C’est un « petit » lundi chez l’Impact de Montréal.

Jean-François Tremblay Jean-François Tremblay
La Presse

Un petit lundi, qui suivait le « petit » dimanche au cours duquel Nick De Santis a quitté le club après 26 ans de loyaux services, à tous les échelons de l’organigramme. Qui suivait aussi le « petit » mercredi où Rémi Garde a cédé les destinées du club à Wilmer Cabrera.

« Il y a eu pas mal de bouleversements, a reconnu Zachary Brault-Guillard. On vit une période négative dernièrement. Avec le nouveau coach, on doit regagner cette confiance et aller de l’avant pour encore se qualifier pour les séries. On garde espoir. »

Et comment fait-on abstraction de tout ce bruit ?

« Je ne fais pas attention. Je garde ma rigueur. Ça doit en affecter quelques-uns parmi nous, mais mes objectifs sont les mêmes que pour tout l’effectif : se qualifier pour les séries et remporter cette Coupe du Canada. »

Notre rôle est sur le terrain. On sait que ça arrive. Malheureusement, c’est arrivé au coach, qui, pour moi, a fait du bon boulot pendant un an et demi. Il ne faut pas l’oublier. Sur le terrain, il faut se concentrer. Notre rôle est de défendre les couleurs du club.

Bacary Sagna

Donc, en ce « petit » lundi, l’Impact s’est tourné vers le passé pour régler un problème actuel. Ironiquement, après une semaine à faire table rase, justement, de ce passé. L’analyste Vincent Destouches, de TVA Sports, a été le premier à ébruiter la nouvelle : le défenseur central Rod Fanni est de retour en bleu-blanc-noir.

L’équipe a confirmé plus tard dans la journée s’être entendue avec lui sur les clauses d’un contrat jusqu’à la fin de la saison 2019. Fanni est un vétéran de 362 matchs étalés sur 15 saisons en Ligue 1 française. Il a aussi été titularisé 26 fois avec l’Impact l’an dernier, pour un total de 2290 minutes.

Fanni était sans club depuis qu’il n’a pas réussi à s’entendre avec l’Impact en début d’année. Il pourra à moyen terme remplir un trou béant dans l’effectif du club, forcé de se défendre à court des défenseurs centraux Rudy Camacho et Victor Cabrera. Aux dernières nouvelles, Bacary Sagna et Jukka Raitala se partageaient la tâche, mais voilà que ce dernier semble sur la touche. Un autre.

On dit Fanni dans une forme physique remarquable, malgré ses 37 ans et ses mois d’inactivité. Sagna, ancien coéquipier en équipe nationale et voisin dans la vie de tous les jours, s’est réjoui du retour de celui qu’il considère comme « un frère ».

« On sait l’importance qu’il a dans l’équipe, sur le terrain et hors du terrain. Il a une présence physique et il a apporté énormément au groupe dans le passé. C’est une solution défensive de plus. Malgré son âge, c’est quelqu’un d’athlétique et qui a une bonne hygiène de vie. Il va avoir besoin de deux semaines, un peu plus, un peu moins, mais c’est clair qu’il est prêt. Il a toujours la joie de vivre, il est toujours positif, et c’est ce dont on a besoin. »

Les matchs importants

En attendant Fanni, Wilmer Cabrera offre un dur retour à la réalité. D’abord, la liste des blessés est tragiquement longue. Il y a Camacho et Cabrera, qui ont terminé la séance quotidienne avec quelques exercices à l’écart du groupe.

Même chose pour Ignacio Piatti. Anthony Jackson-Hamel, lui, n’était pas à l’entraînement. Il s’est blessé apparemment à un genou après 14 minutes sur le terrain contre le Toronto FC, samedi. Cabrera a reconnu que « ça ne présageait rien de bon ».

Il y a Samuel Piette qui s’est offert une séance à haute intensité et qui semble rétabli de sa blessure aux adducteurs. Une bouffée d’air frais pour un milieu de terrain mis à mal ces derniers temps. Sera-t-il à son poste demain contre les Whitecaps de Vancouver ?

« Je l’espère », lance le pilote, sans confirmer.

PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE

Samuel Piette s’est entraîné à haute intensité hier.

Les joueurs rencontrés hier voient bien que l’Impact ne vit pas ses jours les plus calmes, après un énième changement de structure. Mais l’heure est aux résultats, bouleversements ou non, à la veille de trois matchs au stade Saputo. Cabrera n’a-t-il pas dit que chaque match, désormais, était le plus important de la saison ?

L’Impact est exclu du portrait des séries après une série de gifles, dont une défaite de 6-3 contre le Colorado, une avance de trois buts échappée contre Dallas et un derby perdu contre Toronto. Il y a bien eu quelques lueurs dans ce match, le premier de Cabrera, au moins la volonté théorique de jouer plus haut et de presser le porteur.

Puis il y a le gardien Evan Bush, qui a perdu de sa superbe. Entre autres reproches, on souligne ce ballon mal boxé sur le premier but contre le TFC, ce mauvais réflexe sur le deuxième. Cabrera n’a pas voulu confirmer que le poste de partant serait le sien à tout jamais, se contentant de dire qu’il choisirait le « onze offrant la meilleure chance de gagner ». Il s’est quand même porté au secours de son portier, dans sa réponse la plus inspirée du jour, insistant plutôt sur sa stratégie.

« On passe le ballon plus souvent à notre gardien qu’à essayer de marquer des buts. On doit changer ça. Quand on passe le ballon au gardien, tu lui cèdes toute la responsabilité plutôt que de la prendre.

« Nos joueurs doivent prendre leurs responsabilités, prendre des risques offensifs et arrêter de remettre le ballon au gardien. Quand on passe le ballon vers l’arrière, on motive l’adversaire à aller le chercher là où il est. Si on lui retire ces responsabilités, il pourra se concentrer sur ce qu’il a à faire : arrêter les ballons. »

Prochain match : Whitecaps de Vancouver c. Impact, demain à 20 h au stade Saputo