On a appris ce week-end que deux Pakistanais, dont l'un était apparemment recherché pour son implication dans l'attaque terroriste de Bombai, en 2008, avaient été arrêtés à la frontière entre le Zimbabwe et l'Afrique du Sud.

Jean-François Bégin LA PRESSE

Si j'étais un terroriste et que je voulais frapper lors d'un match de la Coupe du monde, je m'arrangerais pour me faire accréditer comme journaliste. Il n'y a pas deux stades où les règles sont identiques. Et la sévérité des contrôles n'est pas exactement celle de l'aéroport de Tel-Aviv, mettons.

À Soccer City, le premier jour du tournoi, on ne se préoccupait même pas d'utiliser les scanners à rayons X pour vérifier le contenu des sacs. Ailleurs, on peut régulièrement passer sans être inquiété dans le détecteur de métal, même si la machine fait bip-bip-bip comme si on avait dans les poches un arsenal digne du Terminator. Et les sympathiques responsables de la sécurité nous demandent en riant si on a caché une bombe ou un fusil...

Par contre, à Bloemfontein, une préposée note systématiquement le numéro de série de l'ordinateur portable de chaque journaliste. Bonne idée. Ça permettra de renvoyer la dépouille de mon ordinateur à La Presse au cas où une bombe explose dans la tribune de presse.

À Pretoria, lors du match États-Unis-Algérie, les responsables ont décidé de saisir toute bouteille de liquide: eau, boisson gazeuse, etc. dans les sacs des représentants des médias. Sur le coup, je me suis dit qu'on avait resserré les règles à cause de la présence de Bill Clinton. Mais le chat est sorti du sac quand une superviseure a dit au journaliste qui faisait la file devant moi qu'il devait s'approvisionner dans les concessions alimentaires à l'intérieur du stade.

Sécurité ou protection des commanditaires de la FIFA?

La sécurité, bis

Je suis allé deux fois en une semaine à Bloemfontein. J'ai été déçu de ne pas y croiser de hobbit - c'est la ville natale de J.R.R. Tolkien, qui y a passé ses premières années avant de déménager en Angleterre avec sa famille. Sinon, je me suis bien amusé, grâce aux «exploits» de la France et de l'Angleterre.

J'ai passé la nuit de dimanche chez un couple de professeurs qui, profitant de l'affluence pour le match Allemagne-Angleterre, avaient transformé leur maison en bed&breakfast pour une journée. Le monsieur, hyper-attentionné, m'a fait une dernière remarque avant de refermer la porte de ma chambre: «À Bloemfontein, il n'y a pas de crime. Pas de crime du tout», m'a-t-il assuré. J'ai entrebâillé les rideaux: à travers les barreaux soudés dans la brique, la vue sur le mur surmonté de barbelés était magnifique.

L'insécurité (alimentaire)

J'ai la fâcheuse habitude de m'endormir au volant. Pour me tenir éveillé, je passe mon temps à zapper d'une station de radio à l'autre. Entendu dimanche, pendant le trajet de 400 km entre Johannesburg et Bloemfontein: «Si vous voulez rester en santé, évitez le sucre, les gras saturés et le sel.»

Une bonne chose que l'animatrice ait dit ça: cela m'a rappelé de jeter les canettes de Coke et de Red Bull, le sac de chips vide et le papier d'emballage de chocolat qui traînaient dans la voiture.