Le procès du défenseur de l'équipe d'Angleterre et de Chelsea John Terry, accusé d'avoir proféré des insultes racistes au cours d'un match de Championnat d'Angleterre, a débuté lundi à Londres.

Mis à jour le 9 juill. 2012
AGENCE FRANCE-PRESSE

John Terry est accusé d'avoir agressé verbalement Anton Ferdinand, joueur des Rangers de Queens Park, le 23 octobre.

S'il est reconnu coupable, il pourrait écoper d'une amende de 2500 livres (3150 euros). Mais les conséquences d'une éventuelle condamnation pourraient être bien plus désastreuses en terme commercial pour le joueur.

Terry, vêtu d'un costume gris, d'une chemise blanche et d'une cravate rose, n'a pas fait de commentaires à la presse lundi à son arrivée au tribunal de Londres, où son procès doit durer cinq jours. «Bonne chance John», lui ont lancé quelques supporteurs.

Lors d'une précédente audience, les avocats de John Terry avaient plaidé non coupable pour leur client.

Le procès du joueur anglais avait été reporté après l'Euro 2012 auquel Terry a participé, plusieurs autres joueurs de Chelsea n'étant pas en mesure de comparaître comme témoins avant la fin de la saison.

«Le parquet prétend que les mots utilisés ont démontré une hostilité basée sur l'appartenance de M. Ferdinand ou son appartenance présumée à un groupe racial», a déclaré Duncan Penny pour le ministère public, au début du procès lundi.

Terry, 31 ans, a promis de «se battre bec et ongles pour prouver son innocence», jurant «avoir toujours lutté contre le racisme» et «compter parmi ses proches amis des gens de toutes races et de toutes croyances».

Il affirme que les propos qui lui sont reprochés, dont la nature ne fait guère de doute au vu des images circulant sur internet, ont été sortis de leur contexte, celui d'un match de haute intensité où les nerfs peuvent s'échauffer rapidement, et mal interprétés.

L'affaire, qui a coûté à John Terry le brassard de capitaine de l'équipe d'Angleterre, a touché une corde sensible au Royaume-Uni, où l'image du soccer a parfois été ternie par le racisme.

C'est pour lutter contre les abus, allant des cris de singe aux jets de bananes, dont les joueurs noirs ont été victimes à de multiples reprises, que la campagne «Montre le carton rouge au racisme» a été créée en 1996 en Grande-Bretagne.