À quel type de joueur ressemble la nouvelle acquisition de l'Impact, Hernán Bernardello? Nick De Santis n'a pas hésité hier lorsqu'on lui a posé la question. Son choix? L'un des joueurs les plus teigneux et hargneux du soccer italien, Gennaro Gattuso.

Gabriel Béland LA PRESSE

«Je voudrais dire un Gattuso. Je pense même que techniquement il a de meilleures qualités que Gattuso, a lancé le directeur technique de l'Impact. Mais bon, il faut réaliser que Gattuso a joué au plus haut niveau avec l'une des plus grandes équipes. Je ne veux rien lui enlever. Mais Bernardello est ce type de joueur. Il se donne à fond pour l'équipe à chaque match.»

L'Argentin Bernardello devait rencontrer les médias hier, 24 heures après l'annonce de son embauche à Montréal. Mais le joueur de 26 ans n'a finalement pu participer à l'entraînement, victime d'une vilaine grippe. Brièvement hospitalisé, il a reçu son congé et a finalement passé la journée dans sa chambre d'hôtel. Les grandes présentations auront vraisemblablement lieu demain.

En son absence, les cadres de l'Impact n'avaient que de bons mots pour le milieu défensif. Le portrait que Nick De Santis et Marco Schällibaum en dressent se résume à quelques mots: un joueur physique, intense, constant et capable de récupérer son lot de ballons.

«C'est un joueur très physique, il couvre beaucoup de terrain, il est très bien techniquement, joue avec beaucoup d'émotion, beaucoup de passion, a résumé De Santis. En Argentine, le niveau de jeu est élevé et très physique. Il gère bien ses émotions, mais s'il faut envoyer un coup à quelqu'un pour passer un message, il va le faire.»

«Il a le style du taureau, qui ne lâche jamais, illustre l'entraîneur Marco Schällibaum. C'est important d'avoir un joueur comme ça qui ne lâche pas.»

L'arrivée de Bernardello coïncide avec un passage à vide du onze montréalais. Il ne s'agit sûrement pas d'un hasard. Les cadres ont-ils estimé qu'il manquait de hargne dans l'effectif? «Je pense qu'on a besoin de joueurs un peu plus agressifs, concède Patrice Bernier. Contre certaines équipes plus athlétiques, plus agressives, on a parfois du mal à partir. Notre style est plus technique alors d'avoir un joueur comme ça va apporter plus de hargne, plus de vie dans l'équipe.»

Bernier pourrait profiter de l'arrivée de l'Argentin. Le Québécois ne s'en cache pas, il préférerait occuper un rôle plus offensif. Les entraîneurs ont préféré lui donner celui de récupérateur; une position «ingrate, dans l'ombre» dit-il. Bernardello pourrait donc venir remplir ce rôle et permettre à Bernier d'en occuper un plus près des buts adverses.

Rajeunir l'équipe

Bernardello est devenu le deuxième joueur désigné de l'Impact. Son salaire, puisqu'il excède 368 750 $, n'est pas inclus dans la masse salariale. Marco Di Vaio, l'autre joueur désigné, touchera 1,9 million cette saison. Le salaire de Bernardello n'a pas encore été divulgué par l'Impact.

Si les noms de Di Vaio et d'Alessandro Nesta résonnent, celui de Bernardello reste relativement inconnu. Pourquoi commande-t-il un statut de joueur désigné? Parce que l'Argentin est encore jeune et loin de la fin de carrière.

«C'est un joueur de 26 ans qui n'est même pas à son apogée. Il a fait trois ans en Espagne dans un championnat élevé. Il a joué dans les six dernières années plus de 30 matchs par année. C'est un joueur important et sa venue démontre que la MLS prend de plus en plus de place dans le soccer mondial», croit le directeur technique.

Son arrivée va d'ailleurs permettre de rajeunir quelque peu l'effectif. Alessandro Nesta (37 ans), Marco Di Vaio (37 ans), Patrice Bernier (33 ans) et Matteo Ferrari (33 ans) ont déjà vu neiger.

«Il faut regarder l'avenir. Il n'a que 26 ans, c'est important aussi, note Marco Schällibaum. Je n'ai rien contre les autres joueurs qui font un excellent travail. Mais certains ont déjà passé 34 ans. Il faut aussi investir pour l'avenir.»