déjà assuré que Henry devra modifier son alignement mercredi. Sorti très rapidement, mercredi, le défenseur central Rudy Camacho manquera de quatre à six semaines en raison d’une blessure à un genou. « Ce n’est pas aussi grave que prévu, mais il va falloir gérer », a philosophé l’entraîneur montréalais. S’il revient avec une défense à cinq éléments, il pourrait se tourner vers Luis Binks ou Joel Waterman – qui a pris le relais de Camacho mercredi dernier. Dans une défense à quatre, l’option la plus sûre consisterait à associer Jukka Raitala à Rod Fanni. « J’ai été blessé durant une partie de la présaison, mais j’ai principalement joué comme arrière gauche, a rappelé le polyvalent finlandais. Mais, comme je le répète depuis deux ans, je jouerai où l’on me demande. Avec l’équipe nationale, c’est à droite. Alors, je suis prêt à tout. » Les cas d’Orji Okwonkwo et de Lassi Lappalainen seront évalués quotidiennement.

Saphir Taïder, qui aurait été en mesure de jouer quelques minutes au Costa Rica, s’est entraîné normalement, samedi, au Stade olympique. Plusieurs de ses coéquipiers ont d’ailleurs fait connaissance avec l’enceinte. « Le terrain est difficile, mais j’aime le stade. La surface va nous avantager parce qu’on aura plus d’expérience que Saprissa, a jugé Romell Quioto. On a eu un premier entraînement [samedi] et on en aura deux autres d’ici le match de mercredi. »

Raitala est le nouveau capitaine

Jukka Raitala, qui va démarrer sa troisième saison à Montréal, a été choisi comme le nouveau capitaine de l’équipe. Henry a pris cette décision dans la dernière ligne droite du camp en Floride.

« Ça a été une décision logique après des discussions internes. Son nom est sorti, mais il y a Evan [Bush] et Sam [Piette] avec lui. Il est capitaine parce que le groupe a besoin de Jukka », a expliqué le Français. « Thierry m’a parlé de mon expérience, du fait que je suis ici depuis un moment, de la façon dont je me comporte et du respect avec lequel je traite les autres », a précisé le joueur.

PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, ARCHIVES LA PRESSE

Jukka Raitala agira comme capitaine de l’Impact cette saison.

Le numéro 22 ne s’en cache pas : il a été quelque peu surpris lorsque l’annonce lui a été faite. « Je ne m’attendais pas à ça, mais je suis très content et honoré. Ce que je me suis dit, c’est que je n’allais pas changer qui je suis. C’est pour ça que j’ai été choisi et je vais continuer à faire le même travail », a-t-il indiqué tout en reconnaissant que le rôle s’accompagnait de responsabilités supplémentaires.

Si Raitala a déjà capitaine pour quelques matchs ici et là, c’est la première fois de sa carrière qu’il le sera sur la durée. À défaut d’être le plus bavard dans le vestiaire, le défenseur finlandais promet de montrer par l’exemple, ce qu’il fait d’ailleurs depuis deux saisons. Sera-t-il le capitaine d’une autre épopée en Ligue des champions ?