C'est une professeure de journalisme à l'Université de Long Island, Jennifer Rauch, qui revendique la maternité du mouvement Slow Media. Ancienne journaliste, elle enseigne maintenant à des étudiants dans la vingtaine à qui elle demande de tenter une expérience. Pendant 24 heures, ils doivent se couper de tout: téléphone cellulaire, Facebook, Twitter, etc. Une journée, c'est bien peu et, pourtant, certains craquent avant la fin, incapables de survivre sans ce cordon ombilical virtuel qui les lie au reste du monde. «Et si quelque chose se passait et que je ne le savais pas?» a lancé une étudiante qui n'a pas pu tenir durant toute une journée.

Nathalie Collard LA PRESSE

L'été est le moment idéal pour tout débrancher. Même les accros à l'info (comme l'auteure de ces lignes) sont capables de sauter quelques bulletins d'information sans trop de difficulté. Parfois on se retrouve dans un coin de pays où les journaux sont moins présents, où le branchement internet n'est pas terrible. Le sevrage se fait lentement. Le plus difficile est sans aucun doute d'éteindre pour de bon le cellulaire, l'iPhone ou le BlackBerry. Pourtant, les bienfaits sont absolument incroyables. Coupé du monde, on retourne à l'essentiel. Et les nouvelles vraiment importantes finissent toujours par nous atteindre, que nous nous trouvions au fin fond de la jungle amazonienne ou dans notre jardin.

Comment pratiquer le slow media cet été?

On prend son temps pour lire le journal, on s'assoit dans un fauteuil pour écouter une émission de radio... L'idée à la base du mouvement Slow Media, c'est de tenter de retrouver sa concentration d'antan, de se consacrer à une seule tâche à la fois, de limiter le multitâches.

> Plutôt que d'être branché sur les nouvelles en continu, par exemple, c'est le temps de regarder une série documentaire (Apocalypse, si ce n'est pas déjà fait) ou des séries sur DVD qu'on regardera plusieurs heures à la fois (Mad Men, The Tudors, etc.). Il faut essayer de modifier notre consommation des médias durant les vacances afin de créer une atmosphère propice au décrochage.

> Le défi ultime: laisser les courriels de côté et, pourquoi pas, redécouvrir le bon vieux téléphone pour entrer en contact avec ses amis. Les courriels qui arrivent par dizaines sur nos téléphones intelligents sont autant d'éléments perturbateurs qui viennent nuire à notre concentration et créer un certain stress. On essaie de débrancher?