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Parrot et Toutant: au sommet de leur art

Sebastien Toutant et Maxence Parrot... (Photo Martin Chamberland, La Presse)

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Sebastien Toutant et Maxence Parrot

Photo Martin Chamberland, La Presse

Au terme d'une saison très chargée, avec notamment l'entrée du slopestyle aux Jeux olympiques, les planchistes Maxence Parrot et Sébastien Toutant retrouvent le public québécois, aujourd'hui à Saint-Sauveur, dans le cadre du Ride Shakedown.

Parrot a fait sa place

Encore méconnu il y a un an à peine, Maxence Parrot s'est imposé cette saison comme l'un des meilleurs spécialistes du surf des neiges «freestyle». Champion du World Snowboard Tour en «Big Air», deuxième en slopestyle, Parrot a vraiment explosé aux X Games d'Aspen, en janvier, avec des victoires dans les deux disciplines.

Cinquième ensuite à Sotchi, alors qu'il croyait mérité mieux, «Max» n'a pas traîné en Russie - «J'étais un peu frustré...» -, enchaînant les compétitions avec toujours les mêmes succès. Ses exploits à Aspen ont attiré l'attention du public, des médias, mais aussi des commanditaires et il s'est joint à l'équipe de Monster Energy (un fabricant de boissons énergisantes, qui finance comme Red Bull des athlètes dans plusieurs sports d'action).

Horaire chargé

Son emploi du temps est donc encore plus chargé. «C'est fou, j'ai dû faire 22 ou 23 compétitions cette saison, expliquait-il cette semaine en entrevue. La saison prochaine, je vais sûrement limiter mon programme à une dizaine d'épreuves, afin de pouvoir m'entraîner davantage et d'avoir du temps pour d'autres activités.»

Comme d'autres spécialistes du slopestyle, Parrot n'a pas vraiment d'entraîneur. «Je travaille avec quelqu'un en gymnase pour améliorer ma forme physique, mais c'est moi qui contrôle tout sur la neige», explique-t-il.

«Les anciens pros qui sont devenus entraîneurs exécutaient des «doubles Cork», au mieux. On en est aux «triples Cork», avec toutes sortes de variations. Personne ne pourrait m'expliquer comment je dois réagir dans les airs pour réussir ces manoeuvres. C'est quelque chose qu'on a en soi et qu'on finit par réussir à force de travailler.»

Les nombreux spectateurs qui ont découvert le slopestyle à Sotchi ont été étonnés par les chutes nombreuses et par l'apparente improvisation des descentes. «Il faut comprendre qu'à ce niveau, tous les finalistes sont en mesure de s'imposer et qu'il faut vraiment y aller le tout pour le tout à chaque descente, souligne Parrot. Et comme on est toujours sur le fil du rasoir, les chutes sont fréquentes.»

Quant à l'improvisation, il explique qu'il s'agit davantage d'une manière de s'adapter aux exigences changeantes des juges. «Certains athlètes maîtrisent cinq ou six manoeuvres qu'ils exécutent continuellement. Les meilleurs en ont davantage dans leur arsenal. Moi, j'en ai une vingtaine et cela m'offre plusieurs options en toutes circonstances.

«Par ailleurs, c'est certain qu'on apprend beaucoup les uns des autres. Il y a une bonne camaraderie parmi nous, beaucoup d'émulation aussi, et tout le monde étudie les manoeuvres des autres pour aller chercher de nouveaux trucs.»

On parlait de sa préparation physique et Parrot reconnaît qu'elle est essentielle. «En slopestyle, il ne s'agit pas d'être fort, mais bien d'avoir une bonne musculature. On se fait brasser beaucoup dans les chutes... Au début de ma carrière, j'étais toujours arrêté à cause des blessures. Aujourd'hui, il m'arrive de tomber d'une trentaine de pieds et de me relever sans problème.»

Retour sur une controverse

Maxence a provoqué une petite controverse à Sotchi en dénigrant le grand Shaun White après son forfait en slopestyle. S'il estime qu'il s'agissait d'une tempête dans un verre d'eau - «De toute façon, White est dans son monde à lui et n'est pas vraiment l'un des nôtres» -, il avoue une certaine admiration pour le champion américain.

«Ce gars-là a complètement dominé en "half-pipe" pendant plusieurs années. Il était littéralement deux ou trois coches en avant de tout le monde. Ce serait un peu mon rêve d'arriver un jour à dominer le slopestyle de la même façon...»

Du petit Sébastien à Seb Toots Inc.

Révélé alors qu'il n'était encore qu'un préadolescent - en remportant justement le Ride Shakedown en 2006 -, Sébastien Toutant est déjà considéré à 21 ans comme une «légende» du surf des neiges.

