Peu importe le sport, Philadelphie n'est pas la plus hospitalière des villes pour un club visiteur. Le postulat se vérifie de nouveau pour l'Union qui s'est remis en marche depuis la nomination de John Hackworth à la barre de l'équipe, le 13 juin.

Mis à jour le 14 juill. 2012
Pascal Milano LA PRESSE

Depuis son arrivée à la place de l'autoritaire Peter Nowak, l'Union a complètement changé de visage. Ancien entraîneur de l'équipe américaine des moins de 17 ans, Hackworth a non seulement une meilleure compréhension de la jeune génération, mais il n'a pas hésité non plus à la mettre à l'avant-scène. Depuis la mi-juin, il s'est abondamment appuyé sur les attaquants Jack McInerney et Antoine Hoppenot, le défenseur Amobi Akugo ou le gardien Zac MacMath.

Inspiré par cette belle jeunesse, l'Union a récemment écrasé Kansas City, donné une leçon à Toronto et battu Los Angeles au Home Depot Center. Il a marqué 10 buts lors de ses quatre derniers matchs avec, comme seul accroc, un revers de 2 à 1, à Houston.

«La clé sera de nous occuper de leurs joueurs à caractère offensif. Ils ont été dangereux, mobiles et ont marqué de nombreux buts, a insisté Jesse Marsch à propos du match opposant les deux équipes, ce soir à 19h. Nous devons être organisés au niveau individuel, mais aussi solidaires lorsqu'un joueur se fait battre par son adversaire.»

S'il ne fait pas partie de la toute dernière distribution de l'Union, l'ex-prodige Freddy Adu, 23 ans seulement, a également haussé son niveau de jeu ces dernières semaines. Buteur contre Toronto, la semaine dernière, il a aussi dérouté le quatuor défensif ontarien par ses dribles et sa rapidité.

Contre l'Impact, il devrait être l'adversaire direct de Zarek Valentin, qui a l'avantage de bien le connaître. Adu a déjà été colocataire de l'un des frères du numéro 19. Les deux jeunes joueurs ont également fait un bout de chemin ensemble, en mars, avec la sélection olympique des États-Unis.

«Je sais à quel point il peut être dangereux et il est un joueur clé de leur attaque actuellement, a résumé Valentin. Il faut le museler, mais je sais que cela ne sera une tâche facile. Qu'il soit du côté de Jeb Brovsky (à gauche), du mien ou dans l'axe, nous devrons le surveiller étroitement et savoir où il se trouve.»

Devant un ennemi qui aime maintenant monopoliser le ballon - plus de 70 % lors de la première mi-temps face à Toronto -, l'Impact sait parfaitement à quoi s'attendre dans un stade bruyant et baignant dans une chaleur accablante. Le onze montréalais devra faire preuve de patience et profiter de la moindre occasion.

«Philadelphie est une équipe qui a beaucoup changé et qui est gonflée à bloc mentalement. Mais nous sommes à l'extérieur, nous devons rester calmes, car c'est probablement eux qui vont dicter le jeu. Il faudra attendre nos occasions et être astucieux», a assuré Patrice Bernier qui retrouvera, devant lui, des visages plus familiers. Felipe et Davy Arnaud seront en effet titulaires après avoir raté le dernier match à cause d'une accumulation de suspensions.

Semaine cruciale

Après une semaine plus calme, sauf sur le front des transactions, ce match en Pennsylvanie se veut la première manche d'une semaine en trois temps. En sept jours, l'Impact va croiser trois adversaires directs dans l'optique de la course pour les séries. Avec trois, voire quatre matchs de plus que ses adversaires au compteur, les Montréalais s'apprêtent donc à vivre une semaine particulièrement importante.

«Cela pourrait vraiment nous aider au classement si nous connaissions une bonne semaine face à des adversaires qui sont aussi en lutte pour une place en séries. C'est le genre de matchs que tu aimes disputer, car tu peux affecter directement leurs résultats», a souligné Arnaud.

Populaire comme Valentin

Auteur de son premier but professionnel la semaine dernière, Zarek Valentin sera quasiment accueilli en héros au PPL Park. Né à Lancaster, à 90 minutes de route de Philadelphie, le latéral gauche montréalais pourra compter sur le soutien d'un contingent de 300 à 500 personnes. «C'est bien de rentrer à la maison, d'avoir ce type de support et de jouer devant sa famille. Mais le plus important est de bien jouer et de ne pas trop se soucier de cela avant la fin du match», a-t-il indiqué.

De Guzman à Dallas

L'échange de joueur désigné est une chose extrêmement rare dans la MLS. Le Toronto FC a franchi le pas, hier, en envoyant Julian de Guzman au FC Dallas en échange d'un autre milieu de terrain, Andrew Wiedeman. Arrivé en 2009 en Ontario, l'international canadien a, depuis, été la cible de nombreuses critiques. «Cela a été difficile dès son arrivée, il y avait beaucoup d'attentes autour de lui, a rappelé Patrice Bernier qui l'a côtoyé avec la sélection nationale. Je crois qu'ils ne l'ont pas aidé à devenir un élément clé. J'espère qu'il pourra maintenant apprécier le soccer sans composer avec tout le stress qu'il a vécu à Toronto.»