Le transfert de Charlie Coyle du Minnesota à Boston, hier soir, a sans doute rappelé au DG des Flyers de Philadelphie, Chuck Fletcher, de mauvais souvenirs.

Mathias Brunet LA PRESSE

Coyle constituait le dernier élément du désastreux échange de Brent Burns aux Sharks de San Jose en 2011. Fletcher, qui accompagne sans doute les Flyers à Montréal aujourd'hui en prévision du match de ce soir au Centre Bell, est responsable de ce pari hautement risqué.

Alors directeur général du Wild, Fletcher avait échangé son meilleur défenseur aux Sharks en retour de Devin Setoguchi, alors âgé de 24 ans, fort d'une troisième saison consécutive de 20 buts ou plus, dont une de 31 buts, de Coyle, toujours dans les rangs universitaires après avoir été repêché par les Sharks, et d'un choix de première ronde en 2011, dans un objectif avoué de réinitialisation.

Setoguchi n'a jamais progressé. Après deux saisons peu convaincantes, il était échangé aux Jets de Winnipeg pour un choix de deuxième ronde. Ce choix a ensuite été cédé aux Sabres en 2014 pour obtenir Matt Moulson à la date limite des échanges.

Le choix de première ronde, Zack Phillips, n'a jamais joué un seul match dans la LNH. On le retrouve aujourd'hui en Autriche, après un hiver en Angleterre. Cette cuvée 2011 n'était pas très forte.

Coyle, 26 ans, a connu quelques saisons intéressantes au Minnesota. Mais ce gros ailier droit de 6 pieds 2 pouces, connaissait un hiver inférieur aux attentes pour la deuxième année consécutive après une saison de 56 points en 2016-2017, sa seule de plus de 42 points en sept ans de carrière.

Le successeur de Chuck Fletcher, Paul Fenton, a échangé Coyle aux Bruins de Boston en retour du jeune Ryan Donato et d'un choix de cinquième ronde.

Les Bruins n'ont pas payé un prix exorbitant. Donato, 22 ans, a fait une entrée remarquée l'an dernier avec neuf points en douze matchs après avoir quitté les rangs universitaires, mais il n'a pu conserver son poste cet hiver. Il jouait dans la Ligue américaine au moment de la transaction.

Le Wild a connu quelques bonnes saisons sous le règne de Fletcher et le départ de Burns lui a donné la latitude financière pour embaucher Zach Parise et Ryan Suter sur le marché des joueurs autonomes en 2012.

Mais ce coup d'éclat de 200 millions, s'il a fait du Wild une équipe fort compétitive, ne lui a jamais permis de franchir la deuxième ronde des séries. Le Wild a remporté deux petites rondes de séries en sept ans depuis l'échange.

Burns, 33 ans, est l'un des défenseurs les plus dominants de la Ligue cette année encore. Il a 65 points en 60 matchs cette saison, une cinquième saison consécutive de plus de 60 points. Il est en voie de connaître une troisième saison de 75 points ou plus en quatre ans.

Les Sharks ont remporté cinq rondes depuis son arrivée et atteint la finale en 2016. Doug Wilson n'est pas l'un des meilleurs directeurs généraux de la LNH pour rien. Il semble continuellement sortir des lapins de son chapeau.

Fletcher a été congédié par le Wild en avril, après une défaite en première ronde contre les Jets de Winnipeg. Son dernier échange: Mike Reilly au Canadien contre un choix de cinquième ronde.

Il s'agissait d'un deuxième échange important pour le nouveau DG du Wild, Paul Fenton. Le premier n'a pas encore eu l'effet escompté.

Victor Rask a deux points en dix matchs depuis son arrivée au Minnesota le 17 janvier. Nino Niederreiter, lui, a 13 points, dont 8 buts, en 12 matchs depuis son acquisition par les Hurricanes. Le Wild a une fiche de 4-7-3 depuis la transaction, celle des Hurricanes est de 9-4-1.

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L'entraineur de l'Avalanche du Colorado, Jared Bednar, a finalement osé il y a deux semaines.

Même s'il possédait l'un, sinon le meilleur trio de la LNH, Bednar a séparé Nathan MacKinnon, Gabriel Landeskog et Mikko Rantanen début février pour mieux répartir ses forces.

L'Avalanche vient de remporter deux victoires spectaculaires, 3-0 contre Vegas mardi, et 7-1 contre les Jets de Winnipeg hier.

Leur premier choix en 2016, Tyson Jost, repêché immédiatement après Mikhail Sergachev au dixième rang, a obtenu trois points contre les Jets, au centre de Landeskog et Matt Calvert, son quatrième point en deux matchs, après un renvoi dans la Ligue américaine en janvier.

Avec une fiche de 3-2-3 à ses huit derniers matchs - merci aussi au gardien Semyon Varlamov, qui a accordé cinq buts à ses quatre derniers matchs - l'Avalanche vient de se repositionner avantageusement au classement.

Cette course pour une place en séries s'annonce endiablée dans l'Association de l'Ouest. L'inconstance frappe plusieurs clubs, de sorte que certaines équipes comme St. Louis et Chicago sont de retour dans la course après un affreux départ, tandis que Colorado, Dallas, Arizona, Vancouver, Anaheim et le Minnesota s'y maintiennent malgré des hauts et des bas.

Seulement six points séparent les Stars de Dallas, sixièmes, des Ducks d'Anaheim, treizièmes.

Sept clubs, Chicago, Dallas, Colorado, Arizona, Vancouver, Arizona et le Minnesota lutteront pour les deux places d'équipes repêchées.

Cette parité risque de modifier le marché des échanges d'ici la date limite, lundi, à moins que l'une de ses organisations se campe dans un rôle de vendeur malgré ses chances d'accéder aux séries.

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