Même s'il n'a pas connu une saison à la hauteur de ses attentes, Sébastien est toujours l'un des meilleurs sur les pentes. «Les Jeux olympiques ont pris beaucoup de place cette saison, rappelle-t-il. J'y ai atteint la finale - ce qui était mon objectif -, et même si je n'ai pas réussi la "run" que je voulais, je pense que nous avons offert un bon spectacle pour notre entrée aux Jeux.

«Par ailleurs, j'ai fini deux fois au pied du podium [quatrième] avec des descentes qui auraient sans doute mérité de meilleures notes. Mais on pratique un sport jugé et on ne peut pas se laisser déranger par ça...»

De la compétition au marketing

Plusieurs fois champion aux X Games ou au World Snowboard Tour, Sébastien limite maintenant son calendrier aux compétitions les plus importantes pour se consacrer à la gestion de Seb Toots Inc., la marque qui s'est créée autour de son surnom et qui est associée à des lignes de vêtements et d'équipements.

«Au point où j'en suis dans ma carrière, la compétition est moins prioritaire, même si je dois continuer de bien performer. Je travaille davantage sur les tournages et sur d'autres activités promotionnelles autour du "lifestyle" du surf des neiges.»

Loin du «petit Sébastien», on a souvent l'impression de parler à un homme d'affaires en entrevue. «J'ai tout juste complété mon secondaire 3, mais ma carrière m'a permis d'acquérir une formation digne d'un bac, estime Toutant. J'ai fait le tour de monde plusieurs fois, je suis bilingue, j'ai développé des habiletés en communication, en marketing, en finances...»

Ajoutez à cela une bonne dose de créativité. Sébastien travaille d'ailleurs présentement sur des projets de vidéos de surf en milieux urbains. «Pour nos commanditaires, une vidéo vue par quelques centaines de milliers d'internautes est tout aussi intéressante qu'une présence en compétition. Certains surfeurs ne font d'ailleurs que cela.

Montréal en scène

«Nous avons fait deux semaines de tournage récemment à Montréal et autour et nous avons déjà assemblé du très bon matériel. Ce serait bien de pouvoir y mettre un mois. Une compétition virtuelle est organisée chaque année aux X Games [Real Snow]; j'aimerais y participer, en parallèle avec les épreuves de slopestyle et de Big Air.»

«Nous avons aussi un projet télé autour du mont Royal, qui pourrait être diffusé au début de 2015, confie Toutant. Évoluer en milieux urbains est toutefois bien plus compliqué que les gens peuvent l'imaginer, avec des heures de préparation et de répétition. Sans compter les autorisations qu'il faut obtenir, les interventions des policiers qui jugent cela trop dangereux...

«Et la caméra ne pardonne aucune erreur. On travaille sur la perfection et il faut parfois refaire des manoeuvres une centaine de fois. Mais c'est 1000 fois plus cool de réussir un truc compliqué en milieu urbain que dans un «snow park»!»

En l'écoutant, on réalise que Toutant est arrivé à un point tournant de sa carrière. «J'ai l'intention de continuer les compétitions encore une couple d'années, au moins, assure-t-il. J'ai placé une partie de mes revenus et j'ai déjà une bonne base pour ma retraite.

«Je ne sais pas encore ce que je ferai plus tard et ça fait un peu drôle de penser à ça. Je n'ai encore que 21 ans!»

Une compétition unique pour terminer la saison

La 13e présentation du Ride Shakedown permet encore cette année de voir les meilleurs spécialistes québécois du surf des neiges freestyle - les olympiens Maxence Parrot, Sébastien Toutant et Charles Reid, notamment -, qui s'opposeront à plusieurs excellents concurrents étrangers.

Avec une bourse totale de 50 000$ (20 000$ au vainqueur), la compétition se démarque par l'originalité de son parcours et de sa formule. Les planchistes devront en effet effectuer d'abord un saut avant d'aborder les modules de rampes. Et ils devront totaliser les deux meilleurs pointages de leurs quatre descentes.

«Le saut est encore plus gros cette année, souligne Patryck Bernier, cofondateur de l'évènement. Les athlètes pourront y aller avec des manoeuvres encore plus spectaculaires. Le module de rampes est encore renouvelé cette année et les riders ont encore plus d'options pour laisser aller leur créativité.»

Bien plus qu'une compétition, le Ride Shakedown est une fête du surf des neiges et le site sera ouvert dès 10h aujourd'hui pour les entraînements, des séances d'autographes, des animations et bien sûr les demi-finales et la finale du slopestyle, prévues à 14h45 et 19h30.

L'accès au site est libre, mais on peut acheter des billets pour des places assises dans les estrades entourant le parcours.

Les organisateurs attendent près de 25 000 spectateurs. «Les Jeux olympiques ont été une vitrine pour le sport et les athlètes qui ont pu rejoindre un public qui ne les connaissait pas auparavant, a rappelé Brendan O'Dowd, l'autre cofondateur du Shakedown. Les amateurs nous appuient toutefois depuis nos débuts. Tant mieux si un nouveau public se joint à nous cette année!»




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