La descente et le super-G sont les épreuves de tous les dangers. L'Autrichien Matthias Lanzinger y a laissé une jambe l'hiver dernier. Le Norvégien Aksel Lund Svindal et l'Américain Scott Macartney ont été plus chanceux malgré de terribles chutes. Ils reprennent le collier ce week-end à Lake Louise pour les premières épreuves de vitesse de la saison de Coupe du monde.

Simon Drouin LA PRESSE

La dernière fois qu'on avait vu Scott Macartney dans une combinaison de skieur, il était en convulsion dans l'aire d'arrivée à Kitzbühel. Il s'était lourdement cogné la tête après un vol plané de plusieurs dizaines de mètres. Hier, l'Américain de 30 ans était un peu nerveux quand il s'est élancé du portillon de départ pour le premier entraînement de la descente de la Coupe du monde de Lake Louise, prévue samedi.

 

«J'ai franchi un autre obstacle», a reconnu Macartney, un peu soulagé, quelques minutes plus tard dans l'aire d'arrivée. Heureusement, Lake Louise offre une mise en jambes plutôt douce, la piste Olympic Downhill n'étant pas reconnue pour ses difficultés.

L'hiver dernier, comme s'il n'avait pas été suffisamment éprouvé, Macartney agissait comme commentateur quand Matthias Lanzinger s'est tordu un genou à plusieurs reprises lors du super-G de Kvitfjell. Les secours ont tardé et le jeune skieur autrichien a dû subir une amputation à mi-jambe. «Compte tenu de ma situation, ça a été très dur de voir ça en direct», a dit Macartney. Aujourd'hui, Lanzinger est lui-même devenu commentateur télé et songe à participer aux Jeux paralympiques de Whistler.

Macartney est rétabli physiquement. Il en a été quitte pour une grave commotion et une opération à un genou. Pour la confiance, c'est plus délicat, reconnaît-il. La volonté de prendre des risques à 130 kilomètres/heure ne se fait pas naturellement. «Dans mon cas, c'est revenu par étape, à l'entraînement l'été dernier, a expliqué l'Américain. Chaque fois que je prenais un saut, je tentais d'aller un peu plus loin, un peu plus vite. Mais retour de blessure ou pas, tu dois prendre des risques si tu veux aller vite. Le danger fait partie du sport.»

Les plus grands ne sont pas immunisés. À 24 ans, Aksel Lund Svindal dominait son sport quand il s'est envolé sur le dernier saut d'une descente d'entraînement à Beaver Creek, il y a un an. Malchanceux, il a atterri sur un de ses skis qui avait glissé plusieurs dizaines de mètres plus loin. Il aurait pu y laisser sa peau puisque l'artère avait failli être touchée. Des transfusions sanguines l'ont sauvé.

Svindal a passé près de trois semaines à l'hôpital au Colorado avant d'être rapatrié dans sa Norvège natale. Il a perdu 15 kilos de muscles. Après plusieurs allers-retours à l'hôpital, sa première activité a été simplement de marcher dans son voisinage.

Pourtant, quelques semaines plus tard, il était de retour sur ses planches. Et le revoilà en parfaite forme à Lake Louise, où il avait gagné le super-G l'an dernier.

«Ma réponse sera ennuyante, mais je me concentre sur la tâche à accomplir, a confié Svindal, auteur du 10e temps. Je ne pense pas au fait que je n'ai pas pris part à une descente depuis longtemps, que je me suis planté la dernière fois et blablabla.»

Erik Guay n'est pas inquiet pour son ami. «Ça lui prendra peut-être quelques courses, mais il reviendra», a-t-il assuré. L'Albertain Jan Hudec est du même avis. «Il y a les bons skieurs et les champions comme Aksel. Ils sont faits d'un autre bois», a affirmé le gagnant de la dernière descente de Lake Louise, absent cette année en raison d'une blessure à un genou.

Svindal demeure imperturbable et refuse de regarder trop loin. «L'hiver ne fait que commencer, on verra, a conclu le sympathique Norvégien. Je ne m'en fais pas avec les résultats. Je me donne un peu de temps. En tant que coureur, tu as la mémoire courte. Quand le chrono est parti, tu ne te dis pas: Ah! prenons ça à la légère parce que j'ai chuté il y a 11 mois... Tu veux aller vite.»