Davantage qu'un changement draconien, Zachary Brault-Guillard estime que son passage de la réserve de l'Olympique lyonnais à l'Impact, sous la forme d'un prêt, est un «choix de carrière».

Pascal Milano LA PRESSE

De retour dans la province où il a passé les premières années de sa vie, le latéral droit de 20 ans veut apprendre aux côtés de Bacary Sagna tout en augmentant sa notoriété avec la sélection canadienne.

Au terme de longues négociations, le défenseur franco-québécois d'origine haïtienne a disputé sa première séance d'entraînement avec l'Impact, dimanche. Cela fait plusieurs mois - depuis un camp avec la sélection canadienne en novembre - qu'il est au courant de l'intérêt montréalais. À l'époque, l'idée d'un transfert a été évoquée, mais il a finalement été acquis dans le cadre d'un prêt d'une saison.

Le premier contact, en Floride, n'a pas été dépaysant pour Brault-Guillard. À travers les sélections canadiennes, il avait déjà côtoyé James Pantemis, les frères Choinière et Samuel Piette. «C'est un latéral droit très fort physiquement. Ce n'est pas le plus grand [5 pi 7 po et 145 lb], mais il est costaud, raconte Piette. Il ne sera pas le joueur le plus offensif qui va marquer plein de buts, mais tu sais que, derrière, ça va être très solide.»

Dans le vestiaire montréalais, les autres joueurs français l'ont également «très bien accueilli». Il y a d'ailleurs un élément vers lequel il se tournera en particulier: Bacary Sagna. Il est inutile de rappeler le CV du latéral droit français de 35 ans qui lui servira de modèle.

«C'est un mec super du point de vue humain et au niveau du professionnalisme. Ça ne peut être qu'un avantage d'être à ses côtés en tant que concurrent direct pour le poste, estime le jeune homme en entrevue. Mais ça reste du [soccer]. À moi de faire ma place, vu que je suis le plus jeune, et de convaincre le coach de me faire jouer.»

Parlons-en du coach, justement. Ils ne se sont pas croisés en France, mais Brault-Guillard considère Rémi Garde, un ancien de la maison lyonnaise, comme une présence réconfortante. C'est sans compter sur le reste du personnel d'entraîneurs provenant presque entièrement de Lyon.

«C'est comme si rien n'avait été changé. C'est vraiment un avantage d'être un peu dans un cocon comme je l'étais à Lyon. L'adaptation se fait plus facilement à tous les domaines», indique-t-il avant de définir le style lyonnais.

«C'est la qualité de jeu dans tout ce qui est conservation et possession du ballon. C'est la qualité technique assez élevée dans les petits espaces et l'intelligence de jeu quand il faut varier les systèmes de jeu. Je n'ai pas de souci avec ça. Rémi Garde a été une personne emblématique au club et il a fait de très belles choses.»

Un regard vers 2026

Né en Haïti puis adopté par un couple franco-québécois, Brault-Guillard ne garde qu'un «souvenir vague» de ses premières années à Montréal. Sur le plan sportif, il a d'abord été influencé par ses parents, qui aimaient le hockey et le football. En France, il s'est ensuite tourné vers le rugby avant de commencer le soccer vers l'âge de 8 ans. 

Même s'il a passé la majeure partie de sa vie en France, il n'a pas hésité à répondre favorablement à l'appel de la sélection canadienne. Depuis 2017, il a effectué trois apparitions avec l'équipe des moins de 20 ans et deux autres avec l'équipe senior.

«Le Canada cadrait très bien avec mes objectifs et où je voulais me rendre, précise celui qui a signé son premier contrat professionnel en mai 2018. Le fait qu'il y ait la Coupe du monde de 2026 chez nous a aussi pesé dans la balance. Je veux me faire connaître à Montréal et en MLS tout en continuant mon bonhomme de chemin avec la sélection.»

L'Impact disputera son deuxième match du camp d'entraînement ce soir (19h) contre le Nashville SC.