Les membres de l'équipe canadienne de ski acrobatique ont appris une mauvaise nouvelle quand l'association nationale a décidé d'annuler deux des quatre épreuves de Coupe du monde prévues au Canada cette saison. Les installations de Val Saint-Côme et de Calgary n'organiseront plus qu'une seule épreuve chacune, les sauteurs étant au Québec le 16 janvier, tandis que les bosseurs seront en Alberta le 26 janvier.

Michel Marois LA PRESSE

L'Association canadienne de ski acrobatique présentait deux compétitions de deux épreuves (bosses et sauts) depuis plusieurs années dans l'est et l'ouest du Canada, mais le retrait de trois commanditaires majeurs - Bell, Postes Canada et RBC, dont les contrats venaient à terme le printemps dernier - a contraint l'Association à ce choix difficile.

«Il ne fait aucun doute que nous faisons face à une situation budgétaire difficile, a reconnu le directeur de l'ACSA, Peter Judge. Une partie importante de nos revenus de commandites sont disparus et nous n'avons pas encore trouvé de nouvelles sources de financement.

«Pour l'instant, nos programmes d'élite ne sont pas affectés, a assuré Judge, les athlètes de l'équipe nationale ont droit au soutien du programme À Nous le Podium. Par contre, c'est évident que c'est plus difficile de financer nos programmes de développement.»

Dans un contexte économique difficile, toutes les associations de ski canadiennes ont d'ailleurs établi une stratégie commune pour négocier avec d'éventuels commanditaires. «L'idée est de proposer une visibilité maximum et de joindre les publics cibles de tous nos sports: les skis acrobatique, alpin ou nordique, le surf des neiges, le biathlon, le saut à ski ou le combiné nordique», a expliqué Judge.

Le directeur de l'ACSA garde d'ailleurs bon espoir de revenir au programme de compétitions habituelles dès la

saison 2013-2014. «C'était important de conserver nos deux compétitions, et la Fédération internationale de ski (FIS) a très bien compris la situation. C'est important pour nous d'offrir à nos athlètes la possibilité de concourir chez eux et nous sommes heureux de pouvoir présenter malgré tout deux compétitions de calibre international cette année.»

Ce sont des considérations financières qui ont déterminé la décision d'envoyer l'épreuve des bosses à Calgary, même si les meilleurs skieurs de cette discipline sont québécois et que ce sera la première fois en 20 ans qu'il n'y aura pas d'épreuve de Coupe du monde dans la province.

Les coûts d'aménagement des tremplins de sauts sont en effet bien moins élevés à Val Saint-Côme (de l'ordre de 40 000 $), puisque les sauteurs s'y entraînent régulièrement.

Pour ce qui est de l'avenir, Judge s'est montré ouvert à la possibilité d'organiser les épreuves ailleurs au Canada. «Nous verrons avec nos futurs partenaires les solutions les plus intéressantes pour eux. Si cela implique des compétitions à Montréal, à Toronto, à Québec ou à Vancouver, nous étudierons la question...»

À Zermatt, où ils prennent part à un camp de préparation, les skieurs de l'équipe canadienne ont exprimé leur déception. Alexandre Bilodeau a indiqué: «C'est dommage que nous ne puissions skier devant nos partisans au Québec. C'est très stimulant et nous attendons toujours cette épreuve avec impatience. Nous pourrons heureusement nous reprendre à Calgary.»

Le champion olympique, qui étudie en finances à l'Université Concordia, a par contre salué les efforts de l'ACSA. «Je sais que c'est difficile de convaincre de nouveaux commanditaires dans le contexte actuel», a-t-il indiqué.