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Les trois soeurs et leur étoile

Chloé, Maxime et Justine Dufour-Lapointe... (Photo Marco Campanozzi, La Presse)

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Chloé, Maxime et Justine Dufour-Lapointe

Photo Marco Campanozzi, La Presse

Sophie Allard
La Presse

À leur cou, les skieuses Justine, Chloé et Maxime Dufour-Lapointe portent toutes trois un délicat pendentif. Le bijou, qui ressemble à une étoile, est la première pièce d'une nouvelle collection qu'elles lancent cette semaine, à peine quelques jours après avoir déposé leurs valises à Montréal.

On pourrait croire à une simple opération de marketing, mais pour les trois soeurs, l'annonce de ce projet semble avant tout une façon de marquer la fin d'une année fort mouvementée, de souligner leur unité alors que leur avenir ensemble, sur les pentes, est incertain.

«Le pendentif représente trois prismes qui se rejoignent au centre. Ça montre qu'on a trois personnalités distinctes, mais qu'on se rassemble dans un but commun. C'est le symbole de nos valeurs, de l'unité qui fait la force. Ça a l'air d'une étoile spéciale à laquelle on peut donner le sens qu'on veut», a dit Justine Dufour-Lapointe, médaillée d'argent à PyeongChang.

Les trois skieuses (suivies par 156 000 personnes sur Facebook) portaient le bijou en Corée, soulignent-elles, où chacune a vécu un lot d'émotions intenses, une expérience marquante. Un an plus tôt, alors qu'elles étaient en compétition à PyeongChang, elles ont appris par FaceTime que leur mère souffrait d'un cancer. Elle est aujourd'hui en rémission. C'est après avoir traversé cette épreuve qu'elles ont abordé à fleur de peau le rendez-vous olympique.

Ce bijou est la première pièce d'une nouvelle... (Photo Marco Campanozzi, La Presse) - image 2.0

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Ce bijou est la première pièce d'une nouvelle collection que les soeurs Dufour-Lapointe lancent cette semaine.

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«Ça a été une année remplie d'émotions, de hauts et de bas. Je réalise que je me sens plus forte aujourd'hui», a dit Justine. Après avoir gagné l'or à Sotchi, elle a réussi à décrocher la médaille d'argent à PyeongChang, en puisant au fond d'elle-même.  J'ai tout donné, je suis vidée», avait-elle dit à sa mère en bas de piste.

Médaillée d'argent à Sotchi, Chloé n'a pu faire mieux qu'une 17e place à PyeongChang. Elle était complètement épuisée mentalement, en pleurs. «Je dois accepter de tourner la page, je n'ai pas encore fait la paix. C'est un peu comme une peine d'amour. Je pense que chaque expérience nous fait grandir. Si je n'y vois pas de positif présentement, peut-être que je le verrai plus tard.»

Après avoir songé à prendre une pause, Chloé prévoit être en piste la saison prochaine, mais avec une tout autre approche. «Je vais skier avant tout pour me faire plaisir à moi, je vais essayer de m'exprimer encore plus librement dans mon ski, sans me mettre de pression. J'ai envie de faire des nouveaux sauts, d'être plus légère. La passion est encore là. J'ai besoin de recharger la batterie, mais je ne sens pas que je suis au bout de ma carrière.»

Elle a notamment dans sa ligne de mire les Championnats du monde, qui auront lieu en février. Elle y va une saison à la fois.

La retraite pour Maxime?

Maxime, elle, a su à la fin du mois de janvier qu'elle n'était pas de l'équipe olympique. Au printemps dernier, elle s'était fait opérer pour une blessure à la hanche, souhaitant mettre toutes les chances de son côté. Le retour en piste a été plus ardu que prévu. «Il me reste encore 5% à guérir», estime l'aînée. Le rétablissement s'est allongé et la confiance a tardé à revenir. Ses résultats en piste n'ont pas suffi.

«Quand j'ai appris que je n'étais pas dans l'équipe, ça a été un choc. Mais rapidement, j'ai voulu être là pour appuyer mes soeurs. Je savais qu'elles étaient aussi fatiguées que moi émotivement. C'était aussi important pour moi d'être là, en tant que personne. Tout le travail qu'on fait durant quatre ans, ça a une valeur, ça mérite d'être célébré.» Elle n'a pas annoncé officiellement sa retraite, elle souhaite se donner plus de temps pour réfléchir. Elle n'a pas participé aux dernières Coupes du monde de la saison.

Si Maxime se retire, comment ses jeunes soeurs vivront-elles le changement? «On s'adaptera et on trouvera une autre façon d'être ensemble parce que, d'être à ses côtés, ça m'apaise, ça me rend plus forte, ça m'élève, et je pense que je suis une meilleure personne», a dit Justine. «On devra l'appeler souvent sur FaceTime», a ajouté Chloé.

C'est d'ailleurs ce qu'a fait Justine, deux jours après son arrivée au village des athlètes à PyeongChang. La skieuse a commencé à sentir des picotements dans la gorge, raconte-t-elle. Le matin suivant, elle s'est réveillée en grande panique: elle avait la gorge en feu, elle était malade à l'aube de sa performance olympique. Chloé ne voulait surtout pas être contaminée. «Je pleurais, je pleurais, je ne pouvais pas croire que ça m'arrivait.» Elle a appelé sa grande soeur Maxime en catastrophe. «Qui d'autre, à part mom, pouvais-je appeler pour du réconfort?»

«Il y aura une fin au ski. On veut laisser un héritage de nos valeurs, être ensemble d'une nouvelle façon et s'épanouir les trois dans ce projet.»

Pour l'instant, elles tentent surtout de profiter du temps ensemble à la maison. Sans valises, sans skis. Comme dimanche dernier, alors que Justine célébrait son 24e anniversaire. Pour l'occasion, Chloé a concocté un gâteau à l'érable et au café. «Je l'ai fait avec 21 crêpes!», dit-elle fièrement. Ce gâteau, et le brunch cabane à sucre qui l'a précédé, a souligné ce retour, tant attendu, à la maison.




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