Depuis un mois et demi, Kevin Gilmore voyait l’Impact de Montréal additionner les performances peu encourageantes. Le décevant match nul de 3-3 contre le FC Dallas, samedi soir au stade Saputo, a fini par le convaincre que le temps était venu d’apporter un changement à la tête de l’équipe.

Michel Lamarche
La Presse canadienne

Un peu moins de 24 heures après l’annonce-choc du congédiement de Rémi Garde au poste d’entraîneur-chef et l’embauche de Wilmer Cabrera, Gilmore a affirmé que la performance du club avait été inacceptable au cours des six dernières semaines.

Il a entre autres rappelé que l’Impact (1-6-1) n’avait récolté que quatre points sur une possibilité de 24 lors de ses huit dernières sorties en MLS, soit depuis le 29 juin.

«On avait deux choix: on pouvait rester sur la ligne de touche et espérer qu’il y ait des changements, que les choses changent, malgré le fait qu’elles n’avaient pas changé pendant un mois et demi, ou on pouvait agir. Pour le bien-être du club, on a décidé d’agir», a-t-il déclaré.

Gilmore dit avoir réfléchi tout le week-end et essayé de ne pas prendre «une décision émotive, une décision réactionnaire».

«Après le match de samedi, ça m’est rentré en tête. J’y ai pensé dimanche. Je suis parti pour l’Europe dimanche soir où j’avais des rendez-vous. J’ai passé sept heures sur le vol à y penser. J’ai fait des appels lundi entre mes réunions, avec évidemment le propriétaire et d’autres gens que je voulais consulter. J’y ai pensé encore pendant les sept heures de vol à mon retour de l’Europe. Je suis arrivé mardi soir et j’ai rencontré Wilmer. J’ai passé quatre ou cinq heures avec lui et la décision a été prise», a-t-il expliqué.

Sans dévoiler en détail ce qu’il a ressenti après ce verdict nul à saveur de défaite, Gilmore a raconté qu’il avait de grandes attentes face à ce match contre le FC Dallas.

Dans son évaluation du rendement des joueurs de l’Impact, Gilmore s’est aussi attardé sur la victoire de 1-0 contre le Cavalry FC en demi-finales du Championnat canadien, le 14 août. Selon son analyse, l’équipe a joué un match très moyen contre «une équipe d’une ligue inférieure qui, statistiquement, nous a dominés», a-t-il notamment fait remarquer.

«J’espérais que ça allait être un point tournant, a dit Gilmore au sujet du duel de samedi. Ça faisait un mois et demi qu’on attendait quelque chose. On a eu des aperçus, comme contre Philadelphie (victoire de 4-0 le 27 juillet), puis ç’a changé immédiatement. J’espérais qu’on arrive à la maison — avec les nouveaux venus — avec une nouvelle confiance et que ce serait un point tournant. Pendant 60 minutes, c’en était un. Malheureusement, ç’a été un point tournant dans l’autre direction.»

«On sait tous ce que cette équipe peut accomplir sur le terrain. Je pense qu’il n’y a aucun doute sur ça. Mais c’est une question de l’accomplir. Ça faisait un mois et demi que l’on attendait que les choses changent et elles n’ont pas changé. C’était le temps de faire un changement», a ajouté Gilmore.

Responsabilité des joueurs

Bien que Garde est celui qui a écopé en perdant son emploi à moins de deux mois de la fin de la saison, Gilmore a fait son éloge lors de son discours d’ouverture.

«En parlant de Rémi, je veux juste m’assurer de faire le point sur ceci: j’ai énormément de respect pour Rémi en tant que personne et comme professionnel. Je l’ai connu pendant six mois et il m’a marqué par son professionnalisme, sa rigueur et son éthique de travail. Je pense que vraiment, il a levé la barre pour les entraîneurs ici et ça va être son legs dans l’organisation», a déclaré Gilmore, qui a confié que Garde avait été surpris et déçu de la décision mais qu’il avait réagi de façon professionnelle.

Par ailleurs, Gilmore n’a pas manqué d’envoyer une part de responsabilités dans la cour des joueurs et leur a énoncé des objectifs bien définis pour les neuf derniers matchs de la saison, incluant le duel aller-retour contre le Toronto FC en finale du Championnat canadien, en septembre.

«J’ai parlé aux joueurs ce matin, je voulais faire le point avec eux, je voulais leur expliquer la raison pour la décision mais je voulais aussi m’assurer que les joueurs et le personnel comprennent quelque chose d’important: que nous, ils, sont tous responsables pour la performance qui a mené à la décision que j’ai prise.»

«On se donne des objectifs très clairs: neuf matchs, les séries (de la MLS), le Championnat canadien. Des objectifs très réalistes, très atteignables et très précis, et chaque personne dans cette salle, joueurs et personnel ont un rôle très précis à jouer pour atteindre cet objectif. Je voulais être très clair avec eux. Nouvel entraîneur, nouvelle journée, un but clair et précis.»