Pendant que la FIFA refusait toujours de dire quoi que ce soit à propos des erreurs grossières commises par des arbitres à la Coupe du monde, le débat concernant l'introduction de la vidéo au soccer gagnait en intensité.

ASSOCIATED PRESS

L'organisme de régie du soccer mondial n'a délégué aucun officiel responsable de l'arbitrage à son point de presse quotidien, lundi, en dépit de la colère qui gronde depuis dimanche, alors que des décisions erronées ont contribué à l'élimination de l'Angleterre et du Mexique.

Le président de la FIFA, Sepp Blatter, n'avait toujours offert aucun commentaire public - pas même sur son compte Twitter - depuis qu'il a assisté aux rencontres des deux équipes, et constaté de ses propres yeux les erreurs de jugement commises par deux arbitres et leurs adjoints.

À cause d'une série de refus par la FIFA d'instaurer la technologie vidéo, les arbitres n'ont pas accès aux reprises que voient des centaines de millions de téléspectateurs quelques secondes seulement après un jeu, et que même les spectateurs dans la plupart des stades voient sur écran géant.

«Ainsi soit-il et laissons le football avec ses erreurs», avait dit Blatter en 2008, quand on avait lancé une période d'essai de reprises vidéo et de technologie à la ligne de but. Celle-ci avait été stoppée par le comité des règlements de la FIFA.

Sauf que les opposants de cette politique conservatrice se sont bruyamment manifestés, lundi. Parmi eux, Guus Hiddink, qui a une longue d'expérience d'entraîneur à la Coupe du monde, ayant notamment mené deux équipes différentes jusqu'en demi-finales.

«Sepp Blatter devrait annoncer demain que les reprises vidéo seront implantées, sinon il doit remettre sa démission», a lancé Hiddink.

L'organisme qui représente les joueurs un peu partout dans le monde a aussi exigé que les arbitres puissent jouir d'outils modernes pour mieux faire leur travail.

«Nous pouvons le faire, le monde du football le veut et pourtant, on l'empêche. C'est inacceptable», a déclaré le porte-parole de FIFPro Tijs Tummers.

Le principal dirigeant de la Fédération américaine de soccer s'est dit d'accord que la Major League Soccer, aux États-Unis, fasse l'expérience de changements qui permettraient de réduire les chances d'erreurs des officiels sur le terrain.

«Nous serions heureux de faire certains essais, pas en ce qui concerne les lois du jeu ou des choses du genre, mais certainement avec un arbitre supplémentaire ou de la technologie», a déclaré le président de la USSF, Sunil Gulati, lundi.

La chorale de critiques a atteint une telle intensité qu'elle risquait de porter ombrage à l'une des journées de compétition les plus attendues du tournoi, alors que des équipes de premier niveau telles que le Brésil et les Pays-Bas devaient jouer.

La FIFA avait au moins un homme pour défendre sa position, soit le sélectionneur brésilien Dunga, en ce sens que toute publicité est de la bonne publicité.

«Je garderais les choses pareilles, a dit Dunga aux journalistes. S'il n'y a pas de controverse dans le football, vous ne seriez pas ici et je ne serais pas ici.»

De toute évidence, le débat ne plaît pas à la FIFA, qui espérait avoir fermé le dossier de la technologique en mars dernier, quand son comité des règlements avait refusé d'effectuer de nouveaux essais en ce sens.

Et la FIFA n'avait pas le goût de ranimer le débat, lundi, à mi-chemin de son tournoi par excellence.

Faisant l'objet de plusieurs questions hostiles lors d'un point de presse qui a attiré deux fois plus de reporters que d'habitude, le porte-parole de la FIFA Nicolas Maingot a dit ne pas avoir la compétence pour discuter des décisions prises par les arbitres ou le comité des règlements.

«Nous n'allons évidemment pas rouvrir quelque débat que ce soit, a dit Maingot. Évidemment, ceci n'est pas l'endroit pour ça.»