Ah! les beaux jours qui nous attendent: Brésil-Pays-Bas vendredi, en quarts de finale de la Coupe du monde, avec un duel entre l'Allemagne et l'Argentine pour dessert le lendemain. Peut-on sérieusement demander mieux?

Jean-François Bégin LA PRESSE

Pour ceux qui doutaient encore du Brésil, dormez en paix. Dans sa victoire facile de 3-0 contre le Chili, à Ellis Park, le stade où elle a remporté la Coupe des Confédérations l'été dernier, l'équipe de l'entraîneur Dunga a prouvé une fois pour toutes qu'elle présente un mélange idéal d'imagination, de vitesse et de puissance. Avec juste ce qu'il faut de pragmatisme pour tuer dans l'oeuf toute velléité de remontée chez l'adversaire.

La classe.

Il est difficile de trouver un point faible dans une formation aussi équilibrée. En fait, ce qui est affolant pour les opposants du Brésil, c'est que la menace vient de partout.

Luis Fabiano, Robinho et Kaka - même si ce dernier ne semble pas au sommet de sa forme - forment un terrifiant triumvirat à l'avant. Mais ils ne sont pas seuls. On a vu contre la Corée du Nord le danger que représente le latéral droit Maicon. Son superbe but du pied droit, dans un angle complètement fermé, avait complètement mystifié le gardien nord-coréen.

Hier, le défenseur de l'Inter Milan a été à l'origine du premier but de la Seleçao, son corner trouvant son compère de la ligne arrière, Juan, que les Chiliens avaient étrangement oublié de marquer. Une tête parfaitement exécutée, le ballon rasant la barre horizontale, hors de portée du gardien Claudio Bravo.

Le temps de se dire «le Chili va devoir ouvrir la machine et sera vulnérable à la contre-attaque» et boum, Kaka redirige une passe de Robinho à Luis Fabiano, entre les deux arrières centraux chiliens. Un petit pas de deux pour déjouer Bravo et c'était 2-0.

Rendu là, on savait que c'était dans la poche et que le Chili, comme en France en 1998, se ferait sortir par le Brésil en huitièmes de finale.

Mais les Brésiliens avaient encore quelques petits tours de magie en réserve, comme cette électrisante cavalcade de l'arrière central Lucio, qui s'est frayé un chemin, ballon au pied, à travers toute la partie centrale du terrain, à la 55e minute. Ou encore le slalom du milieu Ramires, qui s'est faufilé jusqu'à l'entrée de la surface, six minutes plus tard, attirant quatre défenseurs vers lui avant de remettre le ballon sur la gauche à Robinho, qui n'a eu aucun mal à compléter le pointage.

Maicon, Lucio, Juan - les défenseurs brésiliens n'ont pas seulement la carrure de l'emploi. Ils ont aussi ce qui fait terriblement défaut à la plupart des arrières anglais, par exemple: de la vitesse. Une vitesse qu'ils mettent à profit non seulement vers l'avant, mais aussi dans leur territoire, où ils sont rarement pris en défaut.

Il est vrai que le Chili s'accommode historiquement mal du Brésil. C'était le 65e match de l'histoire entre les deux pays, et la 47e victoire du Brésil, qui n'a encaissé que sept défaites contre la Roja. Le Brésil n'a pas perdu contre le Chili au cours des 10 dernières années. Depuis que Dunga a pris la tête de la sélection, le Brésil a gagné six fois et a eu l'avantage 23-3 au chapitre des buts.

Pour autant, l'entraîneur du Chili, l'Argentin Marcelo Bielsa, avait dit la veille du match qu'il souhaitait que son équipe «se fasse une petite place dans l'histoire» en battant le Brésil. Les fans du Chili qui avaient hissé dans un coin des gradins une énorme bannière sur laquelle on lisait «Montréal» et, en caractères plus petits, «Québec» n'en espéraient sûrement pas moins.

Malheureusement pour eux, la tâche était compliquée, hier, par l'absence de trois partants suspendus, dont les défenseurs centraux Gary Medel et Waldo Ponce.

La victoire brésilienne, jumelée à celle des Pays-Bas sur la Slovaquie (2-1), quelques heures plus tôt, ouvre la porte à un affrontement entre les Auriverde et les Oranje. «Les Pays-Bas ont une riche tradition en Coupe du monde et jouent de manière très similaire aux équipes sud-américaines, alors nous devrons être extrêmement prudents, a dit Dunga. Nous devons nous préparer à faire face à d'excellents joueurs sur le plan technique. Ils ont une équipe solide.»

Aussi solide que celle du Brésil? On le saura vendredi, en direct de Port Elizabeth. Dix heures, heure de Montréal. Une bonne journée pour se découvrir une vilaine grippe et ne pas rentrer au bureau, si vous voulez mon avis.