La frontière entre l'audace et la naïveté est très mince. Le choix du sélectionneur chilien, Marcelo Bielsa, de maintenir une défense à trois est revenu le hanter lorsque le Brésil a inscrit deux buts sur contre-attaque pour l'emporter 3-0.

Pascal Milano LA PRESSE

Tout opposait ces deux pays avant le match. Alors que Chili est reconnu pour son plan de jeu ambitieux et offensif, le Brésil de Dunga misait plutôt sur sa discipline défensive et les contre-attaques.

Naturellement, le Chili a entamé le match très fort avec un pressing très haut sur le terrain. Pas de quoi gêner une défense brésilienne sereine, toujours protégée par deux milieux récupérateurs lors des montées des arrières latéraux.

Le Chili, qui est la plus petite équipe du tournoi, a craqué sur un corner de Maicon repris de la tête par Juan (34e). Dès lors, chaque perte de balle est devenue une menace avec des Brésiliens heureux de profiter de tant d'espaces pour opérer en contre.

Quatre minutes plus tard, ils se sont ainsi retrouvés en situation de trois contre trois dans les 20 derniers mètres adverses. Robinho a trouvé Kaka dans l'axe. Kaka a lancé Luis Fabiano à la limite du hors-jeu. Le pensionnaire du FC Séville n'a pas raté cette occasion et le Brésil a coulé le Chili à l'aide de quelques touches de balle seulement.

Le Brésil a évidemment continué dans cet esprit en laissant venir le Chili dans son camp. Mais comme lors du premier tour, les Beausejour, Valdivia, Sanchez se sont illustrés par un manque de finition assez flagrant. Et avec souvent huit ou neuf Brésiliens derrière le ballon, ils n'ont jamais vraiment percé le bloc auriverde.

C'est plutôt Robinho qui a assuré la victoire brésilienne après une perte de balle en milieu du terrain et une remontée plein axe de Ramires.

À défaut d'être spectaculaire comme le Chili, le Brésil a de nouveau étalé son efficacité. C'est cela qui fait gagner les grandes compétitions.

Une première depuis 1998

Si le Brésil est un habitué des quarts de finale, les Pays-Bas - son futur adversaire - n'ont plus atteint ce niveau depuis 12 ans. Ils y sont parvenus sans forcer leur talent face à une équipe slovaque rapidement à court de solutions.

Blessé lors de la phase de préparation, Arjen Robben a entrepris le match au poste de milieu droit dans le 4-2-3-1 néerlandais. Comme il l'a fait toute la saison avec le Bayern Munich, le gaucher a fait trembler les filets après avoir repiqué dans l'axe et s'être remis sur son bon pied (17e minute).

Cette ouverture du score a forcé la Slovaquie à faire le jeu mais également à s'exposer aux contres néerlandais.

Son incapacité à déranger le bloc oranje, avec le meneur Marek Hamsik placé un cran trop bas, a duré jusqu'à l'heure de jeu. Le gardien Maarten Stekelenburg a alors fait deux belles parades aux dépens de Miroslav Stoch et de Robert Vittek.

Ces deux petits soubresauts et des changements trop tardifs n'ont pas été suffisants face à des Néerlandais qui ont attendu les cinq dernières minutes pour se mettre à l'abri. Le penalty transformé par Robert Vittek dans le temps additionnel est anecdotique.