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Un club de foot exclu de la Coupe du Brésil pour racisme

Le club de Porto Alegre est entraîné par... (Photo: Reuters)

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Le club de Porto Alegre est entraîné par l'ex-sélectionneur du Brésil Luiz Felipe Scolari.

Photo: Reuters

Javier TOVAR
Agence France-Presse
Rio de Janeiro

Face a la multiplication des insultes racistes dans les stades de football, la justice sportive brésilienne a fait mercredi un exemple en excluant pour le première fois un club de compétition, vraisemblablement une première mondiale.

Le Tribunal supérieur de la justice sportive (TSJD) a exclu de la Coupe du Brésil le club Gremio de Porto Alegre, à la suite d'incidents racistes dans son stade, le 28 août en 8e finale aller de la compétition face au club de Santos.

La décision a été prise à l'unanimité et le Gremio, entraîné par l'ex-sélectionneur national Felipe Scolari, va interjeter appel, a indiqué un porte-parole à l'AFP.

Un groupe de supporteurs du Gremio avaient proféré des insultes racistes et lancé des cris de singe en direction du gardien de but noir de Santos, Aranha, qui, visiblement révolté, avait tenté à grands gestes d'attirer l'attention de l'arbitre.

«Macaco!»

Des images montrant très distinctement une supportrice du Gremio hurlant à de nombreuses reprises «Macaco!» (singe en portugais, NDLR) à son intention ont tourné en boucle sur les télévisions et les réseaux sociaux, suscitant une vague d'indignation dans le pays.

La jeune femme, qui encourt des poursuites judiciaires, a été entendue par la police et licenciée par son employeur.

En plus de son exclusion, le tribunal sportif a infligé au Gremio une amende de 50 000 réais.

Les supporteurs identifiés comme ceux ayant proféré ces insultes  ont en outre été interdits de stades pendant deux ans.

Les insultes racistes, cris de singes et autres jets de bananes dans les stades de football, courants en Europe et en Amérique latine, sont généralement sanctionnés par des amendes infligées aux clubs ou des sanctions les contraignant à jouer à huis clos.

L'AFP n'a en revanche pas trouvé trace de précédents d'un club exclu d'une compétition pour ce genre de comportement.

Mais elle n'a pu confirmer immédiatement auprès de la Fédération internationale de football (FIFA) que la décision brésilienne constituait un précédent historique dans le monde.

Le club français du Paris Saint-Germain avait été exclu de la Coupe de la ligue 1988-1989 pour sa complaisance envers une banderole insultante pour les «Ch'tis», les habitants du nord de la France, déployée par des supporteurs parisiens lors de la finale de cette compétition contre le Racing Club de Lens.

Mais la Ligue française de football (LFP) n'avait pas formellement retenu la connotation raciste.

La Fifa lance régulièrement des campagnes contre le racisme, comme lors du Mondial au Brésil cet été.

Mais certains joueurs noirs ou métis victimes de ces comportements réclament, jusqu'à présent en vain, des santions beaucoup plus lourdes et dissuasives.

Le milieu de terrain ivoirien Yaya Touré a même suggéré un boycottage du Mondial-2018 en Russie après avoir été la cible d'insultes racistes lors d'un match disputé à Moscou.

Le président de la Fifa Joseph Blatter a durci le ton dernièrement en invitant à plusieurs reprises les instances du football à sévir plus durement contre ce phénomène.

«Nous serons très sévères. Les comités de discipline doivent bannir une équipe d'une compétition ou lui enlever des points. Ce n'est que par ce genre de décisions qu'il sera possible de lutter contre le racisme et la discrimination», avait-il notamment déclaré lors d'un diner à Londres en 2023, à l'occasion du 150e anniversaire de la Fédération anglaise de football.

«Une plaie» 

Au Brésil, dont les moitié des 200 millions d'habitants ont des origines africaines, «le racisme dans les stades est une chose de plus en plus courante», a expliqué à l'AFP, Marcos Guterman, auteur du livre «Le football explique le Brésil».

«Ce n'est pas aussi grave qu'en Europe mais c'est en train de devenir une plaie», a déploré ce spécialiste, saluant la «fermeté» de la justice sportive contre le Gremio.

Ce n'est d'ailleurs pas la première fois que les supporteurs de ce club sont accusé de racisme. Un incident similaire alors qualifié «d'isolé» par la direction du club s'était déjà produit en mars.

Le Gremio vient de lancer une campagne contre le racisme. Lors de leur dernier match du championnat brésilien, à leur entrée sur le terrain, ses joueurs ont déployé une banderole sur laquelle on pouvait lire: «Nous sommes bleus, noirs et blancs. Dis "Non on au racisme"». 




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