Les Patriotes de l’Université du Québec à Trois-Rivières ont un peu gâché la fête, hier au CEPSUM, en prenant la mesure des Carabins de l’Université de Montréal, 2-0, en finale du Championnat canadien, mais c’est le soccer universitaire québécois qui a été le grand gagnant.

MICHEL MAROIS MICHEL MAROIS
La Presse

« Ce n’est pas inespéré, mais c’est vraiment un résultat de rêve, a souligné l’entraîneur-chef des champions, Shany Black. Les Carabins étaient venus nous battre chez nous [en finale provinciale] avec un grand match ; on espérait un peu prendre une revanche, mais ils étaient les champions en titre et l’enjeu était si important.

« En plus, ils n’avaient jamais été blanchis cette saison. On a réussi à prendre les devants et à les forcer à tout sortir en attaque, c’était notre plan, mais encore fallait-il tenir le fort. Encore une fois, notre organisation défensive a fait le travail et elle nous permet de gagner ce premier titre canadien. Pour notre programme, c’est énorme. »

Serré jusqu’à la fin

Les Patriotes ont pris les devants à la 27e minute sur un but de Guillaume Comtois-Noël. Les Carabins avaient auparavant gâché une chance en or d’inscrire le premier but quand Omar Kreim a raté un penalty à la 20e minute.

Follement soutenus par une foule très bruyante, les hôtes n’ont jamais cessé d’attaquer et le duel est resté indécis jusqu’au bout. Gabriel Balbinotti, des Patriotes, a marqué un but d’assurance, en contre, sur la toute dernière action du match dans un filet désert.

Le gardien des Patriotes, Félix Clapin-Girard, a réussi pas moins de 15 arrêts et il a été nommé joueur par excellence du match et du tournoi, un honneur largement mérité. « On les avait déjà affrontés trois fois cette saison, on savait que ce serait un match intense, mais on savait aussi comment nous préparer, a-t-il souligné.

« Quand on a pris l’avance, on savait qu’ils allaient tout donner en attaque et qu’il fallait vraiment s’accrocher en défense. On a réussi. J’avais dit aux gars ce matin que j’allais jouer le match de ma vie. Je ne sais pas si ça l’a été, mais on a tous joué un très grand match. »

PHOTO JAMES HAJJAR, FOURNIE PAR LES CARABINS

Follement soutenus par une foule très bruyante, les hôtes n’ont jamais cessé d’attaquer et le duel est resté indécis jusqu’au bout.

Le capitaine Jean-Simon Cournoyer, qui disputait son dernier match avec les Patriotes, a soulevé la coupe du championnat après le match devant plusieurs centaines de partisans de Trois-Rivières. « La coupe reste au Québec et ça prouve que notre conférence est vraiment forte, qu’il y a du très bon soccer qui se joue ici, a-t-il rappelé.

« Encore une fois, Félix [Clapin-Girard] et la défense ont excellé. On n’a donné aucun but de tout le tournoi, ça en dit long. Je pense qu’on a la meilleure défense au Canada. Pour ma part, je n’aurais pu imaginer un plus beau scénario pour finir ma carrière universitaire. J’ai vraiment tout donné pour les Patriotes au cours des cinq dernières années, et terminer de cette façon, c’est incroyable. Je suis vraiment très fier de moi, mais surtout de l’équipe, de voir comment on s’est comporté pour gagner ces matchs, pour gagner cette coupe. »

Les Carabins abattus

Du côté des Carabins, qui disputaient une troisième finale nationale de suite, les joueurs étaient visiblement abattus. L’entraîneur-chef Pat Raimondo a toutefois préféré vanter leur acharnement : « Les gars ont bien joué, ils se sont exprimés sur le terrain jusqu’au bout. Je suis vraiment fier d’eux, même si le résultat n’est pas celui que nous voulions. On est tristes, mais quand même contents de notre performance.

« Le penalty raté d’Omar aurait pu tout changer. On aurait pris les devants et l’allure du match aurait été bien différente… Leur gardien a fait des arrêts clés. Les Patriotes ont bien joué durant tout le week-end et ils méritent leur championnat. Je suis surtout déçu pour les gars, parce qu’ils ont tout donné et qu’on a fait tout ce qu’il fallait aujourd’hui. »

Raimondo s’est quand même réjoui du succès de l’événement, le premier championnat national de soccer entièrement organisé à l’Université de Montréal. « On a une belle équipe qui a travaillé très fort dans les coulisses pour faire de ces championnats canadiens le succès qu’ils ont été, avec la foule qu’on voit aujourd’hui dans les gradins. Il faut les féliciter.

« De notre côté, on va prendre quelques jours de repos, puis on va commencer à préparer la saison prochaine. J’ai surtout de la peine pour ceux qui ont terminé leur carrière universitaire, qui partent sur une défaite, mais c’est le soccer… »