Marie-Ève Nault rêvait, enfant, de pouvoir affronter l'élite mondiale dans la Coupe du monde féminine de soccer. À 29 ans, ses «idées naïves de jeune fille» sont sur le point de devenir réalité de spectaculaire façon.

Marc Thibodeau LA PRESSE

Aux côtés des autres joueuses de l'équipe nationale canadienne, l'athlète originaire de Trois-Rivières foulera demain l'herbe du Stade olympique de Berlin, devant 70 000 spectateurs, à l'occasion du match d'ouverture de la prestigieuse compétition internationale.

Elles feront face, dans ce lieu empreint d'histoire, à la formation nationale allemande, qui espère bien remporter la Coupe pour une troisième fois de suite avec l'appui de ses partisans.

Après s'être entraînée loin des projecteurs pendant trois mois en Italie, l'équipe canadienne est arrivée dimanche dernier dans la mégapole allemande et a tout de suite pu mesurer l'importance du défi qui l'attend.

«En sortant de l'aéroport, il y avait des photographes qui nous attendaient. Et un gros autobus avec le mot «Canada» et le logo de la Coupe du monde. Ce qui m'arrive commence à rentrer tranquillement... Disons que l'adrénaline monte», déclarait il y a quelques jours à La Presse la jeune femme, qui compte 43 apparitions en équipe nationale.

Nouvelle entraîneuse

La joueuse, sélectionnée une première fois en 2004, a dû attendre cinq ans avant d'être rappelée en 2009 à l'arrivée de la nouvelle entraîneuse de l'équipe, Carolina Morace.

Sous sa gouverne, l'équipe a changé radicalement son style de jeu et remporté à l'automne le tournoi de la CONCACAF, multipliant les succès pour se hisser dans le processus jusqu'au sixième rang du classement de la Fédération internationale de football (FIFA).

Cette ex-attaquante vedette de l'équipe nationale italienne s'est félicitée jeudi à l'issue d'une séance d'entraînement à Berlin que les joueuses aient adhéré rapidement à son approche. «Nous avons été chanceuses parce que les résultats positifs ont immédiatement commencé à s'accumuler», a-t-elle souligné.

La sélectionneuse se dit persuadée que ses joueuses tiendront le coup dans le stade demain face à la formation allemande et la foule partisane. «Je pense que la pression est bien plus sur les joueuses allemandes que sur nous», a-t-elle relevé.

L'équipe canadienne doit composer avec le souvenir d'une défaite de 5-0 encaissée à l'automne contre la formation allemande. Un match que les joueuses ne veulent «surtout pas» oublier, souligne Rhian Wilkinson, la seule autre membre québécoise de l'équipe nationale canadienne.

«Elles nous ont donné une vraie leçon cette journée-là... C'était presque une bonne chose puisque nous étions devenues un peu trop confiantes dans l'idée que nous étions rendues à notre meilleur. La défaite a vraiment été importante dans l'évolution de notre attitude», explique en entrevue la joueuse de 29 ans, qui en est à sa troisième Coupe du monde.

Groupe de la mort

Quoi qu'il advienne face à l'Allemagne, le Canada aura fort à faire ensuite puisque les deux autres équipes de son groupe, la France et le Nigéria, peuvent aussi constituer une menace. L'équipe française, classée septième par la FIFA, compte dans ses rangs plusieurs joueuses de l'équipe de Lyon qui a récemment remporté la Ligue des champions.

«J'ai entendu beaucoup d'autres pays dire que leur groupe était le groupe de la mort, mais je pense vraiment, vraiment que c'est nous qui sommes dedans», souligne Wilkinson, qui est originaire de Baie-D'Urfé.

Malgré l'importance des enjeux, la formation paraissait très détendue lors de l'entraînement de jeudi. «La chimie de l'équipe ne fait qu'augmenter de jour en jour», relève Marie-Ève Nault.

La joueuse espère que le cheminement de l'équipe nationale sera suivi de près au Canada et donnera un coup de pouce additionnel à la pratique du soccer féminin au pays, où se déroulera la prochaine édition de la Coupe du monde, en 2015.

«L'important, pour l'heure, c'est de donner tout ce qu'on a pour ne pas avoir de regrets», conclut-elle.