La température glaciale qui sévit à PyeongChang a fait couler beaucoup d'encre ces derniers jours, mais les athlètes canadiens jurent qu'ils ne sont pas préoccupés outre-mesure par les caprices de Dame nature.

Alexandre Geoffrion-McInnis LA PRESSE CANADIENNE

Mercredi matin à Bokwang, où se dérouleront les épreuves de ski acrobatique et de surf des neiges, le thermomètre indiquait -21, sans le facteur vent. Ces températures, anormalement froides pour la saison en Corée du Sud selon des habitants du coin, commencent à inquiéter le comité organisateur.

Au regard des prévisions, ces jeux pourraient bien être les plus froids de l'histoire. Ainsi, certaines délégations ont commencé à réfléchir au fait d'envoyer ou non leurs représentants pour la cérémonie d'ouverture. Ce n'est toutefois pas le cas du Canada.

Le fondeur Alex Harvey a d'ailleurs bien résumé la position des Canadiens lorsqu'il a été interrogé à ce sujet par un journaliste étranger en conférence de presse, mardi.

«Vous savez, nous sommes du Canada, un pays nordique, et il fait très froid là-bas aussi», a-t-il dit, suscitant l'hilarité dans la salle.

«L'an dernier, pendant l'épreuve-test, les pistes classiques étaient ensevelies sous la neige à cause du vent, donc en venant ici cette fois-ci nous savions à quoi nous attendre, a-t-il ajouté. Et pour être honnête, le fartage devient beaucoup plus facile lorsqu'il fait très froid. Il s'agit d'ajouter une couche de vêtements sous notre combinaison et le tour est joué... C'est un sport d'hiver.»

Le fondeur de St-Ferréol-les-Neiges, qui participera à 29 ans à ses derniers jeux en carrière, a cependant concédé que si le mercure passait sous la barre des -20 degrés Celsius, alors la situation deviendrait inquiétante.

«Les prévisions sont à la hausse, et tant que ça ne descend pas sous -20, avant le facteur éolien, alors tout sera correct. Sinon, ça pourrait endommager les poumons des fondeurs, a-t-il expliqué. Mais vous savez, mes coéquipiers Jesse (Cockney), Dahria (Beatty) et Emily (Nishikawa) sont tous du Yukon ou des Territoires du Nord-Ouest, alors ils ont déjà vu neiger auparavant.»

Du côté de l'équipe canadienne de surf des neiges, et notamment celle de slopestyle et de Big Air, les athlètes étaient préoccupés par un autre aspect de la météo: le vent. Celui-ci s'est calmé ces derniers jours, mais pourrait reprendre à tout moment.

«Il fait vraiment froid, mais ça nous sommes capables de dealer avec ça, a expliqué Sébastien Toutant. Ce ne serait pas l'idéal s'il se mettait à venter, parce que ça pourrait avoir un impact dans nos calculs de la zone d'atterrissage de nos sauts.

«Nous n'aimons pas le vent, a renchéri Maxence Parrot, qui a décroché une troisième médaille d'or d'affilée en Big Air aux X Games d'Aspen, au Colorado, le mois dernier. Quand tu es dans les airs, tu peux sentir le vent qui te pousse et ça peut devenir dangereux par rapport à la vitesse. Surtout lorsqu'on tente un saut comme le triple cork, une manoeuvre que nous faisons à l'aveugle.»

Des mesures ont également été prises par l'équipe de ski acrobatique canadienne, qui s'entraîne présentement en prévision des épreuves qui commenceront vendredi. Leur relationniste a d'ailleurs demandé aux représentants des médias «d'être dans la zone mixte à l'heure pour ne pas faire attendre les skieurs à cause de la température glaciale au Parc Phoenix».

Heureusement pour tout le monde, les prévisions météorologiques font état d'un redoux au cours des prochains jours, ce qui devrait en soulager plus d'un. Néanmoins, puisque la cérémonie d'ouverture se tiendra en soirée à PyeongChang, le comité organisateur a indiqué que le mercure devrait osciller entre -5 et -2, soit -10 avec le facteur éolien.