(Montréal) Une surface de jeu et des sièges chauffés, de meilleures commodités autour et à l’intérieur même de l’enceinte sportive ainsi qu’un environnement plus attrayant, voilà autant d’idées qui devraient être mises de l’avant aussitôt que possible pour donner plus de lustre et d’attrait au stade Saputo.

Michel Lamarche
La Presse canadienne

C’est ce qui est ressorti de propos de Don Garber, le commissaire de la Major League Soccer, lors de son passage à Montréal lundi après-midi.

Invité à une table ronde sur les perspectives futures du soccer professionnel à Montréal et en Amérique du Nord, à laquelle ont aussi participé Joey Saputo et Kevin Gilmore, respectivement propriétaire et président de l’Impact de Montréal, Garber s’est bien gardé de tomber dans le pessimisme.

PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE

Don Garber était de passage à Montréal, lundi.

Aux côtés de Gilmore lors d’une conférence de presse qui a suivi la table de ronde, Garber a tenu à dire qu’il n’est nullement inquiet de la réussite du soccer professionnel à Montréal.

Il a néanmoins soutenu que des améliorations au stade Saputo et un support accru de la communauté d’affaires du Québec sont nécessaires pour permettre à l’Impact de générer davantage de revenus au sein d’un circuit et d’un sport en constante progression.

« Ce n’est pas une question de prendre le stade actuel et d’ajouter plus de sièges. C’est de prendre un stade qui était approprié à l’époque, avant l’arrivée de la Major League Soccer, et d’offrir plus de commodités aux amateurs. Et honnêtement, plus d’opportunités pour impliquer la communauté d’affaires », a déclaré Garber, qui pense qu’il y a place à Montréal pour une plus grande contribution de la part d’entreprises, « compte tenu de la taille du marché », a-t-il cité.

Au fil de la conférence de presse, Garber est revenu sur la taille du stade Saputo — d’une capacité légèrement inférieure à 20 000 sièges — et a laissé sous-entendre qu’il ne s’agissait pas d’un enjeu, pas plus que la situation géographique du stade, qu’il a qualifiée de « parfaite ».

« Le stade du LAFC (Los Angeles Football Club) compte 20 000 sièges, mais si vous allez là-bas, vous allez voir qu’il a été bâti pour générer plus de revenus que ce que peut produire le stade Saputo aujourd’hui. Il faut se rappeler que le stade Saputo a été bâti avant que l’équipe se joigne à la Major League Soccer. Ils (les dirigeants) l’ont rénové lorsqu’ils sont arrivés dans la ligue », a d’abord rappelé Garber.

« En 2012, la ligue était au début de ce que l’on appelait la “MLS 2.0.” Maintenant, elle a atteint un autre niveau, a ajouté Garber. Et ce niveau a permis de démontrer que dans plusieurs marchés — et Toronto en est un exemple — il est possible de générer plus de revenus avec un investissement dans les installations. En bout de ligne, je n’ai aucun doute que Montréal peut compétitionner. Il s’agit d’un vaste marché, l’un des plus vastes en Amérique du Nord, qui possède un large bassin d’amateurs pouvant venir vivre l’expérience d’un match de l’Impact. »

Quant à la surface de jeu et les sièges chauffés, il s’agit d’une hypothèse sur laquelle se penchent déjà les dirigeants de l’Impact car ultimement, a fait remarquer Garber, la formation montréalaise aura à jouer des matchs à domicile au stade Saputo au mois de mars.

Garber a notamment noté que Kansas City s’est dotée d’une surface de jeu chauffée.

« Les matchs au mois de mars, c’est un enjeu. Mais on doit regarder les solutions pour nous permettre en fin de compte d’être capable d’accommoder des matchs au stade Saputo au mois de mars. Ça va être un peu comme la Classique hivernale dans le hockey, mais ça va être dans le soccer ! », a lancé Gilmore en riant.

« Il y a plusieurs choses, chauffer le gazon, les sièges, etc. Et on regarde ça présentement pour voir vraiment ce qu’on doit faire pour nous permettre éventuellement d’être capable d’amorcer la saison au mois de mars au stade Saputo », a également déclaré Gilmore, en précisant que le projet d’une surface de jeu chauffée pourrait se concrétiser, au plus tôt, à l’automne 2020.

Le calendrier de l’Impact en 2019 a maintes fois fait les manchettes cette année. La formation montréalaise a joué son premier match local le 13 avril, après une séquence de six rencontres à l’étranger. Depuis, l’équipe a joué quatre autres parties sur la route et seulement deux autres au stade Saputo.

Samedi, après une défaite de 2-1 à Cincinnati, l’entraîneur-chef Rémi Garde a dénoncé le calendrier de l’Impact, notamment le fait que son équipe avait joué mercredi soir au New Jersey puis samedi après-midi en Ohio.

« Nous ne percevons pas Montréal différemment des autres équipes de la ligue, a déclaré Garber. Je pense que l’entraîneur le savait mais qu’il était frustré à la fin du match. Le calendrier est un défi ici à cause de la température, et je pense que le défi deviendra plus grand encore alors que notre calendrier continuera d’évoluer. »

Après le match, Garde avait aussi déploré une décision de hors-jeu qui a coûté un but à l’Impact en fin de première demie.

« J’ai vu le jeu et l’entraîneur n’avait probablement pas tort de penser qu’il y avait eu une erreur, a dit Garber. Ce n’est pas la première, ça ne sera pas la dernière. Je comprends sa frustration, mais ça n’a rien à voir avec ce que la ligue pense de Montréal. Au contraire, c’est une équipe qui nous est chère. »