Le président de la Fédération internationale de football (Fifa), Joseph Blatter, et son homologue de l'UEFA, Michel Platini, ont espéré mercredi que la vie privée des joueurs soit respectée en matière de lutte contre le dopage avec la question de la localisation.

AGENCE FRANCE-PRESSE

«Il ne faut pas se lancer dans une chasse aux sorcières quand il s'agit de parler de dopage. Nous, dans le football, nous étions des précurseurs, nous étions là depuis les premiers jours, il y a plus de dix ans en arrière», a déclaré M. Blatter lors du 33e Congrès ordinaire de l'UEFA à Copenhague.

«Nous sommes la fédération internationale qui fait le plus de contrôles antidopage, mais s'il vous plait, laissez un minimum de vie privée pour nos sportifs», a-t-il ajouté en référence aux questions de localisation auxquelles doivent se soumettre depuis le 1er janvier certains joueurs.

«Les joueurs de football ne peuvent pas être sous contrôle 365 jours sur 365, on demande simplement à ce que les joueurs soient laissés en paix quand ils passent leurs vacances avec leur famille», a ajouté M. Platini lors de la conférence de presse clôturant le 33e congrès.

Mardi, la Fifa et l'UEFA avaient formellement rejeté dans un communiqué commun «les localisations individuelles, et veulent les voir remplacées par les localisations collectives, c'est-à-dire dans le cadre de l'équipe et l'infrastructure du stade».

Le président de l'Agence mondiale antidopage (AMA) John Fahey a accusé mercredi l'UEFA et la Fifa «d'ignorer la réalité du dopage dans le sport», en refusant les exigences de localisation.

«Un des principes clés d'un contrôle antidopage efficace est l'effet de surprise et la possibilité de contrôle d'un athlète sans préavis 365 jours par an», a déclaré John Fahey dans un communiqué.

«Sports collectifs»

A propos de cette réaction du président de l'AMA, M. Blatter qui est membre du conseil de fondation de l'AMA et, à ce titre, a voté pour les nouvelles règles en matière de localisation, a déclaré ensuite qu'il ne voulait «pas la bagarre, mais de la compréhension».

«Ce n'est pas la ligne seule du football, mais de tous les sports collectifs, comme le basket-ball, le handball, le volley-ball ou le rugby», a-t-il rappelé.

A propos d'un éventuel retrait du football du programme des JO, sanction qu'aurait réclamé un responsable de l'AMA, M. Platini a fait remarquer que «beaucoup d'associations nationales en serait ravi»: «Je n'ai pas dit moi, mais beaucoup d'associations», a-t-il tenu à préciser.

«Nous ne réclamons aucun traitement de faveur. La question est de savoir si le football n'est pas une discipline qui a besoin d'autres éléments d'information», a précisé Theo Zwanziger, le président de la Fédération allemande (DFB).

La DFB vient justement d'être confrontée avec deux joueurs d'Hoffenheim (1re div.), arrivés en retard à un contrôle antidopage, à un problème de localisation: «Ce cas doit nous servir d'avertissement», a-t-il insisté.