Figure de proue du soccer féminin des années 2000, meilleure buteuse de l’histoire de l’équipe de France et analyste télé de l’autre côté de l’Atlantique, Marinette Pichon a choisi le Québec pour vivre sa nouvelle grande aventure.

Pascal Milano Pascal Milano
La Presse

Depuis quelques semaines, l’ancienne joueuse aux 112 sélections avec les Bleues apporte officiellement son expertise à l’Association régionale de soccer du Lac Saint-Louis.

« Je me suis interrogée sur ma vie, sur ce que j’avais envie de faire et où j’avais envie de le faire. Est-ce que j’avais envie de me sortir de ma zone de confort ou est-ce que je voulais continuer ma vie bien routinière ? L’étranger m’a toujours attirée et, pour la première fois, c’est moi qui ai postulé à un emploi », souligne-t-elle en entrevue.

Car, oui, c’est elle qui a répondu à l’annonce publiée sur internet par l’ARS du Lac Saint-Louis. En recevant la candidature de Pichon, le directeur général, Georges Tissot, a d’abord cru à une erreur. Mais, dès le premier contact, il a compris que ce n’était ni une mauvaise blague ni une idée lancée à la va-vite. La quadragénaire avait fait ses recherches et regardé les infrastructures.

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE

Marinette Pichon a été embauchée par l’Association régionale de soccer du Lac Saint-Louis.

« En France, on ne sait pas grand-chose sur le soccer québécois et c’est bien le problème, précise Pichon. Les joueuses québécoises sont beaucoup représentées en sélection de jeunes, mais pas chez les seniors. Il y a un vrai travail de fond à faire et Soccer Québec l’a compris. […] L’idée est d’arriver à fédérer, d’avoir une formation qui soit homogène et de monter des partenariats avec d’autres pays pour faire monter nos talents. »

Son mandat sera large, mais elle va d’abord se concentrer sur le terrain et s’en rapprocher après avoir occupé plusieurs postes administratifs. « Elle commence avec le développement à long terme des jeunes et, après, elle apportera son expérience partout où elle va pouvoir », précise Tissot.

Le Français d’origine connaissait la joueuse, la femme de communication, mais il a vu une autre facette au cours de leurs échanges.

« J’ai découvert une femme capable de prendre un projet et d’avoir une énorme expérience. Elle respecte les étapes, elle connaît le processus et ça va nous faire gagner énormément de temps. Peut-être qu’au lieu de faire cinq projets en une année, on va en faire dix », illustre-t-il.

Au Québec depuis le 15 juillet

Pour commencer, Pichon a logiquement eu besoin de prendre ses repères dans son nouvel environnement professionnel. Sur le plan personnel, les premières semaines ont été consacrées à meubler un appartement qu’elle avait trouvé en mars.

L’aventure est aussi familiale puisque sa conjointe Ingrid et leur garçon Gaël, âgé de six ans et demi, se sont aussi établis à Montréal.

« L’acclimatation est plus difficile pour un petit garçon parce qu’on le déracine de son école et de ses copains, reconnaît Pichon. Mais on me laisse du temps pour pouvoir accompagner ma famille dans ce changement. »

C’est une nouvelle étape de notre vie, mais la vie est faite de challenges. Je me vois ici à long terme dans un vrai projet.

Marinette Pichon

L’ancienne attaquante détient le record de buts en sélection nationale française (81) et a montré la voie dans différents domaines. En 2002, elle a ainsi été la première Française à jouer aux États-Unis. Elle y a notamment remporté le titre de joueuse par excellence lors de sa première saison.

« Elle a été une pionnière dans beaucoup de choses et elle l’est encore en arrivant au Québec et au Canada, se réjouit Tissot. Je suis convaincu que d’autres joueuses vont se dire qu’elles souhaitent apporter leur expérience ici. »