Le Canadien se retrouve dans une position particulière, en cette date limite des échanges.

MATHIAS BRUNET LA PRESSE

Le CH demeure qualifié pour les éliminatoires en date d'aujourd'hui, mais son avance est fragile et l'équipe, aux yeux de plusieurs, n'a pas la profondeur pour de longues séries. Mais l'équipe ne cracherait pas sur du renfort pour consolider sa position et qui sait, remporter une ronde ou deux.  

Marc Bergevin a déjà déclaré qu'il ne sacrifierait pas de choix de première ronde ou d'espoir de premier plan pour des joueurs de location, puisque son équipe n'est pas à un joueur près de remporter la Coupe.

La situation de Bergevin et du Canadien suscite la curiosité parce que, pour la première fois depuis 2012, elle n'est pas claire. L'an dernier et en 2016, le CH était résolument vendeur en raison de leur piètre position au classement.

En février 2016, Bergevin avait obtenu Phillip Danault et un choix de deuxième ronde (devenu Alexander Romanov) pour deux joueurs de location, Tomas Fleischmann et Dale Weise.

L'an dernier, le DG du Canadien a aussi fait un joli travail de vente en échangeant Tomas Plekanec aux Maple Leafs de Toronto pour un choix deuxième ronde (devenu Jacob Olofsson) et deux joueurs des mineures. Bergevin a aussi obtenu des choix au repêchage pour Jakub Jerabek, Al Montoya et Joe Morrow.

Au contraire, le Canadien avait une formation mieux armée en prévision des séries en 2014, 2015 et 2017 et Bergevin a été actif. Il a cédé un choix de deuxième ronde et un espoir, Sebastian Collberg, pour obtenir Tomas Vanek, l'un des joueurs de location les plus convoités sur le marché.

L'année suivante, en 2015, il a cédé un autre choix de deuxième ronde pour obtenir le défenseur Jeff Petry. Celui-ci a signé une prolongation de contrat par la suite. Son acquisition vaut encore son pesant d'or aujourd'hui.

Bergevin a été plus prudent en 2017. Il a cédé Sven Andrighetto, des choix de quatrième et sixième ronde pour Dwight King, Andreas Martinsen et Steve Ott.

Il faut remonter à la saison 2013 pour retrouver une situation analogue. Le Canadien occupait une position intéressante au classement, mais venait de vivre une affreuse année la saison précédente et Bergevin, en poste depuis moins d'un an, était d'abord en mode réinitialisation.

Comme le rappelle ce matin Guillaume Lefrançois dans La Presse+, le Canadien n'avait fait aucun échange cette journée-là, sauf la veille, si ce n'est l'acquisition du défenseur Davis Drewiske pour un choix de cinquième ronde la veille.

Bergevin a déjà commencé ses emplettes ces dernières semaines en mettant la main sur les vétérans Nate Thompson et Dale Weise pour des miettes.  

À moins de recevoir une offre irrésistible, il serait étonnant de voir Bergevin prendre des risques comme vient de le faire le DG Jarmo Kekalainen, des Blue Jackets de Columbus. Celui-ci vient de céder un choix de première ronde, deux choix de deuxième ronde, peut-être un second choix de première ronde, en plus de deux espoirs, aux Sénateurs d'Ottawa, pour Matt Duchene et Ryan Dzingel.

Les intentions de Kekalainen ne sont pas encore claires d'ici 15 heures. Sergei Bobrovsky et Artemi Panarin pourraient encore être échangés d'ici la fin de la journée si les Blue Jackets reçoivent une offre irrésistible.

Kekalainen vient d'acquérir un gardien, Keith Kinkaid, des Devils, soit pour ajouter de la profondeur à cette position, soit pour parer un éventuel départ de Bobrovsky.

Contrairement à Kekalainen, Bergevin n'a jamais échangé de choix de première ronde au cours de son règne de bientôt sept ans. Il n'a jamais non plus cédé d'espoir de premier plan pour des solutions à court terme.

Dans ce contexte, il serait étonnant de voir Ryan Poehling, Nick Suzuki, Alexander Romanov, Josh Brook, Joni Ikonen ou Jesse Ylonen changer de camp aujourd'hui.

Bergevin écouterait sans doute si un club lui offrait un joueur dans la mi-vingtaine, ou un peu plus jeune, comme les Ducks d'Anaheim viennent de le faire en offrant le défenseur Brandon Montour, 24 ans, aux Sabres de Buffalo en retour d'un choix de première ronde et de l'espoir Brendan Guhle.

Mais si le passé est garant de l'avenir, Bergevin gardera ses gros échanges pour l'été, comme il l'a fait par exemple avec P. K. Subban pour Shea Weber, Alex Galchenyuk pour Max Domi ou Max Pacioretty pour Tomas Tatar, Nick Suzuki et un choix de deuxième ronde.

La plupart de ses confrères font la même chose, d'où le caractère souvent décevant de la date limite des transactions. L'an dernier, une seule transaction majeure avec eu lieu, celle entre le Lightning de Tampa Bay et les Rangers de New York impliquant Ryan McDonagh et J. T. Miller.

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Pierre Dorion pleure encore son choix de première ronde, peut-être le premier au total en 2019, mais il fait néanmoins le plein de choix. Pour le prochain repêchage, il détient un choix de première ronde, celui des Blue Jackets, et deux choix de deuxième ronde. Ils ont aussi en banque deux choix de première ronde en 2020 et deux choix de deuxième ronde.

À cela pourrait s'ajouter deux choix de première ronde : celui des Sharks si Erik Karlsson signe une prolongation de contrat et que San Jose atteint la finale, et celui des Blue Jackets si Matt Duchene signe une prolongation de contrat avec Columbus.   Ottawa pourrait ajouter des choix en échangeant Mark Stone d'ici 15 heures. Cette stratégie pourrait rapporter gros aux Sénateurs d'ici trois à cinq ans, à condition que les dépisteurs de l'équipe fassent le travail. Les Panthers de la Floride avaient fait la même chose en 2010 et 2011, peu de temps après l'entrée en poste de Dale Tallon.

Ils avaient hérité de trois choix de première ronde, dont le troisième au total, et trois choix de deuxième ronde en 2010. Ils bénéficiaient aussi du troisième choix au total en 2011, de deux choix de deuxième ronde et quatre choix de troisième. Le repêchage de 2010 a été décevant. Les trois choix de première ronde, Erik Gudbranson, Nick Bjugstad et Quinton Howden ne sont plus avec l'équipe. Ils n'ont jamais rempli leurs promesses non plus. Il ne reste plus rien non plus des trois choix de deuxième ronde John McFarland, Alec Petrovic et Connor Brickley.

Jonathan Huberdeau a constitué un excellent choix au troisième rang en 2011, mais les deux choix de deuxième ronde, Rocco Grimaldi et Rasmus Bengtsson n'ont jamais percé. Heureusement, les dépisteurs se sont repris avec Vincent Trocheck en troisième ronde.   On parle néanmoins de seulement deux joueurs d'impact sur 14 jeunes repêchés dans les trois premières rondes, dont deux troisième choix au total et quatre choix de première ronde.

Heureusement pour les Sénateurs, leurs recruteurs ont montré ces dernières années qu'ils avaient du pif.

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À LIRE !

Les vendeurs ont le gros bout du bâton aujourd'hui. Kevin Hayes, un joueur de location des Rangers de New York, vient de coûter un choix de première ronde, le jeune Brendan Lemieux et un choix conditionnel de quatrième ronde si les Jets remportent la Coupe Stanley.