La Québécoise Laurie Blouin a réussi une formidable entrée aux X Games, tard jeudi soir à Aspen au Colorado, en remportant la finale du grand saut (Big Air).

Michel Marois LA PRESSE

En compétition avec plusieurs des meilleures planchistes du monde, Blouin a récolté un total de 77 points pour ses deux sauts: un «Cab Double Underflip 900» (42,00 points) et un «Frontside 900» (35,00). Elle a devancé la Néo-Zélandaise Zoi Sadowski-Synnott, qui a terminé avec le même total de 77 points, mais qui l'a atteint après la Canadienne. L'Américaine Jamie Anderson, gagnante de cinq titres et de 16 médailles aux X Games, s'est contentée de la troisième place derrière ses jeunes rivales.

Championne du monde en 2017 en Espagne, médaillée d'argent aux Jeux olympiques de PyeongChang, Blouin a finalement reçu cette année une invitation pour les X Games, la plus importante compétition de la saison aux yeux des commanditaires. «C'est drôle, les journalistes de Québec m'avaient tous demandé pourquoi je n'étais pas invitée, lors d'une conférence de presse un peu avant Noël et, en rentrant à la maison, j'ai reçu les fameuses invitations! J'ai encore de la difficulté à croire que je suis vraiment ici, encore plus à réaliser que j'ai une médaille d'or», a confié la planchiste de 22 ans en entrevue téléphonique.

«Le saut est vraiment gros, peut-être le plus gros qu'ils ont eu ici selon les autres compétitrices, et c'était un peu épeurant. J'ai d'abord assuré deux sauts, pour avoir un bon pointage, puis j'ai réussi un "Frontside 900" parfait. J'aurais pu tenter un plus gros saut, un "Frontside 1080 Double Cork", mais c'était trop risqué. J'ai donc refait le "Cab Double Underflip 900" et je l'ai aussi réussi à la perfection, ce qui m'a valu la première place.»

Réputée pour tirer son épingle du jeu lorsque les conditions sont difficiles, comme elle l'a fait aux Mondiaux et aux Jeux olympiques, Blouin a travaillé à améliorer la difficulté de ses sauts au cours des derniers mois. Elle estime avoir maintenant les atouts pour lutter avec les meilleures, quelles que soient les conditions: «Notre sport évolue rapidement, mais je sais que je peux maintenant réussir des sauts plus complexes avec de plus en plus de constance. Et il y en a d'autres qui s'en viennent.»

L'athlète de Stoneham sera aussi de l'épreuve de slopestyle, samedi, avant d'aller défendre son titre aux Championnats du monde, dans une dizaine de jours, à Deer Valley en Utah. «Là, j'ai déjà ma médaille d'or et je vais skier en ne pensant qu'à avoir du plaisir. Je ne pense pas subir une pression supplémentaire aux Mondiaux, au contraire, ce sera encore plus stimulant d'aller y défendre mon titre!»