L'Impact a fait du stade Saputo sa forteresse depuis le début du mois de juin, mais c'est à l'étranger que la formation montréalaise tentera de consolider sa position au classement en MLS et se qualifier pour la finale du Championnat canadien.

Alexis Bélanger-Champagne LA PRESSE CANADIENNE

Le hasard fait parfois bien les choses, et voilà que l'Impact (9-12-0) pourra passer quelques jours dans la région de Portland après avoir affronté les Timbers (8-3-6), samedi. Il se rendra ensuite à Vancouver pour disputer le match retour de leur demi-finale du Championnat canadien contre les Whitecaps, mercredi.

Puisque les équipes de la MLS disputent habituellement un seul match par semaine, il est très rare qu'une formation prolonge son séjour à l'étranger plutôt que de rentrer à la maison. Il était toutefois logique dans ce cas-ci que l'Impact évite un aller-retour transcontinental, même si le long séjour amène aussi son lot de défis.

« Nous essayons d'être attentifs à tout: la nutrition, la diététique, la récupération. En France, nous appelons ça la préparation invisible », a souligné l'entraîneur-chef de l'Impact, Rémi Garde, plus tôt cette semaine. Ça inclut tout ce qui est fait en dehors du terrain. Plus vous avez de matchs rapprochés, plus l'impact est important sur la santé et la condition physique des joueurs pendant les matchs.

« En France, il y a deux coupes nationales, les coupes d'Europe et le championnat. J'ai déjà dirigé des saisons à plus de 55 ou 60 matchs, a rappelé Garde. Nous avons une petite expérience dans ce que nous pouvons demander aux joueurs, sachant qu'évidemment ici, il y a la longueur des voyages et le décalage horaire. Nous essayons de prendre tout ça en compte. Bien sûr que pendant notre séjour là-bas, les séances d'entraînement seront moins importantes. »

Si Garde craint les enjeux physiques du long voyage et des quelques nuits à l'hôtel, l'arrière latéral Daniel Lovitz a plutôt souligné les défis psychologiques. Alors qu'une équipe dans une mauvaise séquence va souvent soutenir qu'un voyage peut permettre aux joueurs de tisser des liens, Lovitz croit que l'esprit d'équipe de l'Impact pourrait être mis à l'épreuve pendant cette semaine sur la côte ouest.

« C'est beaucoup plus facile quand vous gagnez et que vous avez du plaisir à jouer à domicile », a noté l'Américain âgé de 26 ans. « Mais quand vous allez à l'étranger, avec un long voyage, ça permet de voir véritablement dans quel état est l'esprit d'équipe. »

« Nous partons suffisamment tôt pour limiter les risques physiques. C'est donc l'aspect mental qui sera important, et c'est un bon moment de l'année pour le mettre à l'épreuve. De plus, nous traversons une période chargée du calendrier et différents joueurs peuvent accumuler de l'expérience. Nous allons jouer dans des endroits où il est difficile de gagner. J'espère que nous allons rentrer à Montréal gonflés à bloc pour le reste de la saison. »

Les Timbers représenteront un défi majeur pour l'Impact, qui présente un dossier de 2-9-0 sur les pelouses adverses. D'abord, les Timbers sont toujours invaincus au Providence Park en MLS cette saison (5-0-2). De plus, la formation de l'Oregon n'a pas perdu à ses 12 dernières sorties en championnat (8-0-4), la meilleure séquence active du genre à travers le circuit Garber présentement.

Mince lueur d'espoir pour l'Impact, les Timbers ont encaissé un premier revers depuis le 8 avril mercredi, quand ils ont été éliminés par le Los Angeles FC en quarts de finale de l'U.S. Open Cup à la suite d'un revers de 3-2, à Los Angeles.

Pour sa part, l'Impact a remporté six de ses huit dernières rencontres en MLS (6-2-0). De plus, le Bleu-blanc-noir présente un dossier de 1-0-1 en deux sorties à Portland en MLS. Il disputera samedi le cinquième match d'une série de sept en 22 jours.

« Nous ne voulons pas regarder trop loin devant, mais le mois avance très rapidement et nous met à l'épreuve de différentes façons, a mentionné Lovitz. Tout le monde est impliqué et nous avons profité des bonnes performances de différents joueurs qui méritaient leur chance. Nous continuons à aller de l'avant et nous voulons nous assurer que le bon travail accompli depuis un mois et demi n'était pas pour rien. »

Avant que l'Impact ne saute sur le terrain à Portland, les joueurs auront certainement à l'oeil les rencontres opposant le Fire de Chicago au Toronto FC et l'Union de Philadelphie au Galaxy de Los Angeles. L'Impact détient trois points d'avance sur l'Union au sixième et dernier rang donnant accès aux éliminatoires dans l'Association de l'Est, et quatre points d'avance sur le Fire. L'Union a deux matchs de plus que ses rivaux à jouer d'ici la fin de la saison.