Voilà déjà un an que 80 jeunes, répartis au sein de quatre équipes, ont intégré la structure de l'Académie de l'Impact. Si l'objectif est de dénicher le maximum de joueurs qui arboreront, un jour, le maillot de l'équipe professionnelle, elle intègre également des volets éducatifs et humains.

Mis à jour le 27 août 2012
Pascal Milano LA PRESSE

En ce sens, la première année de l'Académie s'est déroulée sans véritable accroc. Karl Ouimette a montré la voie en devenant un joueur de la MLS. La réussite scolaire des jeunes a aussi été au rendez-vous.

«Je pense même que nous sommes en avance par rapport aux objectifs initiaux, juge le directeur de l'Académie et entraîneur-chef des moins de 21 ans, Philippe Eullaffroy. Sur un plan soccer, les jeunes ont bien progressé et au niveau scolaire, ils ont tous réussit leurs examens de secondaire.»

Cette première année, ou année zéro, selon Eullaffroy, devait surtout conforter les idées couchées auparavant sur papier. En quelques mois, le club a dû recruter des entraîneurs, des joueurs et bâtir un cadre de vie qui mêlerait terrain de soccer et salles de classe.

Car l'Impact est le premier club du genre en Amérique du Nord à avoir lié un tel parcours scolaire à une équipe professionnelle dans le cadre d'un programme sport-études - pour ses pensionnaires de moins de 16 ans. Il est également l'un des très rares à accueillir des jeunes joueurs dès l'âge de 12 ans. Si la vaste majorité est originaire de la grande région de Montréal, d'autres jeunes logent dans des familles d'accueil ou dans des résidences de l'école secondaire Henri-Bourassa.

Les défis étaient donc nombreux, autant sportifs, scolaires que logistiques. «Le plus dur a été d'avoir les idées, de les rendre applicables et surtout de les réaliser, estime Eullaffroy. Cette année, nous étions dans cette grande phase de réalisation et d'ajustement afin de voir si nous n'étions pas dans le champ. Cela s'est passé mieux que prévu.»

Une semaine bien occupée

La vie des académiciens est bien compartimentée. Ils vont à l'école le matin, se mettent à table ensuite, avant de prendre une navette vers le centre d'entraînement. S'en suit une séance de 90 minutes, puis une autre période d'études avant le retour à la maison. Ce rythme se succède du lundi au vendredi avec, pour les plus âgés, un match la fin de semaine.

À côté du terrain, le joueur touche à une multitude de sujets liés de près ou de loin au soccer, comme la nutrition, la gestion du stress, l'histoire du sport et l'utilité de maintenir une communication adéquate - dans les réseaux sociaux ou face aux médias. Wandrille Lefevre, présent au club depuis 18 mois, a pu voir la différence dans l'encadrement.

«En termes de qualité et de quantité, nous avons encore plus de personnel pour nous entourer par rapport à ma première année, a souligné le joueur de 23 ans. Et puis, il y a ce feeling particulier avec l'engouement autour de l'Impact depuis son entrée dans la MLS...»

Relation privilégiée

La réussite de l'Académie est aussi intimement liée à la relation qu'elle maintient avec l'équipe première de Jesse Marsch. Les joueurs, surtout les moins de 21 ans, doivent percevoir que les deux entités coexistent et que les efforts déployés lors des entraînements et des matchs ne sombrent pas dans l'oubli.

Mauro Biello joue ce rôle d'intermédiaire qui a permis à quelques académiciens de participer à des matchs de la Ligue de réserve de la MLS. «Il vient voir tous les matchs, nous avons des réunions trois à quatre fois par mois et nous nous appelons quasiment tous les jours. Il connaît les jeunes», a révélé Eullaffroy.

L'ex-milieu montréalais a également pu voir les espoirs à l'oeuvre lors de matchs organisés, lorsque le calendrier le permet, entre les professionnels et les équipes de l'Académie. Dans tout ce processus et ces échanges, Biello ne doute pas que le partage d'une philosophie commune est la clé de voute d'un gain à long terme.

«C'est important d'avoir cette philosophie. Avec les plus jeunes, on peut déjà commencer à travailler sur un certain style que l'on veut implanter chez les pros. Le jeune connaîtra déjà les attentes de l'entraîneur et la façon de se comporter sur le terrain. Si nous avons cette cohésion, nous allons avoir du succès dans le futur», espère l'ancien numéro 20.

Justement, dans combien de temps les premiers effets de l'Académie se feront sentir? Plus vite que prévu, selon Eullaffroy qui énumère la liste des espoirs qu'ils côtoient quotidiennement. Ouimette pourrait bien retrouver de vieilles connaissances, dès 2013...

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Un nouveau championnat

Dans deux semaines, les équipes de moins de 16 ans et de moins de 18 ans feront leurs débuts au sein de la US Soccer Development Academy. Ce championnat regroupe 80 équipes, dont 17 Académies de clubs évoluant dans la MLS.

Crée en 2007 par la Fédération américaine, la ligue permettra aux Montréalais de disputer un calendrier de 25 à 30 matchs. Ils feront leur entrée au sein de la division Nord-Est face, notamment, aux académies des Red Bulls et du Cosmos de New York ou du Revolution de la Nouvelle-Angleterre.

«Le calibre de jeu est très élevé avec l'avantage d'avoir une saison qui s'étale sur  10 mois, calquée sur le calendrier scolaire, précise Philippe Eullaffroy. Des évènements au Texas ou en Floride permettent d'affronter d'autres académies comme Los Angeles, Kansas City. Nous avons ainsi accès à une expérience internationale, car nous allons être confrontés à différents types de soccer.»