Peu en vue en Angola en janvier alors qu'il brillait encore à Chelsea en décembre, Didier Drogba assure avant le quart de la CAN-2010 contre l'Algérie dimanche qu'il a digéré la transition et que la Côte d'Ivoire peut de nouveau miser sur son roi des Eléphants.

Colin Droniou AGENCE FRANCE-PRESSE

S'il en était besoin après deux prestations en demi-teinte, son but tardif contre le Ghana (3-1), inscrit en prenant le dessus sur son adversaire pour transformer d'une tête puissante un centre de Keita, rappelle à tous que la bête est surtout dangereuse quand elle est blessée.

«Didier est un joueur qui finit toujours par faire la différence», assène ainsi son entraîneur Vahid Halilhodzic qui met ce temps d'adaptation sur le compte de la chaleur ou l'état des terrains angolais. «Cet homme n'est pas une machine. C'est bien qu'il ait inscrit ce but. Ca peut le libérer un peu plus, renforcer son plaisir et sa volonté. Peu à peu il va retrouver ses moyens.»

«Franchement, ce but fait du bien parce qu'il soulage l'équipe et non parce que c'est mon 1er de la compétition, relativise l'attaquant de 31 ans. J'ai déjà marqué à la CAN alors un de plus ou un de moins, ça ne change rien à mon objectif. Je n'étais pas à la recherche d'un déclic. Je n'en ai pas besoin.»

Le drame du Togo l'a affecté

Idole de tout un peuple et icône mondiale du football, Drogba concentre sur lui tous les regards et les attentes dans son pays. A la longue, et même s'il est habitué, cela peut s'avérer déstabilisant.

Quand le Malawi et la Côte d'Ivoire se chamaillent au sujet de l'occupation du terrain d'entraînement, c'est ainsi lui qui va parlementer avec le président de la Fédération malawite et l'apaiser.

Le drame vécu par le Togo l'a aussi affecté plus qu'il ne veut l'avouer. En sentant qu'il était une cible privilégiée pour d'éventuels indépendantistes dissimulés dans la forêt toute proche alors que les Ivoiriens vivent reclus à Cabinda depuis 15 jours, il a même ressenti des craintes personnelles.

«La pression liée à ça est évacuée, rassure-t-il. Par rapport à la compétition, c'est oublié mentalement et psychologiquement et maintenant je me sens bien physiquement, techniquement.»

Voilà de quoi rassurer les plus inquiets des Ivoiriens, qui voyaient bien que l'entrée en matière de leur champion, même s'il n'a jamais failli dans la combativité, les appels et les duels, avait été plutôt timide et éloignée de ses standards européens.

Changement tactique

«Jouer sur de tels terrains ce n'est pas facile même si c'est le même pour les deux équipes. Inquiétez-vous si vous voulez mais on ne peut vraiment pas comparer les conditions en Europe et ici», explique-t-il.

Dans l'entourage de la sélection ivoirienne, certains expliquent également que le changement tactique lui imposait une période de réglage. Car s'il forme un binôme particulièrement efficace avec Anelka à Chelsea, en sélection il évolue seul en pointe, avec les ailiers Gervinho et Kalou à ses côtés.

Malheureusement pour l'Algérie, l'acclimatation semble bien réelle et le capitaine des Eléphants, qui mène toujours le groupe lors des footings et a étalé mercredi sa décontraction en chahutant avec Zokora et Tiené, promet même «un duel anglo-saxon» de haute volée avec le Rangers Bouguerra.

«On ne doit plus se cacher, mais pour remporter le trophée, il faudra montrer quelque chose de plus», prévient encore l'ex-Marseillais.

Et si ce «quelque chose» c'était lui?